Beziers: Feria 2021

Béziers 6eme : Manzanares domine la tarde

 

  Toros de Garcigrande y Domingo Hernández (4 ° y 5 °),

 -Antonio Fererra (bleu canard et or) : oreille – silence

 -José Maria Manzanares (rouge et or) : silence – 2 oreilles.

 -Juan Ortega (blanc et noir) : avis et silence – oreille.

 Président : M.Daudé. Temps estival et vent gênant par moments. 4000 spectateurs environ.

 

Lot de toros hétérogène, plutôt second choix niveau présentation, assurant sans plus au premier tiers excepté le quatrième  qui provoqua une chute de la cavalerie. Maniable le premier, dans une moindre mesure le dernier et le cinquième inventé par Manzanares, les trois autres manquèrent cruellement de race.

 

Ferrera  exploite la noblesse du premier Garcigrande dans une faena  proprette et à l’économie en se gardant tout le long une bonne marge de sécurité. Oreille après un recibir réussi. Le quatrième  aux allures de cabestro met un peu d’animation au premier tiers en provoquant une chute du cheval après l’avoir poussé jusqu’aux planches  et en cueillant au passage, mais sans mal, le picador. Sur ses gardes devant ce toro  distrait qui s’arrête dans la passe en cherchant l’homme, et avec un vent tout de même gênant, Ferrera ne cherche pas longtemps à résoudre le problème, quelques tentatives  sur chaque corne et a por espada. Après une mise à mort totalement défectueuse, il ne laissera pas un  grand souvenir de cette tarde. Demi-delantera par les extérieurs, 4 pinchazos et entière basse.

 

Manzanares fait le job devant le second, un toro de presque 6 ans sans aucune race, qui lève la tête en fin de passe et lui accroche presque systématiquement la muleta avant de finir carrément sur le reculoir face aux cites  en fin de faena, ce qui ne facilitera pas la mise en suerte pour la mise à mort. Entière concluante. Le cinquième pousse un peu sous la première pique. Il s’agenouille dès la première passe de muleta et affiche au départ une charge flageolante et désordonnée qui  ne laisse rien augurer de bon. Et pourtant Manzanares va petit à petit le transformer et le bonifier  tout au long d’une faena à la fois technique et  très esthétique d’une grande classe, en alternant sur les deux cornes et en laissant respirer l’adversaire avant de l’embarquer  dans de nouvelles séries enchaînées avec un temple majuscule. Il conclut sur un estoconazo et  coupe deux oreilles.

 

Face au troisième  sans charge, qui proteste dans la muleta et se plombe rapidement, Juan Ortega nous sert une faena longuette et en pointillés, en un mot soporifique. Entière et 4 descabellos. Une jolie réception au capote et un début de faena stylé face au dernier de la tarde qui fait illusion sur les premières passes mais qui va assez vite baisser de ton. Egal à lui-même, Ortega  reste quieto et joue les cartes de la lenteur et de l’esthétique qui ne suffisent  cependant pas toujours  à régler les problèmes. Demie concluante, une oreille qui se discute.

Reseñas Nadine Regardier. Photos Michel Volle.

Béziers 5eme : Sortie en triomphe pour Lenny Martin

 

Raphael Ponce de Leon et El Melli se voient octroyer chacun un trophée tandis que Lenny Martin s’ouvre la grande porte après avoir coupé deux oreilles à son opposant du fer de Margé. L’autre faena de cette novillada sans picadors est à mettre au crédit d’El Melli qui semble près pour le passage à l’échelon supérieur. Le mauvais maniement de l’acier lui fait perdre une double recompense. L’élève du Centre Français de Tauromachie Raphaël Ponce de Léon ayant coupé lui un pavillon au becerro d’ouverture.

 

 Novillada matinale sans picadors de Robert Margé

-Ponce de León (Nîmes), oreille

-Jean Baptiste Luq (Adour Aficion), silence

-El Melli (Sanlúcar de Barrameda), oreille après avis

-Aaron Rull (Castellón), palmas

-Lenny Martin (Béziers), deux oreilles

- Antonio Plazas (Arles), palmas après avis

Béziers 4eme : Puerta Grande pour Lopez Simon

 

 Six  toros de Robert Margé

 -David Fandila El Fandi (bleu nuit et noir) : vuelta – silence

 -Miguel Angel Perera (ocre et or) : avis et silence – silence.

 -Alberto Lopez Simon : 2 oreilles – oreille.

 Président : M. Daudé. Chaud avec petite bise. 4000 personnes environ.  Vuelta au 3ème toro, Conche  n°158.  Toros  correctement présentés, plutôt légers et offrant des pelages variés qui sont allés au cheval volontiers sans se distinguer particulièrement  dans le peto. Des comportements divers ensuite mais globalement  intéressants, les trois derniers s’avérant plus compliqués.

 

Avec deux largas de rodillas et un tercio de banderillas enlevé, El Fandi a mis le public biterrois (facile à contenter !) dans sa poche. Mais le premier Margé, mobile, noble avec un certain piquant, méritait mieux que cette faena de muleta pueblerina, souvent marginale et sur le recul que lui a offert le granadino, dont on ne retiendra que quelques passes  de meilleure facture données sur le piton gauche, le moins compliqué. Bajonazo  et forte pétition d’oreille, fort heureusement refusée par le palco ! Encore très applaudi aux banderilles face à son second opposant auquel il pose quatre paires dont deux al violin, il  attaque sa faena à genou mais le bicho l’oblige à se relever dès la seconde passe et le met en difficulté par des retours prompts et violents dans la muleta. S’ensuit une parodie de faena, faite de reculade et de chiffonnade conclue d’un ¾ de lame tombée.

 

Le second est un beau sardo qui prend deux piques  sans grand éclat.  Après une entame stylée par doblones, Perera  dessine quelques belles séquences droitières en allongeant  la charge courte et un peu brusque de son adversaire qui s’avèrera moins claire sur le piton gauche. Il revient donc sur la droite avec une fin de faena moins convaincante devant un toro qui se défend de plus en plus dans la passe. 2  pinchazos et entière sans grand engagement. Faena volontaire  et entêtée face au cinquième à la charge incertaine, particulièrement à droite, qui n’humilie guère et se retourne rapidement sur l’homme. Une petite frayeur au final quand il s’embronche tout seul et tombe devant le toro qui l’écarte pour s’intéresser à la muleta. Entière trasera.

 

Le troisième s’élance à deux reprises au cheval mais se montre très peu combatif sous le fer. Par contre il va faire preuve au dernier tiers d’une belle noblesse encastée que Lopez Simon va mettre à profit pour réaliser une faena ambidextre de bon goût et de finesse  et d’une grande pureté. Mise en valeur du toro en le citant de loin et de face, sobriété et lenteur du geste pour conduire sa charge le plus loin possible, sincérité dans le placement, bref une faena à vous régaler les yeux et à vous redonner de l’aficion. Entière légèrement caida fulgurante, le président tombe les deux mouchoirs sans hésiter. Le dernier  s’avère compliqué dès sa sortie en piste avec une charge très imprévisible. Lopez Simon n’a toutefois pas baissé les bras et  s’est réellement arrimé pour tenter de s’accorder avec ce Margé compliqué sur quelques séquences très méritantes. Entière basse efficace.

 

Prix du meilleur tercio de varas à P. Doblado qui a piqué le second toro.

Reseñas Nadine Regardier. Photos Michel Volle.

Béziers 3eme : Parejo remporte le Tastevin d’Argent

 

 Six novillos de Cuillé

 -Carlos Olsina (bleu marine et or) : silence – oreille

 -Arturo Gilio (violette et or) : avis et oreille – vuelta

 -Christian Parejo (marron glacé et or) : oreille – oreille.

 Président : M.Daudé. Très chaud. 1500 personnes environ.

 Lot de novillos commode de présentation et homogène dans la faiblesse, la fadeur et le manque de transmission.

 

Sans vraiment s’imposer, Olsina a fait des efforts méritoires devant le premier novillo qui charge court et le serre, lui occasionnant deux belles bousculades, le première dès la première passe de capote donnée au centre, l’autre  sur sa première série de derechazos à genou .Pinchazo et demie a recibir.  Sa faena devant le quatrième faible mais très maniable  sera plus aboutie et nous offrira quelques bonnes séquences sur les deux cornes avec un appendice à la clef.1/3 caida .

 

Le second Cuillé affiche une certaine fougue à sa sortie du toril, d’ailleurs bien canalisée dans le capote de Gilio, qui malheureusement ne se confirmera pas ensuite. Mais le bicho s’avère maniable et  le novillero saura l’exploiter lors d’une faena de facture classique intelligemment  construite qui lui vaudra une oreille. Pinchazo, entière caida. Le cinquième tardo, faible et totalement insipide ne lui offrira  guère d’options de triomphe malgré son entêtement à lui arracher des passes .Pinchazo et ¾ efficace.

Christian  Parejo  hérite d’un premier adversaire qui n’a aucun jus et se plombe rapidement. Des efforts méritoires peut-être pour le faire avancer mais d’une efficacité très relative et qui auraient mérité d’être écourtés pour épargner un public lui aussi plombé par un soleil qui chauffe à blanc. Il amène son novillo au centre pour le tuer. Voltereta sur une estocade foudroyante qui lui permet de couper une oreille. Son envie sera mieux récompensée par le dernier novillo qui a un peu plus de tamaño, de cornes et de charge et lui permet de s’exprimer davantage. Il tue à nouveau au centre. Entière delantera et entière en place.

Reseñas Nadine Regardier. Photos Michel Volle.

Béziers 2eme : Peu d’étincelles.

 

 Six toros de Torrealta

 -Daniel Luque (vers sapin et or) : oreille – silence

 -Emilio de Justo (rouge et or) : vuelta – silence

 -Juan  Leal (rouge sang et or) : oreille – avis et silence.

 Président : M.Daudé. Temps chaud et ensoleilé. Environ 3000 personnes.

 Lot de toros homogène, bien présentés avec des armures sérieuses, sans éclat au cheval, manquant de transmission et s’éteignant rapidement au dernier tiers.

 

Le premier Torrealta ne déborde pas d’énergie dans le capote de Luque mais il semble monté sur roulettes et c’est le seul qui tiendra à peu près jusqu’au bout d’une faena. Après un tercio de varas sans histoire et un quite partagé avec Emilio de Justo, Luque va réaliser une faena avec un minimum de déplacements, citant son adversaire de loin pour l’embarquer dans de longs derechazos en rond avec beaucoup de temple et de relâchement. Le bicho s’avère moins docile sur le piton gauche mais il règle le problème avant de revenir sur la droite pour tirer encore quelques belles séries du noble Torrealta. Entière trasera caida et 2 descabellos. Le quatrième rentre avec une certaine violence dans le peto sans s’y investir outre mesure. Cette fois Luque aura du mal à enchaîner avec ce toro tardo qui lève la tête dans la passe. Après quelques tentatives laborieuses pour lui arracher des passes isolées, il écourtera, façon de parler car la mise à mort sera également très laborieuse. 3 pinchazos, pinchazo hondo et 3 descabellos.

 

Emilio de Justo  se montrera peu inspiré et souvent marginal  malgré quelques bons passages devant le second Torralta d’une noblesse insipide qui il est vrai ne l’aide guère à se transcender. Entière tombée concluante. Le cinquième s’endort sous les piques et  ne semblera guère plus éveillé durant la faena besogneuse d’ Emilio de Justo  qui se verra obligé de lui arracher au forceps  des passes isolées. Entière tombée.

 

Juan Leal reçoit le troisième par deux cambiadas de rodillas plein centre suivie d’une série de derechazos enlevée qui met le public biterrois en émoi. S’ensuit une faena entièrement droitière, très marginale du fait de la position du torero qui est quasiment cassé en deux pour allonger le bras au maximum. Mais le manque d’endurance de son adversaire qui se plombe de plus en plus  l’oblige rapidement à réduire les terrains pour finir sur une petite séquence maison dans les cornes. Très belle estocade engagée qui  peut justifier l’oreille accordée par le palco, même si ce n’est pas pour cette raison qu’elle a été sollicitée par le public, qui d’ailleurs en aurait aimé une seconde. Et la main gauche au fait ? Curieusement, mais on s’en félicite, il va rester dans un registre plus sobre et plus classique face au dernier, un toro maniable mais fade et qui s’éteint lui aussi au cours d’une faena  qui ne transmet guère par manque de profondeur. Mort laborieuse. Entière trasera après 5 pinchazos.

Reseñas Nadine Regardier. Photos Michel Volle.

Béziers 1ere : Mise en bouche décevante

 

 Deux toros de Fermin Bohorquez (rejon) et quatre de Victoriano del Rio

 -Léa Vicens : salut – oreille.

 -Andrés Roca Rey (bleu marine et or) : silence – 2 avis et salut.

 -El Rafi (gris et or) : avis et salut – 2 avis et silence.

 Sobresaliente : J.Banti

 Président : M. Daudé. Soleil et petite bise. 6000 personnes environ.

 

Léa Vicens posa d’emblée deux rejons avec Guitarra, meilleure la pose du second, puis avec Diluvio, elle se fit applaudir aux banderilles, en posant trois sur un bon rythme avant deux courtes, l’affaire étant conclue par rejón au troisième envoi puis descabello. Son second avait moins de fixité, s’avérant rapidement distrait, pour ne pas dire manso, mais Léa afficha une belle détermination, notamment montée sur Bético puis Jazmín. Belle leçon d’autorité et de temple qui après un rejón concluant lui a valu l’unique trophée de la tarde.

 Quatre Victoriano de présentation plutôt hétérogène qui ont assuré sans grand éclat au premier tiers avec des secondes rencontres la plupart symboliques, maniables sans piquant a la muleta.

 Roca Rey fait le minimum syndical devant un premier Victoriano  sans classe ni trapio, d’une mollesse  et  d’une fadeur peu propices à une quelconque inspiration  artistique. 2 pinchazos  et entière sans grand engagement. Il semble plus inspiré avec le troisième qui affiche plus de jus  au départ  et devant lequel  il attaque plein centre par 3 cambiadas à genou  avant d’enchainer sur deux superbes séries de derechazos  enchaînés avec temple et relâchement, mais le toro va baisser de ton et s’éteindre progressivement  et  malgré les efforts  du péruvien, la faena va perdre de son rythme et deson intensité pour se déliter petit à petit. Toujours pas d’engagement à la mort. 2 pinchazos  entière et deux descabellos.

 Devant le second Victoriano  bravito au cheval et d’une noblesse sans aspérités, El Rafi , après avoir partagé de jolis quites avec son aîné, réalise une faena  ambidextre de facture  classique, conduisant avec une aisance et une maîtrise affirmées et sur un rythme régulier et soutenu  la charge noble de son adversaire. Une prestation qui aurait du mériter une récompense s’il avait mieux tué. 2 pinchazos, tiers de lame er 2 descabellos. Le dernier Victoriano est celui qui a le plus de présence en piste, le nîmois va trouver d’emblée le sitio pour canaliser dans la muleta sa charge allègre sur le piton droit pour trois séries d’une belle intensité, malheureusement  le bicho s’avère moins maniable à gauche et accroche le leurre, à partir de là, El Rafi ne parviendra pas à reprendre totalement la main et la faena s’éternise sans raison. 2  Pinchazos et 2 descabellos.

Reseñas Nadine Regardier. Photos Michel Volle.


Béziers. Dimanche 16 août. 18h00. Festival caritatif. Ambiance festive et bon enfant.

 

 Novillos de Bohorquez (Rejon), Cuillé, Pages-Mailhan, Margé, Fernay, Malaga et Gallon

 -Léa Vicens : salut.

 -Sébastien Castella : deux oreilles

 -Manuel Escribano : deux oreilles

 -Miguel Angel Perera : deux oreilles symboliques

 -Paco Ureña : oreille

 -Carlos Olsina : salut.

 

Président : M. Daudé. Beau temps. 4500 personnes. Indulto du novillo n°132 de Margé

 

Le public  était bien évidemment acquis à la bonne cause de ce festival dont les bénéfices iront au personnel du Centre Hospitalier de Béziers. En ces temps compliqués de post confinement, de masque obligatoire et  de pénurie de spectacles taurins, les spectateurs étaient bien décidés à profiter de leur après midi, à ne pas bouder leur  plaisir et à accorder facilement  des trophées  à des toreros qui n’ont pas manqué de générosité en toréant ce festival, qui ont joué le jeu et tout fait pour donner du plaisir au public malgré des adversaires n’offrant pas toujours de grandes qualités. Beau geste de générosité et de solidarité  également que cette idée d’offrir un septième toro et de le toréer en intervenant alternativement. Ce festival se devait bien sûr d’être une réussite, d’autant que c’était également la despedida de Robert Margé après 32 ans à la tête des arènes (qui ont de fortes chances de rester tout de même dans la famille !) et quoi de mieux que de finir sur un indulto qui en d’autres circonstances aurait pu être plus que discutable.

 

Lea Vicens a hérité d’un novillo de Bohorquez faible et sans charge qui n’a rien enlevé à la qualité de sa prestation mais qui en a terni l’intérêt. Son échec à la mort ne lui a permis que de saluer. Pinchazo demie et 3 descabellos.

 Castella reçoit joliment dans son capote le novillo de Cuillé  qui serre un peu à gauche. Monopiquette, deux paires de banderillas et brindis à ses compagnons de cartel. Face à cet adversaire juste de force, le biterrois va très vite trouver le sitio pour améliorer sa charge courte et incertaine tout  en imprimant  à ses séquences droitières un ryhtme et une intensité soutenus qui vont un peu baisser sur un piton gauche plus récalcitrant. Ayant plus de difficulté à lier il se contente d’une petite série et relance sa faena par une démonstration d’aguante, vertical, immobile, les pieds rivés au sol,  bougeant seulement les bras pour faire aller, venir et tourner autour de lui au plus près du corps le Cuillé totalement soumis. Il remercie l’orchestre pour le Bolero de Ravel qui a accompagné sa prestation et porte avec décision une entière concluante qui fait tomber aussitôt les deux oreilles.

 Après un brindis à Robert Margé, M. Escribano va recevoir a porta gayola le Pagés Mailhan qui s’emploie moyennement sous une pique basse.  Du second tiers on retiendra plus particulièrement sa troisième paire, un superbe al violin pour quiebro. Entame par cambiada au centre mais la faena débute laborieusement sur la corne droite face à un novillo réservé qui s’arrête à mi passe. Le torero de Gerena s’efforce alors d’exploiter la corne gauche sur laquelle le novillo semble se livrer davantage et  parvient petit à petit à enchaîner quelques séries de naturelles correctement liées mais qui manquent  de  profondeur, la dernière de face en regardant le public avant de loger une demie lame foudroyante.2 oreilles aussi, on ne fera pas de comparaison avec les précédentes.

  Le novillo de Margé prend une pique un peu tombée et rectifiée sans que l’on note grand chose dans son comportement qui annonce un toro d’indulto. Superbe quite par tafalleras d’Angel Perera. Il s’agenouille pour débuter sa faena et prend un tampon impressionnant dans le dos, le novillo ignorant complètement la muleta. Le torero se relève comme si de rien n’était, se plante au centre et  enchaîne dans un mouchoir de poche une faena inspirée brindée à Robert Margé qui débute par trois magistrales séries droitières, corps vertical et main basse, allant chercher le novillo et conduisant sa charge sur de longues passes avec un temple remarquable,  la muleta toujours planchada, pour lui donner  la sortie et le reprendre à nouveau. Sur le piton gauche, le Margé se livre moins volontiers et fait même  une ou deux tentatives pour sortir de la passe, mais Perera le happe dans le leurre pour une séquence de luquecinas impressionante qui séduit le public et les premiers « indulto » fusent sur les gradins. Perera sur un signe du président fait encore durer un moment et effectivement le Margé semble prendre de plus en plus de plaisir à suivre cette muleta. Le mouchoir orange tombe. On reparle de la pique ? Allez, non. On ne va pas gâcher la fête…..

 Ureña est moins chanceux au sorteo, le novillo de Fernay freine, ne se livre pas franchement dans le capote et s’avère plus hargneux que brave sous un puyazo appuyé dont il sort en fléchissant. Brindis a Castella. Face à cet adversaire tardo, réservé et de peu de charge, Ureña  dans le style épuré qui est le sien, va construire à base de patience et de douceur une faena qui certes manquera de rythme soutenu , de liant et de brio mais qui régalera les aficionados par le temple et la pureté de gestes avec lesquels il dessinera plus particulièrement ses naturelles. Il tentera également quelques naturelles de la droite après avoir jeté l’épée, mais le novillo n’avance plus. Entière concluante et oreille.

 Avec le Malaga, Olsina, le seul novillero du cartel, hérite du plus gros, du plus laid  et du plus mauvais des six. Le seul qui prendra deux piques, mais sans intérêt. Brindis à son ami Escribano. Malheureusement, le novillo manque de race, charge court et se plombe rapidement, laissant peu d’options de triomphe au jeune biterrois qui écourte les débats. Atravesada contraire et pinchazo. Le novillo se couche…..

 Avec le novillo de Gallon offert par les maestros qui vont intervenir à tour de rôle, le festival va se terminer sur un joli moment, non pas de competencia comme c’est habituellement le cas dans les corridas, mais de solidarité et de plaisir partagé dans une ambiance festive et bon enfant. Castella le reçoit au capote, Lea Vicens  pique le novillo mis en suerte par Escribano tandis que Perera ira au quite et se fera soulever sur la chicuelina de remate. Olsina et Escribano iront quant à eux réaliser une très joli quite al alimon. Ce dernier partagera également les banderillas avec Castella (qui réalisera un superbe quiebro) et Perera tandis que Paco Ureña fera la brega. Lequel également débutera la faena de muleta mais laissant rapidement la place au plus malchanceux de la tarde, Carlos Olsina qui face au manque de force et  d’allant de l’adversaire, optera pour un toreo de proximité, enchaînant dosantinas et desplantes. Pour finir, c’est  Escribano qui  porte l’estocade, un entière d’effet immédiat.

 

Les six toreros font la vuelta sous des applaudissements fournis.  La tarde se termine avec  une haie d’honneur  formée par les toreros et les areneros pour Robert Margé accompagné de son épouse et de son fils Olivier qui prendra la parole pour lui rendre hommage ainsi que S. Castella, le maire M. Menard et Bernard Mula, président de l’union des clubs taurins biterrois. Sortie par la Puerta Grande pour le ganadero, désormais ex empresa des arènes de Béziers qui avait déjà effectué une vuelta avec Perera après l’indulto de son novillo.

Béziers. 16 août. Novillada sans picadors. 11h00. Oreille pour le valencian

 

 Quatre erales de Robert Margé pour :

 -Christian Parejo de l’école taurine de Béziers (palombe et or blanc) : salut après avis

 -Tristan Espigue de l’école taurine d’Arles (bleu marine et or) : silence après deux avis

 -Javier Camps de l’école taurine de Valencia (vert bouteille et or) : oreille 

 -Lenny Martin de l’école taurine de Béziers (blanc et or gris) : silence après deux avis

 

Président : B.Mula Temps estival. Jolie entrée.

 

Volontaire mais peu dominateur, Christian Palejo a subi pas mal d’accrochages  et s’est fait prendre à deux reprises sans gravité devant un premier novillo juste de force devant lequel il n’a pas su tirer la main. On retiendra toutefois quelques bons passages à droite au final. Aucun engagement pour une mise à mort laborieuse. 4 pinchazos, ¾ tombée.

 Tristan Espigue a eu du mal à trouver le sitio devant le novillo le plus intéressant de la matinée, un Margé vif dans la charge et prompt à répéter qui l’a mis en difficulté à maintes reprises et qu’il a eu des difficultés  à fixer pour la mort. 2 recibir par défaut (un demi bas et un trois quart contraire) et descabello.

 Javier Camps est sorti du lot en maniant le capote et la muleta avec plus de maîtrise et d’aisance que ses compagnons de cartel. Jolie gestuelle pour une faena construite entièrement  près  des tablas dans le terrain d’un adversaire manso mais maniable, qui s’est un peu délitée faute de trop durer. Oreille malgré un vilain bajonazo.

 Lenny Martin a hérité du plus fort et du plus compliqué du lot. Soignant l’allure mais pas encore assez aguerri, le garçon a eu du mal à se confier et à dominer la situation, se faisant bousculer et prendre à deux reprises avec puntazo la seconde fois. Mêmes difficultés avec l’épée. Après une entière tendida basse et deux descabellos il  reprend l’épée, pinchazo et bajonazo.

Béziers 15 août. 18h00. Corrida mixte.

Une course sans éclat

 

 Deux toros de Fermin Bohorquez pour le rejon et quatre de Robert Margé

 -Lea Vicens : oreille et oreille.

 -Enrique Ponce (bleu outre mer et or) : salut après avis et oreille.

 -Sébastien Castella (prune et or) : oreille et silence après avis.

 

Président : M. Daudé. Temps estival. 5000 personnes.

 

 Quatre  Margé de présentation correcte au niveau des cornes mais légers pour des toros de cinq ans et demi. Excepté le dernier, le plus intéressant qui fut honoré d’une vuelta posthume discutable, ils ont manqué de force et de transmission  bien qu’épargnés lors de premiers tercios sans relief. Le troisième a du être changé après la pique pour  un problème locomoteur certainement provoqué par un tampon violent dans le burladero à sa sortie.

 

Lea Vicens  a fait comme toujours la démonstration de ses talents de cavalière devant deux toros de Bohorquez  qui manquaient de force et  d’allant (son second adversaire s’est couché avant l’épée !) mais auxquels elle a coupé une oreille à chacun. Il faut dire que la présidence ne s’est pas faîte prier ce jour-là pour sortir les mouchoirs.

 Le premier Margé perd déjà  les mains au sortir des piques, la première où il reste cabeceando, la seconde  réduite à un picotazo. Entame sans surprise de Ponce par doblones genou ployé. Devant cet adversaire maniable mais faible et sans grande classe, il nous livre une faena  propre, élégante mais souvent marginale, plus fluide sur le piton droit que sur le gauche où il se fait un peu engancher la muleta. Peu d’engagement à la mort. Entière caidita longue d’effet et descabello. Deux piquettes insignifiantes pour le sobrero, un toro insipide  et sans potentiel qui ne l’inspire pas (il demande même l’arrêt de la musique !). La messe est vite dite. Entière légèrement tombée. L’oreille est surprenante.

 Jolie réception  de Castella par véroniques en tablier et  chicuelinas face au second Margé qui donne des signes de mansedumbre dès sa sortie. Le tercio de varas est totalement symbolique. Assis sur l’estribo pour commencer, Castella parvient à donner une certaine intensité à ce début de faena en embarquant  le bicho  dans deux ou trois séquences droitières de qualité, malheureusement ce dernier va se décomposer rapidement lorsqu’il prend la gauche, sa mansedumbre l’attirant vers les tablas. Le métier de Castella lui permet de reprendre la main  pour lui imposer quelques derechazos plus techniques que vibrants avant de conclure d’une entière après pinchazo. Une oreille pour une pétition pas franchement majoritaire. Il va s’efforcer de faire monter une mayonnaise qui n’a guère pris jusque là en essayant de mettre en valeur le dernier Margé qui s’annonce plus vif dès sa sortie en piste. Il le place à deux reprises loin du cheval lors du premier tiers. Le Margé charge allègrement et pousse un peu sous une première pique trasera dont il sort seul. Il s’élance à nouveau pour une seconde rencontre très brève, sortant seul à nouveau. Mieux que les trois autres mais rien non plus de  spectaculaire justifiant la musique jouée à la sortie du piquero. Entame de faena par cambiada au centre, cites de loin avec enchaînement droitiers templés devant un toro qui suit la muleta avec entrain mais qui  baisse de régime et s’avère moins coopératif  sur le piton gauche où la faena  décline et perd de sa limpidité. Castella opte pour un final encimista, pendule, desplante etc.. ½ basse et deux descabellos. Vuelta généreuse pour un toro qui a chargé sans s’employer vraiment au cheval et qui a décliné en fin de faena.

 

Observations : Minute de silence pour Christian Coll et Robert Barrachin.

 

Reseñas Nadine Regardier. Photos Michel Volle.