Vic : La Feria del toro 2021

Gomez del Pilar et Cantador d’Escolar, le duo gagnant !

 

 -Octavio Chacon (foie gras du Gers et or) : silence et salut depuis le burladero

 -Alberto Lamelas (encre de Chine et or) : silence et salut au tiers

 -Noé Gomez del Pilar (manzana et or) : silence et deux oreilles

 

Pour leur retour à Vic les pupilles de Don José Escolar Gil, bien présentés et en pointes, ont commencé par lourdement plomber la tarde en raison d’un manque de race et de force pour les quatre premiers. Mais dans le Gers, tout finit toujours bien …

Calerito ouvrit le bal dans le capote d’Octavio Chacon. Après 3 piques sans étincelle, le manque de force de l’Escolar le rende dangereux. Il avertit une première fois Octavio dès les premiers derachazos, puis une deuxième fois sur l’autre corne. Le torero de Prado del Rey abrège. Meta y saca, entière, 2 descabellos, avis.  Medroso ne brilla pas plus lors des 3 rencontres sous le fer. Cependant Chacon profita de son fond de noblesse pour dérouler les premières séries de naturelles de la tarde. Il insiste, l’Escolar passe, mais tout cela manque cruellement de transmission. Entière caida.

 Alberto Lamelas, chouchou de Vic en titre, fut invité par le public à saluer en piste avant la sortie de Cantinero. Il l’accueillit par une larga de rodilla qui fit rugir les gradins. Juste de force, l’Escolar prend deux piques, meilleure la seconde. Quite de Gomez del Pilar. Alberto, courageux besogneux, étira à l’infini et à l’ennui une faena brindée à son public qui ne décolla jamais. Avis. Bajonazo.  Une fois encore, il faut reconnaitre que l’adage taurin se vérifia avec le quinto. Manchero redora le blason de Pepe Escolar quelque peu terni par ce début de course. Bien accueilli dans l’étoffe par Lamelas, on commença à y croire après une bonne première pique où le toro s’employa en brave. Sur les deux piques suivantes il vint de loin, mais en poussant guère. Toutefois, enfin de la caste dans ce lot. Après un chaleureux brindis en piste au maestro El Fundi, Alberto nous gratifia d’une série de naturelles avec temple ! Le toro humilie, répond aux sollicitations et charge avec noblesse. Il faut lui laisser la main basse, lui donner toujours à manger avec la muleta et lui allonger la passe avec le bras. Dommage, Alberto fit l’inverse, réduisit les terrains et l’étouffa. Une fois encore le madrilène égraina les muletazos encore et encore, jusqu’au premier avis. Défaillance aux aciers, épée contraire en avant, deuxième avis … descabello in extremis. Applaudissements fournis à l’arrastre.

 Avec ce second paseo dans les arènes Joseph Fourniol, Gomez del Pilar est rentré dans le cœur des aficionados vicois. Ce ne fut pourtant pas avec Sentido, qui portait bien son nom, dangereux et distrait, face auquel Noé s’arrima et réussit à sortir quelques courtes séries de muletazos. Pinchazo. Demi. Avis.  Ce fut avec l’ultime, Cantador, n° 16, né en novembre 2015 que les aficionados se régalèrent et partagèrent le plaisir de Gomez del Pilar d’être Torero. Après une entame allurée au capote, l’Escolar s’employa à la première rencontre avec le picador, sur les deux suivantes il vint de loin avec alegria mais en restant plus discret sous le fer. Peut être fallait-il s’en souvenir au moment des trophées …GdP brinda sa faena au public avant de l’entamer par des doblones d’école. Mandar fut le fil conducteur du maestro tout au long d’une lidia parfaite. Avec temple, et autorité, c’est lui qui mena la danse et canalisa la caste de son Escolar, d’abord par des derechazos d’anthologie, puis le citant de loin pour des séries de naturelles qui firent lever un public en ébullition. Tout va a mas : toro, torero, transmission, émotions ! Après un avertissement du toro, Gomez comprit vite que le meilleur de la faena était derrière lui, et le bonheur devant, à portée de main. Entière caidita avec un engagement total. Deux oreilles pour Gomez del Pilar, vuelta posthume pour l’Escolar. Gradins euphoriques ! torero souriant et pleurant d’émotion après un tel exploit, dans de telles Arènes, face à un tel Toro. Ce n’est que de bon augure avant son actuation de dimanche prochain à Céret face à des Raso de Portillo, dont les frères permirent une belle entame de ce Vic 2021. La boucle est bouclée. Vivement Pentecotavic 2022.

 Salut du banderillero Pedro José Cebadera Cabo au 3ème toro.  Temps estival – plein de l’aforo autorisé

 

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L comme Lopez Chaves, L comme Lidiador

 

 -Domingo Lopez Chaves (corail et or) : oreille et double vuelta

 -Manuel Escribano (convoi funéraire) : salut au tiers et sifflets

 -Miguel Angel Pacheco (ciel de 11h00 et or) : double silence

 

Les « Hoyo de La Gitana » pou rleur retour à Vic firent des étincelles ! En effet les frères Perez-Tabernero, Ignacio, Joaquin et Fernando avaient emmené dans leurs bagages un lot complet de toros superbement présentés, bien dans le type graciliano, encasté et au moteur vrombissant.

 Lui que l’on pensait devenu indétrônable au poste de chef de lidia de la fameuse corrida concours de Vic, ce fut avec surprise que l’on découvrit à l’annonce des cartels que Domingo Lopez Chaves avait glissé de la concours à la « Hoyo ». Finalement, vu la concours de cette année à vite oublier, grand bien en avait pris au CTV de positionner Domingo ce dimanche matin avec les cornus de la Gitana. Il faut dire qu’il les connait sur le bout des doigts, à la finca ‘’Galleguillos’’ c’est lui ‘’le torero de la casa’’.

 Dès sa sortie dans le ruedo Cabrero fut applaudi par le public, mais ce dernier s’avéra tardo, observant du coin de l’œil l’homme en piste. En une poignée de capotazos, DLP réalisa une démonstration de lidia parfaite expliquan tavec douceur et autorité les règles du jeu à son adversaire. Le Hoyo s’employa sur la première pique et resta sur la réserve lors de la seconde rencontre. Au second tercio, le toro fit regretter à José Chacon le temps où il était aux ordres du maestro Castella. Avec un immense respect, pétri d’admiration, Domingo brinda son toro au torero « El Fundi », la rencontre de deux grands toreros comme sait les glorifier Vic. Entame de faena par doblones pour asseoir son autorité. Ensuite ce ne fut que quintessence de Lidia : choix des terrains, économie du geste, muletazos appliqués. Amateurs de fioritures et autres passes de cul passez votre chemin, il ne règne à ce moment là sur Vic qu’application et sobriété. Lopez Chavés eut l’intelligence de construire une faena courte, on frôla les ‘’20 passes pas plus’’. Casi entière caidita.  Capote en main Domingo réceptionna parfaitement Martinete. Le Hoyo vint ensuite par deux fois faire sonner l’estribo, mais que les piques qui lui firent administrées étaient vilaines !Brindis au public d’une faena débutée par Lopez Chaves accoudé à la talanquère. La première série de derechazos fit rugir de plaisir les arènes de Vic. On parle du rugissement de Las Ventas, mais on peut désormais aussi parler de celui des arènes de Vic. S’en suivit une série de naturelles aidées qui déclencha aussitôt la musique. Un changement de main de toute beauté fut l’apothéose d’une faena de haute qualité qui se termina par deux séries de derechazos faisant monter un peu plus l’ébullition sur les gradins. Deux pinchazos, une épée volante et une entière caida plus tard, Domingo Lopez Chavès se retrouva seul à saluer au centre du ruedo, les mains vides. Seul mais pas si seul, les milliers d’aficionados vicois l’ovationnent et l’acclament à tout rompre l’invitant à faire une vuelta dont il se souviendra longtemps, et même une seconde en petite foulée. Lopez Chavès le Lidiador modèle !

 Voilà bien longtemps maintenant que Manuel Escribano vient trainer plus ou moins bien ses banderilles dans le ruedo vicois.Il ne parvint jamais à prendre le dessus et laissa passer son premier Hoyo, exigeant certes, mais qui permettait. Quant au second noble et mobile, il n’en fit rien de bon et l’ennui gagna les tendidos. Il est vrai que passer après un si grand Lopez Chaves n’est pas chose aisée. 

A sa sortie en piste, Campesino, comme l’ensemble de ses congénères fut applaudi à. D’entrée de jeu, il donna un avertissement à Pacheco, ce qui ne le mit pas en confiance. Certes, ces toros viennent de Salamanque, le pays du Jambon, mais il n’était pas nécessaire de le piquer par deux fois dans la paletilla. Et pourtant, malgré ces deux mauvaises piques, le Hoyo poussa avec bravoure. Après un brindis au public de Vic, MAP réalisa avec une grande application de bonnes séries de derechazos. La corne gauche étant impraticable, le jeune diestro resta sur l’autre corne, mais étira en longueur des séries à un toro qui n’en pouvait pas tant. 3 pinchazos. ¾ d’épée. Avis  Quelques foulées après sa sortie en piste, le sixième Hoyo de la Gitana, se trouva handicapé, et fut aussitôt remplacé. Sorti alors le premier sobrero de chez Hoyo, mais celui-ci subit les foudres et le fer d’un picador peu scrupuleux. Ce qui lui permit de sortir du ruedo sous le célèbre quolibet madrilène ‘’picador, que malo eres !’’. Après cet épisode le toro sembla diminuer et sa mobilité restreinte, cambio ! Le dernier, dernier Hoyo de la matinée, dépassa complètement Miguel Angel Pacheco qui ne sut qu’en faire et abrégea très vite son calvaire d’un bajonazo. Le jeune torero de la Linea de la Concepcion s’était pourtant fait remarquer par son courage et son entrega en 2019 dans ces mêmes arènes face à un dur à cuire de Dolorès Aguirre.

 Salut du banderillero José Francisco Borero au 4ème Soleil écrasant. Casi plein de l’aforo

 

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20h14 : fin du désert

 

 -Manuel Jesus Perez Mota (neiges éternelles et or) : double silence

 -Sergio Serrano (alternative et or) : double silence

 -Adrien Salenc (sable de Roland Garros et or) : double silence

 

Cette corrida concours ne laissera guère de souvenirs si ce n’est celui de s’être déroulé ni à la bonne date, Pentecôte, ni à la bonne heure, le dimanche matin à 11 heures.  La présentation des si participants à cette concours était remarquable : astifinos pour la plupart, et dans le type de leurs ganaderias. Rien à dire sur leur plumage, pour leur ramage ce fut une autre histoire … une histoire sans parole, une histoire sans fond.

Après avoir gratifié les arènes Joseph Fourniol de sa toreria il y a quelques années Perez Mota disparut des écrans radars taurins. Son retour était donc très attendu. On sentit vite que Rondino, n°48 de la ganaderia de Fraile et ses deux dagues sur le frontal avait hanté les dernières nuits de Manuel. Discret lors des deux premières piques, il se défendit plus qu’il ne poussa sur la dernière. Le maestro del Bosque manqua de confiance l’étoffe en main, ne parvenant pas à trouver la bonne distance face à une charge courte et à endiguer les coups de tête de son toro. Mete y saca. Bajonazo.

 Belugo, n°87, de la ganaderia des héritiers d’Hubert Yonnet, sortit fièrement en piste, et y fut bien accueilli au capote par Perez Mota. Le pensionnaire de la Belugue prit les trois piques règlementaires, poussant longuement et fortement à la première, mais moins spectaculairement par la suite. Perez Mota essaya de profiter de sa noblesse sur les deux cornes, mais Manuel resta très brouillon alors que le toro, certes un peu juste de force, pouvait laisser espérer mieux. La présidence fit jouer la musique. Désastre aux aciers. Bajonazo. Applaudissements à l’arrastre.

Barcial et Vic, un duo de triomphe historique fut reconstitué quelques minutes. Malheureusement avec Lunarito, le n°22, le retour gagnant ne fut pas pour cette fois-ci. Après deux premiers tercios mouvementés, Sergio Serrano qui découvrait ces arènes gersoises brinda son combat au public. Malheureusement, le manque de race du berrendo, se déplaçant toujours au pas, sans charge réelle, réduisit la faena à bien peu de choses.

 Ovationné dès sa sortie du toril, Dichoso, n°29 de San Martin, fit grande impression avec ses remarquables cornes astifinas à l’infini. Le torero d’Albacete se montra brusque dans ses muletazos, manquant cruellement de douceur avec l’étoffe face à un toro qui semblait permettre notamment sur sa corne droite. Avis.

 Avec sa robe de descente de lit, le sardo de chez Peñajara fut applaudi à son entrée sur le ruedo. Gambito, n°54, fut assez lourdement châtié par le castoreño lors des trois rencontres.  Adrien Salenc entama sa faena par le bas, avant de rapidement clore les débats. Entière caïda mais efficace.

 Adrien Salenc + Los Maños un duo qui souvent fonctionne à merveille. Ce ne fut malheureusement pas le cas lors de cette ultime rencontre de la corrida concours 2021. Barbatristes, n°16, très anovillado, reçut sa première ration de fer au milieu du dos, et les suivantes ne furent guères académiques. Après un second tercio mouvementé, Adrien Salenc brinda aux tendidos, ce qui déplut à certains sur les gradins. Le Maños est noble, Adrien en profita, et à 20h07 il réalisa la première série de muletazos liés de la tarde. Tous les espoirs étaient permis, ce ne fut malheureusement qu’un feu de paille, Barbatristes attiré par les planches compliqua la tâche d’Adrien.

 20h14 : baissée de rideau – Prix du meilleur toro : desierto

 

Les ganaderos des six élevages furent présentés individuellement et applaudis avant la sortie de leurs pupilles en piste. Salut du banderillero Victor Garcia Lopez « El Victor » au 1er toro Banderilles aux couleurs de la devise de la ganaderia de chaque toro. Demi arènes, température quasi estivale

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Très bonne entame …

 

 … pour ce Pentocatavic de juillet 2021. Les novillos de Raso de Portillo lors de cette 3ème participation à Vic ravirent les aficionados remplissant les gradins des arènes Joseph Fourniol après des mois de sevrage de bêtes à cornes. C’est un lot complet, de très belle présentation, qui a tenu en haleine une course longue de près de trois heures.

 

-Carlos Aranda (‘’Comme un soleil couchant de Méditerranée’’ et or) : double silence

 -José Cabrera (Bleu de France et or) : vuelta double vuelta

 -Juan Pedro Garcia Vizcaino Calerito (Marine Nationale et or) : double silence

 

Il n’est pas dit que Carlos Aranda retrouve un jour la route de Vic Fezensac. Le neveu du Maestro Raùl Aranda, manqua cruellement d’entrega tout au long de sa faena, souvent décroisé, sur le reculoir ne parvenant jamais à trouver le bon sitio face à Aceñero, un novillo qui ne demandait qu’à embister. Avis. Vuelta à un bon novillo qui n’en méritait pas tant. Bronca au palco.  Alimonado, negro bragado lucero, sortit en piste sous les acclamations du public. Déplorable lidia du premier tercio, au cours duquel le Raso s’employa longuement lors de la première pique prise à contre terrain. Le second tercio fut du même acabit, le novillo mettant la cuadrilla en difficulté. Lors de la faena Aranda montra à nouveau ses limites et fut à la peine jusqu’au terme. Avis. Descabellos.

C’est José Cabrera qui marqua le plus les esprits de la matinée. Bien que la première pique Bonijol semblait montée à l’envers, le novillo se montra à son avantage sous le fer lors des deux rencontres suivantes. Le novillero d’Almeria prit à son compte les banderilles puis brinda au public. Il entama en citant de loin son novillo qui répondait au moindre toque. Volontaire et rempli d’intention Cabrera se fit un peu déborder sur la corne droite avant de réaliser les meilleures séries de naturelles de la matinée sachant intelligemment profiter de l’excellente corne gauche de son opposant. Cette faena alla à mas jusqu’à un estaconazo après avis. En raison d’une épée un peu basse, refus sévère de l’oreille unanimement demandée. Chaleureuse vuelta. Bronca au palco.  Face à Zangolotino, Cabrera montra sa maturité et s’appliqua au déroulement de la lidia. Son scénario bien rôdé du second tercio se déroula sans accroche. Il commença tambour battant sa seconde faena … Vuelta.

 Isaac Fonseca blessé à Cercedilla fut remplacé par Calerito. Le toreo précieux du jeune andalou s’avéra être peu adapté face au piquant des Raso du jour. Aguileño poussa sous le fer lors de la première pique, et fut plus discret sur les deux suivantes. Calerito attendit son novillo genoux au sol au centre de l’arène pour une série de cambiada. Le sévillan sembla faire preuve de bonnes intentions, mais son toreo et son novillo restèrent inédits avant un final par manoletinas au fil des cornes. Demi-atravesada trasera.Afamado, colorado ojo de perdrix, fut ovationné dès ses premières foulées dans le ruedo. Actif lors des trois rencontres avec le picador, Calerito ne sut qu’en faire après un brindis au public.

 1/3 d’arènes. Temps chaud avec passages nuageux.

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Vic et les Pedrazas

 

 « Bien Dani ! »

-Daniel Luque (gazon british et or) : Oreille et oreille

-Juan Del Alamo (banania et or) : Silence et  silence

-Miguel Angel Pacheco (ketchup et or) : Salut et silence

Les Pedrazas de Yeltes eurent la lourde charge de clôturer ce fort bon cru de Pentecotavic 2019 avec un lot homogène, con trapio, astifinos et une passion démesurée pour le caparaçon.

 

Daniel Luque qui fût présent tout le week end dans le callejon vicois s’avéra en plus d’être un grand torero, un excellent chef de lidia au cours de cette longue course : présent au quite, mettant en suerte, raccompagnant les picadors, … Remarquable Maestro.  El Patilla officia parfaitement sous les trois puissants assauts de Portador et fut applaudi à sa sortie par le public vicois. Ici la pique c’est important, respecté et reconnu. Daniel Luque brinda sa faena au public, et profita de la noblesse débordante de son colorado, surtout sur la corne droite, la zurda n’étant guère praticable. Entière dans le rincon d’Ordoñez. Pétition plus ou moins majoritaire.

Dudanoches avait effectivement de quoi faire douter les plus aguerris de jour comme de nuit. Il poussa lors de la première rencontre en venant de loin, mais se réserva lors des deux suivantes. Avec raison le Président Tanguy écourta le second tercio où le Pedraza fit régner désordre et panique. Alors que cela paraissait mal engagé Daniel Luque fit preuve d’abnégation et parvint avec technique et autorité à se créer un toro en lui apprenant patiemment à charger sur les deux cornes. Entière. 

Comme le lui a répété bruyamment son père toute la corrida « Bien Dani ! ».

 

Il y a des jours avec et des jours sans, pour Juan Del Alamo ce fut un jour sans face à ses deux adversaires qui le mirent en difficulté et face auxquels il faillit à l’épée. Deux avis au premier, et trois au second.

 

Miguel Angel Pacheco avait bien fait de prendre deux costumes dans sa valise pour venir à Vic puisqu’après sa valeureuse prestation de la veille, il s’était gagné le remplacement de Roman pour cette corrida (# Fuerza Roman). Il fut d’ailleurs appelé par le public à saluer en piste avant que ne sorte Resistidor. Ce dernier, sûrement le plus encasté du lot, renversa violement Javier Bastida et Coronel. Ce dernier après s’être relevé resta seul en piste tenu en bride par Rafael, un des mozos, à la merci du Pedraza. Il s’ensuivit en suite trois autres rencontres. MAP brinda sa faena au public vicois. Son toro avait une charge courte, et s’avéra peu commode à gauche. Le jeune diestro fit son maximum sur la droite, la faena allant a menos, le Pedraza lorgnant rapidement les planches. Entière caida. Pétition de vuelta al ruedo, non accordée avec raison.  Le n°8, Miralto, frère du fameux Miralto lidié par Diego Urdiales à Dax en 2014, ne fut pas à la hauteur de son célèbre aîné. Intéressant sous la première pique de Gabin Rehabi, il fut plus discret lors des deux rencontres suivantes. Sa charge noble mais courte sembla perturber Pacheco qui ne sut s’en accommoder avant que le bicho ne baissa d’un cran. Estoconazo. Descabello.

 

Saluts des banderilleros Ángel Mayoral au troisième et Daniel Sánchez au sixième toro. ¾ d’arènes Temps d’automne précoce

 

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Novillada non piquée de la Féria de Vic

 

Un fort beau début de journée

Si le toro de la corrida concours de la veille avait déçu, les erales de la novillada sans picador ont largement redoré le blason de la ganaderia de Pages-Mailhan, tant par leur présentation que leur noblesse et leur caste.

 

David Garcia (Salamanque) pas grand-chose à lui reprocher si ce n’est que comme trop souvent les élèves des écoles taurines il manqua cruellement de transmission et même d’envie tout au long d’une faena essentiellement gauchère. Entière caida après un avis.

S’il est petit par sa taille, Christian Parejo, fit preuve lui d’une grande maitrise et d’une remarquable entrega. Sa toreria est déjà mature et aboutie tant capote en main qu’en suite à la muleta et même à l’épée. Compte tenu de ce score sans appel, deux oreilles, c’est lui le novillero de Chiclana et de Béziers qui remporta le trophée Toros y Vino et gagna le droit de toréer le 4ème erale. Ce dernier est le plus lourd de l’envoi mais également le moins commode, qu’à cela ne tienne Parejo s’arrima et réalisa de belles séries de muletazos con temple sur les deux rives. Pinchazo – entière peu probante. Solalito, après s’être illustré aux banderilles, déroula une faena qui laissa de marbre le maigre public sur les tendidos.
Quatre erales de Pagès- Mailhan, encastés et nobles et donnant du jeu pour :

-David Garcia : Vuelta après avis
-Christian Parejo : Deux oreilles et vuelta après deux avis
-Solalito : Salut après avis
-Salut du ganadero à l’issue de la course. Christian Parejo reçoit le prix « Toros y Vino » et celui des organisateurs du Sud-Ouest

Vic et ses Dolores….

 

 Pacheco, le nouveau héros de Vic

-Gomez del Pilar (pin des Landes et or) : double silence

-Javier Jiménez (ciel de Provence et or) : salut et silence

-Miguel Angel Pacheco (poudre et plata) : silence et oreille

 La corrida de Dolores Aguirre de très belle présentation, impressionna dans les corrales vicois par son trapio et ses cornes, en piste ce fut une autre musique pour les trois jeunes diestros du jour.

 

Gomez del Pilar eut le cran dans ce petit ruedo d’aller attendre son ‘’train’’ à la porte du toril. Le mauvais premier tercio avec une piètre prestation du piquero ouvrit en deux le dos du toro ce qui irrita le public, et valut à GdP de se faire retoquer son brindis. Langosto a une charge courte, et Gomez eut du mal à s’y adapter face à un public insensible à ses efforts. Pinchazo - Entière.

Le quatrième sorti en piste avec le frein à main bloqué, et c’est finalement sous le fer qu’il révéla sa bravoure à quatre reprises. Brindis à Manolo Vanegas. Muleta en main, le combat s’avèra difficile face au danger permanent de Clavetuerto. Gomez del Pilar abdiqua, peut être un peu trop rapidement, et se débarrassa de son opposant. Epée caida.

 

Javier Jimenez prit d’entrée avec soin dans son capote le Dolores avant de le mener par trois fois au cheval. La faena manqua cruellement d’intérêt et de transmission : JJ fut peu inspiré et la justesse de force de Yegüizo ne l’aida pas. Pinchazo – Entière.

On retrouva à la sortie du cinquième en piste le comportement typique du Dolorès Aguirre : manso, fuyard, visitant les 4 coins du ruedo. Malheureusement à la pique ce fut différent : Botero ne s’y employa pas, et sortant vite seul. Muleta en main Javier Jimenez se trouva vite en difficulté face aux mauvaises intentions et à la charge courte de son opposant. Entière caida.

 

Miguel Angel Pacheco connaissait déjà Vic pour y avoir brillé novillero mais également les Dolores pour avoir croisé leur chemin en novillada à Boujan. Cela faisait toutefois un bien maigre bagage pour affronter les monstres de la Dehesa Fria. Le voilà donc face à Cigarrero, né en octobre 2013, un manso qui rongea son frein lors des trois rencontres avec la cavalerie Garcia. Brindis au public d’une faena que MAP étira en longueur face à un toro sans possibilité. Entière tendida – Descabello.

 

Il fallut donc attendre « Voluntario » le bien nommé pour que la corrida du jour prenne une toute autre tournure, celle qui fait l’Histoire de la tauromachie à Vic Fezensac. Le Dolorès est superbe et impressionne dès son entrée dans le ruedo. Violent sous le fer, il réalisa le énième batacazo de la journée lors de la première rencontre, sur les deux suivantes il s’employa également. Bel effort des banderilleros pour officier face à un tel adversaire à la fixité fort relative. Alors que l’inquiétude s’installait pour le déroulement de la faena du jeune Pacheco, il réalisa une série de derechazos d’anthologie qui firent rugir les tendidos. Le maestro de la Linea de la Concepcion s’appliqua avec courage et volonté réussissant à tirer de valeureux muletazos sur les deux cornes du Dolores. Il aurait dû prendre l’épée après avoir lidié héroïquement, mais Pacheco étira sa faena et se fit cueillir : voltereta sans gravité, plus de peur que de mal. Engagement total a matar. Entière.

 

En même temps que les applaudissements d’admiration crépitaient, le Président du Club Taurin Vicois confirmait la grave blessure de Roman et annonça que suite à sa prestation Miguel Angel Pacheco venait de se gagner l’entrée au cartel du lendemain face aux Pedraza de Yeltes. ¾ d’arènes

 

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Vic : La concours

 

 La Quinta, Tito Sandoval et Lopez Chaves, le trio gagnant.

-Rafaelillo (bleu Lamelas et or) : double silence

-Domingo Lopez Chaves (nuit de Chine et or) : oreille et silence

-Alberto Lamelas (bleu Rafaelillo et or) : vuelta et salut

 

La traditionnelle corrida concours vicoise démarra tambour battant et ne manqua pas d’intérêt avec ses 6 participants de présentations superbes, malgré des comportements divers en piste et le jeu plus ou moins incertain des picadors… 

Suite à  la grave blessure de Manuel Escribano deux semaines auparavant à Madrid, l’aficion vicoise retrouva avec plaisir un de ses héros favoris : Alberto Lamelas.

 

Saltillo : « Soriano », n°47, cardeño, né en 01/14. Ce toro d’ouverture réalisa le premier batacazo de la matinée au cours d’un tercio de piques durant lequel Esquivel réalisera une abominable et inacceptable prestation lors des 4 rencontres. Muleta en main Rafaelillo s’adapta sans trop forcer au manque de fond de son toro, le sollicitant beaucoup à la voix. Trois pinchazos – entière caida.

La Quinta : « Matablanca », n° 83, cárdeno oscuro, né en 10/13. Le trio gagnant réalisa LE tercio de piques référence. Bien mis en suerte, et bien piqué, Matablanca s’employa, poussa en brave et envoya au tapis lors des deux premières rencontres Tito Sandoval et son cheval Ali. Les arènes rugissent et glorifient leur Dieu Toro, et ses serviteurs du moment. Lopez Chaves toujours puesto et technique profita de la noblesse du Quinta, surtout de la corne droite, car à gauche cela ne passait pas. Entière avec engagement. Vuelta al ruedo posthume.

Partido de Resina : « Excitado », n°17, cárdeno oscuro, né en 01/15. Une estampe ! Le maître des lieux qui ne cessa de toiser son monde. Alberto Lamelas le reçut de deux largas de rodillas, avant qu’il ne vienne par trois fois au cheval sans franchement pousser. Le toro est noble, et malgré sa tête haute s’engage dans les passes de Lamelas télécommandées depuis le callejon par Tomas Campuzano. Alberto réalisa de profonds muletazos sur la corne droite avant de faillir épée en main. Pinchazo – Entière caida – trois descabellos.

Pagès Mailhan : « Judio », n°566, colorado ojo de perdiz, né en 05/15. Armé de deux poignards, il ne s’employa pas lors des trois rencontres règlementaires. Il s’avéra noble mais faible dans la muleta peu convaincante de Rafaelillo.

Flor de Jara : « Corchaito », n°45, cardeño oscuro, né en 12/14. Si le toro impressionna lors de la première rencontre, avec un nouveau batacazo, il fut plus réservé et mal piqué lors des deux suivantes. Au troisième tiers le Flor fut fade, manquant de transmission et malgré les efforts de Domingo qui essaya, même un peu trop longuement, rien n’y fit. Entière tendida.

Los Maños : « Joterito », n°37, negro entrepelado, né en 02/15. Le premier tercio fut assez brouillon et ne permit pas de réellement voir les qualités ou les défauts du toro au cours des trois rencontres. Alberto Lamelas s’appliqua muleta en main profitant de la bonne charge du Maños et fit preuve d’une certaine douceur dans ses muletazos qui ravirent ses fans inconditionnels et même les autres. Dans d’autres mains plus expertes, la faena aurait pu gagner en intensité, mais nous découvrons une nouvelle tauromachie chez Alberto, enhorabuena. Malheureusement au moment de vérité : deux pinchazos-entière caida. Ovation vicoise chaleureuse.

 

4/5 d’arènes  Menace de pluie et poussières sahariennes dans le ruedo Salut du banderillero Ivan Garcia sur le toro de La Quinta

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Vic : Les Cebada Gago

 

 Intéressants Cebada

-Octavio Chacon (ciel soutaché de noir et or) : Double saluts au tiers

-Ruben Pinar (marine et or) : Silence et sifflets

-Thomas Dufau (ciruella et or) : Oreille et oreille

A l’issue du paseo un vibrant et affectueux hommage fut rendu à Manolo Vanegas, l’unique torero à avoir pris l’alternative à Vic, miraculé des ruedos à la volonté incommensurable et à Denis Méliet, gascon j’goteur, disparu il y a quelques jours. En barrera sol trônait le célèbre tablier rouge du restaurant le J’go.

Pour leur retour dans ces arènes Joseph Fourniol les ‘’Herederos de Don José Cebada Gago’’ nous gratifièrent d’un lot à la présentation irréprochable : avec du trapio, des cornes astifines, des pelages divers et variés, et un comportement en piste au niveau de ce que l’on attend d’un toro bravo avec caste et noblesse. Ils furent âpres et exigeants mais pas intoréables pour peu que l’on veuille s’y mettre devant et ne pas jeter l’éponge. Ils s’employèrent tous sous le fer, mais leur bravoure fut difficilement mesurable tant les tercios de piques furent mal officiés. Quel gâchis !

 

Octavio Chacon eut la lourde tâche d’ouvrir cette course avec Gaspachero, après trois rencontres équestres, il brinda  à Manolo Vanegas une faena qui alla a menos. Octavio fut brusque et sur le reculoir. Entière caida.  Avec Espabilado, sûrement le plus encasté du lot, ce ne fut guère mieux. Brindis à Yann le responsable de la porte du toril, d’une faena au cours de laquelle Chacon fit preuve de courage faute de pouvoir faire mieux. Que pena ! Quatre pinchazos – entière caida. Sa temporada 2019 n’est pas à la hauteur des précédentes. Toujours un remarquable chef de lidia.

 

Ruben Pinar qui est rentré dans le circuit des « corridas dures » depuis déjà plusieurs temporadas laissa passer ses deux toros. Face à Ventero il fut fuera de cacho toute sa faena, toreant sur le voyage et regardant passer le train. Faillite aux aciers.  Avec le « 40 » qui prit 4 piques, bis repetita, la faena de Ruben tourna au vinaigre et il l’expedia ad patrem d’un vilain bajonazo.

 

Dès le tercio de piques Fandango ira a mas au cours des 3 rencontres. Thomas brinda à Manuel Rodriguez « El Mangui » banderillero hors norme de San Lucar victime d’un AVC en 2013. En début de faena, ce fut le Cebada qui mena la danse avant que Thomas Dufau ne réalisa quelques bonnes séries. Bel engagement à l’épée. Pétition minoritaire, oreille accordée incompréhensiblement par la présidence lourdement sifflée. Thomas, avec raison, l’abandonna à son peon avant d’engager sa chaleureuse vuelta.  Le dernier toro, né en octobre 2013 ( !) fut fort mal piqué. Thomas brinda à Manolo Vanegas une faena qui démarra mieux que la précédente. Le landais profita de la charge de Quejica en le citant de loin. Thomas s’appliqua, mit du cœur à l’ouvrage mais le Cebada permettait plus encore. Entière.

 

Salut à l’issue de la course d’Alberto, le mayoral de Cebada Gago  Saluts des banderilleros Abraham Neiro Campos et Manolo de los Reyes au 6ème.  2/3 d’arènes, les absents ont toujours tort. Temps estival

 

Reseñas : Vicente, photos www.photoslouise2z.com 

Vic : La novillada

 

 Déception ganadera !

-Andrés Lagravère ‘’El Galo’’ (ciel du Gers en deuil) : Silence et sifflets

-Dorian Canton (Bleu de France et or) : Oreille et oreille

 

Les Retamar se suivent mais malheureusement ne se ressemblent pas : ceux d’ouverture de ce Pentecotavic 2019, de bons trapios, manquèrent dans l’ensemble de force et de transmission à l’instar de leurs frères de la temporada précédente dans ces mêmes arènes.

 

Le premier Retamar ne s’employa pas lors des deux rencontres. Le franco-mexicain se chargea du second tercio. El Galo brinda au public d’abord, puis à Manolo Vanegas, l’invité d’honneur de la Féria, ensuite. Le novillo manqua de force et de charge et se mit rapidement sur la défensive au cours d’une faena où novillo et novillero allèrent ensemble a menos. Deux pinchazos – 2/3 de lame.  Lors de la première pique le troisième Retamar fit illusion en s’employant, il n’en fut rien sur la seconde. Le tercio de banderilles sera conjointement réalisé par Andrés et le trop rare David Adalid. El Galo et son Retamar peinèrent à accorder leur violon, le novillero se retrouvant trop souvent sur le reculoir. Débâcle aux aciers.

 

Dorian Canton attaque la dernière ligne droite avant son alternative bayonnaise à la fin du mois prochain. Son premier Retamar paru intéressant  d’abord dans la cape de Dorian où il embistait allègrement, puis lors de la seconde rencontre avec le lancier et enfin lors de l’entame de la faena en venant de loin dans  l’étoffe. Tous les espoirs étaient permis … malheureusement le novillo réduisit sa charge et il ne se passa plus grand-chose en piste jusqu’à un coup d’épée magistral qui justifia à lui seul la sortie du pañuelo au palco.  L’ultime Retamar réalisa un premier tercio sans éclat, lors de l’entame de sa faena par cambiadas changées dans le dos, novillero et novillo se retrouvèrent tous les 2 aux sols en plein centre du ruedo suite à un croche-patte. Ce Retamar semblait permettre, mais Dorian resta trop sur le passage et en retrait sans s’imposer jusqu’à une bonne série de muletazos sur la corne droite. Dommage la messe était dite. Après une estocade impressionnante d’engagement, de sincérité et d’efficacité, bien qu’un peu caida, le public obtint l’oreille de la sortie en triomphe.

 

Salut du banderillero Manolo de Los Reyes au 4ème novillo.  A noter la présence de la cuadra de caballo Garcia en remplacement de celle d’Alain Bonijol dont les chevaux sont actuellement en quarantaine. Demi-arène. Temps agréable.

 

Reseñas : Vicente, photos www.photoslouise2z.com