Béziers. Dimanche 16 août. 18h00. Festival caritatif. Ambiance festive et bon enfant.

 

 Novillos de Bohorquez (Rejon), Cuillé, Pages-Mailhan, Margé, Fernay, Malaga et Gallon

 -Léa Vicens : salut.

 -Sébastien Castella : deux oreilles

 -Manuel Escribano : deux oreilles

 -Miguel Angel Perera : deux oreilles symboliques

 -Paco Ureña : oreille

 -Carlos Olsina : salut.

 

Président : M. Daudé. Beau temps. 4500 personnes. Indulto du novillo n°132 de Margé

 

Le public  était bien évidemment acquis à la bonne cause de ce festival dont les bénéfices iront au personnel du Centre Hospitalier de Béziers. En ces temps compliqués de post confinement, de masque obligatoire et  de pénurie de spectacles taurins, les spectateurs étaient bien décidés à profiter de leur après midi, à ne pas bouder leur  plaisir et à accorder facilement  des trophées  à des toreros qui n’ont pas manqué de générosité en toréant ce festival, qui ont joué le jeu et tout fait pour donner du plaisir au public malgré des adversaires n’offrant pas toujours de grandes qualités. Beau geste de générosité et de solidarité  également que cette idée d’offrir un septième toro et de le toréer en intervenant alternativement. Ce festival se devait bien sûr d’être une réussite, d’autant que c’était également la despedida de Robert Margé après 32 ans à la tête des arènes (qui ont de fortes chances de rester tout de même dans la famille !) et quoi de mieux que de finir sur un indulto qui en d’autres circonstances aurait pu être plus que discutable.

 

Lea Vicens a hérité d’un novillo de Bohorquez faible et sans charge qui n’a rien enlevé à la qualité de sa prestation mais qui en a terni l’intérêt. Son échec à la mort ne lui a permis que de saluer. Pinchazo demie et 3 descabellos.

 Castella reçoit joliment dans son capote le novillo de Cuillé  qui serre un peu à gauche. Monopiquette, deux paires de banderillas et brindis à ses compagnons de cartel. Face à cet adversaire juste de force, le biterrois va très vite trouver le sitio pour améliorer sa charge courte et incertaine tout  en imprimant  à ses séquences droitières un ryhtme et une intensité soutenus qui vont un peu baisser sur un piton gauche plus récalcitrant. Ayant plus de difficulté à lier il se contente d’une petite série et relance sa faena par une démonstration d’aguante, vertical, immobile, les pieds rivés au sol,  bougeant seulement les bras pour faire aller, venir et tourner autour de lui au plus près du corps le Cuillé totalement soumis. Il remercie l’orchestre pour le Bolero de Ravel qui a accompagné sa prestation et porte avec décision une entière concluante qui fait tomber aussitôt les deux oreilles.

 Après un brindis à Robert Margé, M. Escribano va recevoir a porta gayola le Pagés Mailhan qui s’emploie moyennement sous une pique basse.  Du second tiers on retiendra plus particulièrement sa troisième paire, un superbe al violin pour quiebro. Entame par cambiada au centre mais la faena débute laborieusement sur la corne droite face à un novillo réservé qui s’arrête à mi passe. Le torero de Gerena s’efforce alors d’exploiter la corne gauche sur laquelle le novillo semble se livrer davantage et  parvient petit à petit à enchaîner quelques séries de naturelles correctement liées mais qui manquent  de  profondeur, la dernière de face en regardant le public avant de loger une demie lame foudroyante.2 oreilles aussi, on ne fera pas de comparaison avec les précédentes.

  Le novillo de Margé prend une pique un peu tombée et rectifiée sans que l’on note grand chose dans son comportement qui annonce un toro d’indulto. Superbe quite par tafalleras d’Angel Perera. Il s’agenouille pour débuter sa faena et prend un tampon impressionnant dans le dos, le novillo ignorant complètement la muleta. Le torero se relève comme si de rien n’était, se plante au centre et  enchaîne dans un mouchoir de poche une faena inspirée brindée à Robert Margé qui débute par trois magistrales séries droitières, corps vertical et main basse, allant chercher le novillo et conduisant sa charge sur de longues passes avec un temple remarquable,  la muleta toujours planchada, pour lui donner  la sortie et le reprendre à nouveau. Sur le piton gauche, le Margé se livre moins volontiers et fait même  une ou deux tentatives pour sortir de la passe, mais Perera le happe dans le leurre pour une séquence de luquecinas impressionante qui séduit le public et les premiers « indulto » fusent sur les gradins. Perera sur un signe du président fait encore durer un moment et effectivement le Margé semble prendre de plus en plus de plaisir à suivre cette muleta. Le mouchoir orange tombe. On reparle de la pique ? Allez, non. On ne va pas gâcher la fête…..

 Ureña est moins chanceux au sorteo, le novillo de Fernay freine, ne se livre pas franchement dans le capote et s’avère plus hargneux que brave sous un puyazo appuyé dont il sort en fléchissant. Brindis a Castella. Face à cet adversaire tardo, réservé et de peu de charge, Ureña  dans le style épuré qui est le sien, va construire à base de patience et de douceur une faena qui certes manquera de rythme soutenu , de liant et de brio mais qui régalera les aficionados par le temple et la pureté de gestes avec lesquels il dessinera plus particulièrement ses naturelles. Il tentera également quelques naturelles de la droite après avoir jeté l’épée, mais le novillo n’avance plus. Entière concluante et oreille.

 Avec le Malaga, Olsina, le seul novillero du cartel, hérite du plus gros, du plus laid  et du plus mauvais des six. Le seul qui prendra deux piques, mais sans intérêt. Brindis à son ami Escribano. Malheureusement, le novillo manque de race, charge court et se plombe rapidement, laissant peu d’options de triomphe au jeune biterrois qui écourte les débats. Atravesada contraire et pinchazo. Le novillo se couche…..

 Avec le novillo de Gallon offert par les maestros qui vont intervenir à tour de rôle, le festival va se terminer sur un joli moment, non pas de competencia comme c’est habituellement le cas dans les corridas, mais de solidarité et de plaisir partagé dans une ambiance festive et bon enfant. Castella le reçoit au capote, Lea Vicens  pique le novillo mis en suerte par Escribano tandis que Perera ira au quite et se fera soulever sur la chicuelina de remate. Olsina et Escribano iront quant à eux réaliser une très joli quite al alimon. Ce dernier partagera également les banderillas avec Castella (qui réalisera un superbe quiebro) et Perera tandis que Paco Ureña fera la brega. Lequel également débutera la faena de muleta mais laissant rapidement la place au plus malchanceux de la tarde, Carlos Olsina qui face au manque de force et  d’allant de l’adversaire, optera pour un toreo de proximité, enchaînant dosantinas et desplantes. Pour finir, c’est  Escribano qui  porte l’estocade, un entière d’effet immédiat.

 

Les six toreros font la vuelta sous des applaudissements fournis.  La tarde se termine avec  une haie d’honneur  formée par les toreros et les areneros pour Robert Margé accompagné de son épouse et de son fils Olivier qui prendra la parole pour lui rendre hommage ainsi que S. Castella, le maire M. Menard et Bernard Mula, président de l’union des clubs taurins biterrois. Sortie par la Puerta Grande pour le ganadero, désormais ex empresa des arènes de Béziers qui avait déjà effectué une vuelta avec Perera après l’indulto de son novillo.

Béziers. 16 août. Novillada sans picadors. 11h00. Oreille pour le valencian

 

 Quatre erales de Robert Margé pour :

 -Christian Parejo de l’école taurine de Béziers (palombe et or blanc) : salut après avis

 -Tristan Espigue de l’école taurine d’Arles (bleu marine et or) : silence après deux avis

 -Javier Camps de l’école taurine de Valencia (vert bouteille et or) : oreille 

 -Lenny Martin de l’école taurine de Béziers (blanc et or gris) : silence après deux avis

 

Président : B.Mula Temps estival. Jolie entrée.

 

Volontaire mais peu dominateur, Christian Palejo a subi pas mal d’accrochages  et s’est fait prendre à deux reprises sans gravité devant un premier novillo juste de force devant lequel il n’a pas su tirer la main. On retiendra toutefois quelques bons passages à droite au final. Aucun engagement pour une mise à mort laborieuse. 4 pinchazos, ¾ tombée.

 Tristan Espigue a eu du mal à trouver le sitio devant le novillo le plus intéressant de la matinée, un Margé vif dans la charge et prompt à répéter qui l’a mis en difficulté à maintes reprises et qu’il a eu des difficultés  à fixer pour la mort. 2 recibir par défaut (un demi bas et un trois quart contraire) et descabello.

 Javier Camps est sorti du lot en maniant le capote et la muleta avec plus de maîtrise et d’aisance que ses compagnons de cartel. Jolie gestuelle pour une faena construite entièrement  près  des tablas dans le terrain d’un adversaire manso mais maniable, qui s’est un peu délitée faute de trop durer. Oreille malgré un vilain bajonazo.

 Lenny Martin a hérité du plus fort et du plus compliqué du lot. Soignant l’allure mais pas encore assez aguerri, le garçon a eu du mal à se confier et à dominer la situation, se faisant bousculer et prendre à deux reprises avec puntazo la seconde fois. Mêmes difficultés avec l’épée. Après une entière tendida basse et deux descabellos il  reprend l’épée, pinchazo et bajonazo.

Béziers 15 août. 18h00. Corrida mixte.

Une course sans éclat

 

 Deux toros de Fermin Bohorquez pour le rejon et quatre de Robert Margé

 -Lea Vicens : oreille et oreille.

 -Enrique Ponce (bleu outre mer et or) : salut après avis et oreille.

 -Sébastien Castella (prune et or) : oreille et silence après avis.

 

Président : M. Daudé. Temps estival. 5000 personnes.

 

 Quatre  Margé de présentation correcte au niveau des cornes mais légers pour des toros de cinq ans et demi. Excepté le dernier, le plus intéressant qui fut honoré d’une vuelta posthume discutable, ils ont manqué de force et de transmission  bien qu’épargnés lors de premiers tercios sans relief. Le troisième a du être changé après la pique pour  un problème locomoteur certainement provoqué par un tampon violent dans le burladero à sa sortie.

 

Lea Vicens  a fait comme toujours la démonstration de ses talents de cavalière devant deux toros de Bohorquez  qui manquaient de force et  d’allant (son second adversaire s’est couché avant l’épée !) mais auxquels elle a coupé une oreille à chacun. Il faut dire que la présidence ne s’est pas faîte prier ce jour-là pour sortir les mouchoirs.

 Le premier Margé perd déjà  les mains au sortir des piques, la première où il reste cabeceando, la seconde  réduite à un picotazo. Entame sans surprise de Ponce par doblones genou ployé. Devant cet adversaire maniable mais faible et sans grande classe, il nous livre une faena  propre, élégante mais souvent marginale, plus fluide sur le piton droit que sur le gauche où il se fait un peu engancher la muleta. Peu d’engagement à la mort. Entière caidita longue d’effet et descabello. Deux piquettes insignifiantes pour le sobrero, un toro insipide  et sans potentiel qui ne l’inspire pas (il demande même l’arrêt de la musique !). La messe est vite dite. Entière légèrement tombée. L’oreille est surprenante.

 Jolie réception  de Castella par véroniques en tablier et  chicuelinas face au second Margé qui donne des signes de mansedumbre dès sa sortie. Le tercio de varas est totalement symbolique. Assis sur l’estribo pour commencer, Castella parvient à donner une certaine intensité à ce début de faena en embarquant  le bicho  dans deux ou trois séquences droitières de qualité, malheureusement ce dernier va se décomposer rapidement lorsqu’il prend la gauche, sa mansedumbre l’attirant vers les tablas. Le métier de Castella lui permet de reprendre la main  pour lui imposer quelques derechazos plus techniques que vibrants avant de conclure d’une entière après pinchazo. Une oreille pour une pétition pas franchement majoritaire. Il va s’efforcer de faire monter une mayonnaise qui n’a guère pris jusque là en essayant de mettre en valeur le dernier Margé qui s’annonce plus vif dès sa sortie en piste. Il le place à deux reprises loin du cheval lors du premier tiers. Le Margé charge allègrement et pousse un peu sous une première pique trasera dont il sort seul. Il s’élance à nouveau pour une seconde rencontre très brève, sortant seul à nouveau. Mieux que les trois autres mais rien non plus de  spectaculaire justifiant la musique jouée à la sortie du piquero. Entame de faena par cambiada au centre, cites de loin avec enchaînement droitiers templés devant un toro qui suit la muleta avec entrain mais qui  baisse de régime et s’avère moins coopératif  sur le piton gauche où la faena  décline et perd de sa limpidité. Castella opte pour un final encimista, pendule, desplante etc.. ½ basse et deux descabellos. Vuelta généreuse pour un toro qui a chargé sans s’employer vraiment au cheval et qui a décliné en fin de faena.

 

Observations : Minute de silence pour Christian Coll et Robert Barrachin.

 

Reseñas Nadine Regardier. Photos Michel Volle.