Dax : La Feria Toros y Salsa 2021…

Indétrônable Luque !

 

 -Daniel Luque (foie gras du Gers et or) : Deux oreilles, silence et deux oreilles

 -Andrés Roca Rey (sparadrap et or) : oreille, silence et deux oreilles

 

Après la Féria de Dax du mois d’août sans féria, et ce Toros y Salsa sans salsa, arriva enfin ce mano a mano de luxe tant attendu entre les deux prétendants au trône de la temporada française 2021.  Face à eux six toros de Victoriano del Rio et de leur second fer, Toros de Cortes, corrects de présentation et très en pointe pour une telle affiche, mais manquant souvent de fond et de transmission. Dès leur arrivée au patio des caballos et un serrage de main des plus glacial, la competencia entre les deux toreros du jour se retrouva dans le ruedo et n’est pas prête de s’estomper. Enfin un réel mano a mano, ce qui nous change des duels commerciaux souvent proposés.

 

Dès sa sortie du toril le premier toro du jour sembla faible et sans allant, Daniel Luque n’insista pas capote en main, domaine où il excelle pourtant. Tercio de pique à deux rencontres pour la forme. Luque s’adapta à son toro et réalisa une faena d’infirmier, par le haut pour lui éviter les génuflexions sans forcer ni contraindre le bicho à passer dans l’étoffe. Les muletazos avaient du style mais la faena manqua d’émotion faute d’opposition. Final par cambiadas et luquesinas de la casa qui chauffèrent les tendidos. Entière efficace. Sortie des deux mouchoirs blancs d’un coup sans aucune raison. Bronca d’une partie du public pour l’octroi de ce second trophée prématuré.  Son second toro se fit remarquer durant le 1er tiers en poussant sous le fer avec bravoure lors des deux rencontres bien administrées. Quite de Roca Rey par chicuelinas auquel répondit aussitôt son conquérant de compañero. On regrettera qu’il n’y eût pas d’autres duels de quite entre ces deux capoteros. Faena brindée au public, mais Luque ne parvint pas dérouler son toreo face à un toro au comportement instable. ¾ . Descabellos  Le quinto, un petit noir léger restera discret sous le fer avant un quite par chicuelinas du sobresaliente Jeremy Banti, auquel l’avait convié Daniel Luque, chez les grands, tout est grand. Le maestro de Gerena brinda ensuite sa faena à « Lulu » le responsable de la piste dacquoise depuis 2003 et qui faisait sa despedida, chez les grands, tout est encore grand. D. Luque, main basse, profita de la noblesse de son toro, mais son manque de fond et de transmission limita l’envol de la faena. Final encimiste dans les cornes du bicho à la manière de Sébastien Castella à une certaine époque de sa carrière, à la Juan Leal et même à  la … Roca Rey. Entière caida. A nouveau 1 +1 oreille

 

Andres Roca Rey après son mano a mano à Arles de la veille, revenait à Dax suite à son passage au mois d’août. Son premier toro, juste de force, reçut sa ration de picotazos avant de se retrouver dans la muleta du péruvien. S’il la baissait trop le toro s’arrêtait dans la passe, alors ce fut tournicoti tournicota, et le toro dégoûté s’enfuit aux planches. Entière aux tablas.Après deux premiers tercios anecdotiques, Roca Rey débuta sa faena accoudé aux planches ce qui a le don dans les tendidos d’effrayer les uns et d’agacer les autres. Toro et torero se retrouvèrent dans une certaine brusquerie communicante tout au long de la faena. Final dans un mouchoir de poche entre les cornes, et clôture surprenant par luquesinas. Media. Descabellos.  Sorti en 6ème position le toro le plus encasté du jour, accueilli par de superbes gaoneras avant deux piques mouvementés, le toro cherchant à prendre le cheval à revers. D’entrée de jeu le peruvien fit passer l’envie à son toro de donner des coups de tête, et puis enfin le toréer à sa guise, avec une pointe d’Ojedisme, sans bouger, sur un terrain miniature, en se jouant des cornes. Entière engagée.

 

 Salut du banderillero José Chacon au 1er toro, de Juan Contreras au 3ème, ovation du picador Manuel Dios Quinta au 3ème Lleno de la jauge. Chaude soirée.

Dax-Pedraza c’était mieux avant

 

 -Morenito de Aranda (gazon anglais et or) : silence et salut au tiers
-Thomas Dufau (schtroumph et or) : silence et sifflets
-Gomez del Pilar (gariguette et or) : double salut au tiers

 

Depuis les grandes années des sorties triomphales des toros de Pedraza de Yeltes à Dax, la ganaderia a augmenté son rendement, et on les voit partout, notamment cette temporada dans le Sud Ouest avec pas moins de 5 lots (4 corridas + 1 novillada) ! Il n’est donc malheureusement pas si surprenant que le lot sorti hier en piste manquait de tout : de fond, de force, de bravoure et on trouva même chez certain une pointe de mansedumbre. A noter qu’à des degrés différents ils sortirent tous distraidos. Même si la présentation était inégale 3 et 3, on retrouva les toros charpentés et avec de la tête caractéristiques du fer de Salamanque.

 

Morenito de Aranda, après sa prestation méritoire de Bayonne le week-end dernier, montra une nouvelle fois qu’il est un torero professionnel et volontaire pour peu qu’il rencontre un toro qui permette. Après une bonne réception à la cape, le Pedraza viendra par deux fois au cheval sans éclat. Si à gauche ça ne passait pas, la corne droite permit à Morenito d’enchainer des muletazos de qualité mais en raison du manque de fond du toro la faena ira a menos sans transmission. Entière caida. Avis.  La mise en suerte de son deuxième Pedraza fut laborieuse, mais par trois fois il alla faire sonner l’estribo, toujours avec plus de violence que de réelle bravoure. D’entrée de faena, le Pedraza fut aimanté par les planches. Il fallut toute l’abnégation et les efforts techniques de Morenito pour le conserver dans sa muleta et lui enchainer de bonnes séries notamment à gauche. En fin de faena, le toro se colla aux planches et Morenito dut l’y estoquer non sans difficulté. Entière caida.

 

Thomas Dufau qui finissait par cette corrida de fêter ses 10 ans d’alternative passa une triste après midi. Restant collé aux planches capote en main à la limite du débordement, il mena par deux fois son Pedraza au cheval. Il accumula les séries sur les deux cornes mais sans transmission et sans peser sur son toro. La musique joua, et à partir de là la faena déclina. Défaillance aux aciers. Deux avis.  Le cinquième Pedraza fit le spectacle tant attendu en renversant par deux fois la pièce montée et en partant de très loin lors d’une 3ème rencontre somme toute assez anecdotique. Entame de faena par cambiadas changées dans le dos au centre du ruedo qui pesèrent sur les tendidos. Souvent mis en difficulté le montois ne parvint jamais à trouver le bon sitio et à dominer son Pedraza. ¾ . Descabello. Avis

 

Gomez del Pilar après sa remarquable prestation vicoise face aux Escolar était très attendu à Dax. Comme à son habitude il alla accueillir ses deux toros à porta gayola. Le premier hésita dès sa sortie du toril, se figeant sur place, en face à face avec Gomez del Pilar d’un stoïcisme remarquable avant d’enchainer capote en main. Le Pedraza ira par deux fois au cheval, non sans intérêt, puis une 3ème fois placé par Morenito de Aranda de l’autre bout. Arrivé au 3ème tiers le Pedraza s’avèra juste de force et manquant de fond, qu’à cela ne tienne GdP s’y adapta et réalisa une faena alliant sincérité et classicisme, avec des muletazos temple. Deux pinchazos. Entière. Avis.  Belle larga de rodilla à la sortie du toril pour accueillir son second Pedraza de 618 kg. Après les 3 piques règlementaires bien mises en suerte, le toro arriva dans la muleta de Gomez del Pilar exigeant et violent. Le madrilène s’arrima pour une faena brindée au public, réalisa de bonnes séries de derechazos mais le tout manqua de transmission. Défaillance aux aciers. Avis.

 

Salut des banderilleros Abraham Neiro et Manolo de Los Reyes au 5ème toro, et ovation du picador Nicolas Bertoli. Lleno de la jauge. Soleil d’automne

Reseñas : Vicente, photos www.photoslouise2z.com


Feria de Dax 2021

Dax 5eme : La gueule de bois

 

 -Miguel Angel Perera (carmin et or) : double silence

 -Juan Leal (cendre et or) : oreille et salut au tiers

 -Ginés Marin (violine et or) : oreille et silence

 

Après la toreria de Morante, le temple de Luque et la bravoure des La Quinta durant les deux jours précédents, comme après un bon festin, le lendemain, c’est dur.  Et dans le dur nous y fumes avec un lot de Santiago Domecq, desigual, assez bien présenté, mais manquant cruellement de fond. A l’exception du 3ème tous étaient nés au 4ème trimestre 2015. Y a-t-il un lien de cause à effet ?

 

Miguel Angel Perera avait comme on dit la tête des grands jours … « Afortunado » fut ménagé à la pique avant que Juan Leal ne lui fasse le quite. MAP brinda au public et attaqua son Santiago par le haut, pieds joints au sol. Mais l’on comprend vite que le toro ne va pas durer. Perera, malgré tout, enchaina passes et séries, mais sans aucune transmission, ce qui sera d’ailleurs le fil rouge de la tarde. Toro et faena vont a menos. Entière caida. Sifflets à l’arrastre. « Fenomeno » ne l’est que par le nom. Deux rencontres règlementaires avec le fer avant un échange de quites volontaires entre Juan Leal et Miguel Angel. Sa faena fut inodore, incolore, sans saveur et de surcroit beaucoup trop longue. L’ennui s’est définitivement installé sur les tendidos. Mete y saca, pinchazo, descabello.

 

Juan Leal, chaud bouillant réceptionna « Chistoso »  par des véroniques et une larga genoux à terre ; ce n’est pas très esthétique mais fortement spectaculaire. Le toro poussa lors de la première rencontre, bloquant la pièce montée contre la talanquère. L’arlesien brinda au public avant de s’agenouiller, de nouveau, au centre du ruedo pour une entame de faena, brindée au respectable, par des cambiadas dans le dos. J. Leal le cita en suite de loin pour des séries de derechazos, mais rapidement il réduit les terrains au maximum. Final par luquesinas. Pinchazo, entière caida avec l’engagement spectaculaire qu’on lui connait au moment de vérité.  Oreille (du public). Le quinto de l’envoi d’une grande noblesse fit illusion quelques instants mais son manque de force fit s’envoler tout espoir de faena digne de ce nom. Le torero d’Arles déroula son toreo encimiste réduisant les terrains à peau de chagrin. Si le début fut soutenu par le conclave, rapidement les sifflets fusèrent durant l’ultime série de rodillas. Entière.

 

Ginès Marin – Santiago Domecq, le retour ! Malheureusement beaucoup d’eau a coulé sur les berges de l’Adour depuis l’indulto de Lebrereo en 2018, et la rencontre du jour ne fut pas à la hauteur des attentes. Toro, torero et faena furent d’une fadeur grandissante. Le travail fut fait, proprement, mais sans aucune transmission. Mais cela ne sembla pas déranger une partie du public qui réclama et obtint une oreille. Celle du souvenir peut être … L’ultime Santiago Domecq, un melocoton dont la sortie en piste réveilla les tendidos plein d’espoir, surtout après un premier tiers où il s’employa lors des deux piques. Malheureusement le bicho n’a pas plus d’essence dans le moteur que ses frères, et tira rapidement le frein à main à la fin des passes. Entière, avis.

 

Saluts des banderilleros Javier Ambel au premier et de Marco Leal au sixième toro.  Lleno de la jauge. Temps nuageux. Quelques gouttes de pluie en sortie.

 

Reseñas : Vicente, photos www.photoslouise2z.com

Dax 4eme : Oreille pour JF Molina et L Gutierrez

 

Les deux affichant profondeur et esthetisme pour cette matinale de Dax devant une novillada de Zacarías Moreno qui a permit aux quatre toreros de s’exprimer.

 Pour cette novillada piquée matinale, le mentor du jeune Manuel Perera, le maestro Juan José Padilla fut acclamé dès son entrée au callejon avant le paseo. L’ovation fut tellement grande, qu’il dut entrer en piste pour saluer. Quatre novillos de Zacarias Moreno furent de présentation correcte mais hétérogène au niveau des armures. Ils ont montré quelques bonnes dispositions aléatoires mais manquant de fond et de bravoure.

 

Jean Baptiste Molas fut très discret. Il fut quelque peu en difficulté, se faisant accrocher les leurres sans rentrer dans les terrains non plus.

José Fernando Molina fut enthousiaste et se comporta en vrai novillero. De l’envie, des qualités et des erreurs logiques. Il alla recevoir son adversaire à porta gayola. Le novillo est manso au cheval mais mobile par la suite. Molina lia de bonnes séries sur les deux bords avec profondeur, et l’envie de triompher.

 Manuel Perera alla aussi à porta gayola, avec l’envie de triompher également, en restant debout capote dans le dos. Après un début de faena à genoux, le novillo s’éteint rapidement et se montre court de charge. Le protégé de Padilla se livra alors à une faena tremendiste mais plus brouillonne que de domination.

 Leandro Gutierrez livra une prestation honorable et appliquée dans ses gestes. Conseillé par Alberto Aguilar, le mexicain construisit une faena intelligente avec douceur mais qui manqua de transmission. Il conclut d’une bonne épée.

 

-Jean Baptiste Molas (blanc et azabache), silence

 -José Fernando Molina (anthracite et or), oreille

 -Manuel Perera (sangre y oro), salut

 -Leandro Gutiérrez (vert lagon et or), oreille

Dax 3eme : Luque, Maître artisan du Temple

 

 -Daniel Luque (havane et or) : une oreille et deux oreilles

 -Emilio de Justo (spiruline et or) : une oreille et une oreille

 -Adrien Salenc (corail et or) : silence et applaudissements

 Il y a des lots qui marquent une temporada, aussi courte soit elle cette année, ce fut le cas pour ces toros de La Quinta. S’il paraissait un peu desigual de trapios et de cornes, ce lot eut en dénominateur commun bravoure et mobilité. Ah les petits gris de santacoloma !

 

Daniel Luque, que l’on ne présente plus dans le Sud Ouest où il collectionne les triomphes, s’est assis sur le toit de l’Olympe taurin. Son premier toro, après avoir poussé sous le fer lors des deux reprises, sembla allergique à toute étoffe. A peine la muleta franchie, il s’en désintéresse hautainement. Mais à force de patience, Luque parvint à lui apprendre à embister et enchaine les séries de derechazos puis de naturelles avec temple et douceur. Le maestro de Gerena montra encore une fois qu’il est un des meilleurs lidiadors du moment. Entière.  Le quatrième s’employa sous la première pique avant que Daniel Luque ne le mette en suerte au milieu du ruedo dacquois d’où il démarra pour affronter la cavalerie une seconde fois. Le torero de Gerena brinda au public une faena qui restera gravée dans les mémoires d’aficionados. Si au début toro et torero se cherchent, tâtonnent, petit à petit chacun prend ses marques. La faena se construit, la musique démarre. Trop tôt semble répondre « Dani » qui l’a fait stopper net. Quelques minutes et séries plus tard, il demanda à l’Harmonie de la Nehe de reprendre sa partition. Et là, la symphonie du temple, de la douceur et de la suavité explosa. Tout était parfait, mieux que dans un rêve, s’enchainant des muletazos d’une profondeur infinie. Final par passes inversées et luquesinas d’orfèvrerie qui finissent de mettre en ébullition les tendidos dacquois. Entière. Cacophonie : les uns réclament le rabo, les autres la vuelta du toro ; et au final ce ne fut ni l’un, ni l’autre. Bronca. Voilà de quoi alimenter les discussions des longues soirées d’hiver sans toro.

 

Emilio de Justo, l’autre enfant chéri du Sud Ouest, se fit remarquer à Dax. Son premier La Quinta provoqua un batacazo à la première rencontre et s’employa sur la seconde. Quite d’Adrien Salenc par chicuelinas aussitôt répondu par Emilio également par des chicuelinas de haute volée. Remarquable entame de faena par doblones genoux ployés au sol, Emilio profita au maximum de la noblesse de son La Quinta, mais sa faena ambidextre manqua un peu d’éclat. Entière.  Après l’œuvre de temple créée par Luque au 4ème toro, qu’il était difficile de passer en suite. Les deux premiers tercios furent remarquables de professionnalisme, le toro faisant preuve de bravoure et laissant apparaitre une noblesse débordante. Il ne demandait qu’à embestir dès qu’Emilio lui présentait son étoffe. Mais après la douceur de Luque, que les muletazos et les postures de De Justo paraissent brusques et automatisées. Entière. Forte pétition de la seconde oreille. Mouchoir bleu du rachat. Bronca.

 

Adrien Salenc tira le « garbanzo negro » du lot, bataillant sous le fer et manquant de race au dernier tiers. Le jeune français s’arrima, tenta de faire son maximum mais ce fut difficile de ne pas se faire déborder. Entière.  Avec l’ultime, Adrien sut profiter de la bonne corne droite de son La Quinta avant un désarmé et une faena qui baissa rapidement en intensité. Entière.

 

Sorties a hombros de Daniel Luque, du mayoral et de Pepe Conradi par la Porte Principale, Emilio de Justo leur emboitant le pas alors qu’il devait règlementairement sortir par la porte opposée. Encore un sujet de discussion pour les longues soirées d’hiver sans toro.  Saluts des banderilleros Morenito d’Arles au deuxième, Manuel Gomez au cinquième, Marco Leal et Fernando Sanchez au sixième toro.  Lleno de l’aforo. Temps chaud

 

Reseñas : Vicente, photos www.photoslouise2z.com:

Dax 2eme : Le trophée pour Mario Navas

 

Remplaçant le rondeño Juan Carlos Molina Gil 'El Moli', l’élève de l’Ecole Taurine de Salamanca s’est vu attribué le Prix de la ville de Dax et de l’ACOSO.

En matinée si les novillos d’Alma Serena (3,4, et 6) n’ont pas démérité, ceux de La Espera (1,2 et 5), d’origine Jandilla, impressionnèrent par leur caste, leur race et leur fond, avec une mention particulière pour le second primé d’une vuelta posthume. Côté novillero, c’est Mario Navas de l’école taurine de Salamanque, coaché par José Ignacio Sanchez, qui survola les débats par sa maestria et son toreo cape et muleta en main.

 

Trois erales de La Espera (1º, 2º honoré d’une vuelta al ruedo et 5º) et trois de Alma Serena.

 -Eric Olivera (Badajoz), silence après deux avis.

 -Mario Navas (Salamanca), oreille après avis.

 - Germán Vidal 'El Melli' (Sanlucar), silence.

 -Ismael Martin (Salamanca), salut au tiers

 -Marcos Linares (Linares), oreille.

 -Tristan Barroso (Landes), oreille après avis

 

Reseñas : Vicente

Dax 1ere : La Toreria

 

-Morante de la Puebla (vanille et sa gousse) : silence et vuelta

 -Andrés Roca Rey (neige du Huascaran et plata) : oreille et deux oreilles

 -Pablo Aguado (cogollo et or) : salut et silence

 Un cartelazo de figuras del toreo fut servi pour ce démarrage de la Féria de Dax 2021, sans féria. Malheureusement comme fort trop souvent pour des cartels de cette catégorie, le toro brilla par son absence. Ce sont sept (1bis) medio-toros de Nuñez del Cuvillo qui sortirent en piste corrects de présentation, commodes de tête, mais sans force ni poder.

 

Après s’être cassé une corne en rematant sur un burladero « Violeta » fut remplacé par un sobrero du même fer. Lors de la première rencontre avec la cavalerie, c’est cette fois le palo qui cassa. Morante sembla décider muleta en main mais « Gavilan » n’a pas d’entrain, la faena ambidextre fut parsemée de quelques gestes et postures du Maestro de la Puebla, mais les Morantistes restèrent sur leur faim. Epée caida. Sifflets à l’arrastre.

 « Polvorillo » permit à José Antonio de laisser parler son capote, et laissa sur la sable dacquois les traces d’une demi made in Morante. Vrombissements dans le parc Théodore Denis. Le Maestro de la Puebla profita du fond de noblesse de son Nuñez et étira au maximum une faena qu’il modela tout en finesse du début à la fin. Il collectionna les plus beaux gestes taurins de la tarde : derechazos d’école, naturelles de musée, trincheras d’époque, molinetes du passé. De la toreria à l’état pur. Entière caida. Vuelta affectueusement réclamée par les tendidos, effectuée en petite foulée, le sourire aux lèvres par le maestro du jour. Final glorieux, mais sans trophée.

 

Nous retiendrons surtout de la première actuation d’Andrès Roca Rey, son quite par d’élégantes chicuelinas ajustées. Pour le reste, le péruvien toréa plus le public que son toro soso jusqu’à ce que ce dernier ne l’envoie valdinguer dans les airs. Vexé dans son amour propre, ARR fit enfin l’effort de toréer un peu plus de verdad abandonnant les passes et repasses sur le passage, avec notamment une série de derechazos de haute facture. « Tabacalero » pris dans cette tourmente taurine s’éteint, Roca Rey réalisa un final encimiste mais sans classe entre les cornes. Entière.  Et oui, « no hay quinto malo ». Le Péruvien hérita du toro le plus mobile à la charge franche et allègre et à la luxueuse corne droite. Entame de faena genoux au sol pour peser sur le conclave. La suite est bien déroulée, mais trop souvent surjouée. Les paillettes ne sont pas la toreria. Cela manque de fond, et de réelle transmission. Nouvelle clôture encimiste entre les cornes pour s’assurer les trophées. Final triomphal, mais sans gloire.

 

Le moins que l’on puisse dire c’est que Pablo Aguado n’aura pas marqué les esprits des aficionados dacquois. Peut être n’est il pas fait pour toréer un vendredi 13. Il servit à « Assesino » une chiffonnade de véroniques avant une rencontre avec chacun des picadors. Comme à son habitude Ivan Garcia fut remarquable palos en main. La faena ne décolla jamais, le sévillan ne forçant pas et ne trouvant pas les clefs de son Nuñez del Cuvillo. Entière caida. « Luminito » et Aguado étaient faits pour se rencontrer, l’un manquait de force et de charge et l’autre d’envie ; à moins que ce ne soit l’inverse.

 

Lleno de l’aforo. Temps chaud et nuageux.

 

Reseñas : Vicente, photos www.photoslouise2z.com


Ils toréèrent avec les mouchoirs de leurs grand-mères

 

 -Miguel Angel Perera (alternative et argent) : silence après deux avis et deux oreilles

-Daniel Luque (sable des arènes de Dax soutaché de noir) : silence et deux oreilles

-Pablo Aguado (aubergine et or) : silence et oreille

 

Que dire sur la prestation des toros de Luis Algarra ? Jamais deux sans trois ? Après les courses de Mont de Marsan et Bayonne il est encore sorti un mauvais lot des terres de La Capitana : des toros justes de présentation, sans race, sans fond, sans caste, sans … surtout les trois premiers, un peu moins pire les trois derniers.

On passera donc rapidement sur les trois premières faenas des diestros du jour au cours de laquelle Perera déroula des kilomètres de muletazos frôlant le 3ème avis, Luque resta marginal et s’en débarrassa d’un bajonazo, idem pour Aguado.

 

Si le quatrième Algarra s’appelait « Inventor », c’est bien Miguel Angel Perera qui se l’inventa, son toro. Limite invalide MAP entama une faena technique qui déclencha la musique, ce qui eut le mérite de réveiller le conclave. Perera conjugua la douceur et l’autorité au fil des séries, réduisant peu à peu les distances au maximum pour finir entre les cornes, dans un mouchoir en dentelles, son toro ne pouvant pas aller plus loin. Final par luquecinas. Entière. Deux oreilles, là où une seule aurait suffit.

 

Daniel Luque se montra grand capeador à la réception « d’Ojeador », maniant la cape comme seuls certains andalous savent le faire, nous gratifiant de véroniques de haute joaillerie. L’Algarra, du même tonneau que ses frères, son fond de noblesse n’échappera pas au torero de Gerena qui s’en emparât pour construire son triomphe. Durant une faena des plus classiques brindée au public, toute en sobriété et élégance, le toro ira a menos, mais l’intensité de la toreria de Luque ira elle a mas. Le sevillan reprit son bien, précédemment emprunté par Perera, et réalisa trois séries de luquecinas, puis réalisa un tour de passe par circulaire dans le dos avec une muleta réduite à la taille des mouchoirs de sa grand-mère. Les tendidos exultèrent ! Pinchazo, entière.  Il jeta son mouchoir de muleta sous le mufle du toro qui s’y réfugia pour y mourir. Y a-t-il une Puerta Grande qui résistera à Daniel Luque ?

 

Pablo Aguado, après son insipide prestation bayonnaise, se devait de redorer son blason dans le Sud Ouest. Après son triomphe à Ronda, il montra lui aussi face à Rondo, qu’il sait manipuler la soie comme personne. Bien que fade et sans grande force, l’Algarra offrit sa noblesse au Sévillan, lui permettant ainsi de nous gratifier de quelques muletazos de qualité. Entière.

 

Le banderillero Javier Ambel salua au 4ème 4/5ème d’arènes Soleil d’automne

 

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Diego San Roman tire son épingle du jeu

 

 -Diego San Roman (ciel d’automne et or) : oreille et salut après avis

-Alejandro Mora (pompier et or) : salut et silence après avis

-Jean Baptiste Molas (vanille soutaché de noir) : salut et silence

 

José Cruz et les novilladas dacquoises, ça commence à faire une longue histoire, mais cette fois-ci, si la présentation fut au rendez vous, malheureusement le manque de force et la fadeur aussi.

 

Pourtant sur la première pique du tambour major, tous les espoirs furent permis : le novillo poussant avec une certaine bravoure sous le fer … mais ce ne fut qu’un mirage. San Roman entama sa faena par des doblones avant de bonnes séries de derechazos, le final près des tablas manqua d’intensité. Entière caïda. Où y avait-il pétition d’oreille ? Le quatrième fut comme les autres, sans force et sans transmission. Le mexicain entama sa faena main gauche, mais réduisit trop vite les terrains, ce qui accéléra la déchéance de son novillo en l’étouffant. Deux pinchazos, trois descabellos. Avis.

 

Alejandro Mora, montra d’entrée de jeu qu’il sait manier le capote. Muleta en main, bien qu’il y ait une certaine élégance dans ses muletazos, notamment les doblones d’entame, la faena brindée au public manqua de consistance et de saveur. On retiendra surtout les naturelles de clôture de face, pieds joints. Deux pinchazos, entière. Tout cela sous le regard en callejon de son oncle, le « grand » Juan Mora.  Le quinto ne fut pas un cadeau, sa charge était limitée et il ne se privait pas à chaque sortie de passe de jeter de grand coup de tête ce que ne parvint pas à régler le jeune Mora. Le novillero étira la faena au-delà du raisonnable et de l’acceptable pour le public avant une nouvelle difficulté aux aciers. Pinchazo, entière, avis.

 

Le troisième novillo de José Cruz ne mit pas en confiance le jeune dacquois capote en main.  Sûrement le plus encasté du lot ce fut celui qui s’exprima le plus lors des deux rencontres avec la cavalerie. Après un quite de Diego San Roman, Juan Bautista Molas profita de la mobilité de son novillo en le citant de loin, malheureusement ensuite, ce fut compliqué et brouillon. Mise à mort délicate puisque l’épée ne rentra pas mais immobilisa aussi sec le José Cruz qui s’affaissa. L’ultime sema la zizanie dans le ruedo en perturbant picadors et banderilleros. La faena brindée à la sœur de José Mari Manzanares, débuta de manière très allurée avant que le José Cruz ne déborda Jean Baptiste dont le bagage technique parut bien maigre pour se sortir d’un tel piège. Heureusement il montra sa maîtrise de la trinchera. Pinchazo, entière. Vuelta au novillo. Mais qui l’avait demandée ???

 

¼ d’arènes Petite laine à l’ombre

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Emilio de Justo sort en triomphe de son encerrona face aux Victorinos

 

 Dans la carrière d’un torero, ils sont peu à pouvoir afficher sur leur cv le fait d’avoir osé défier seul six toros de Victorino Martin. L’an passé à la même époque, Emilio de Justo triomphait encore face aux toros du sorcier de Galapagar. C’était presque une évidence qu’il devait pouvoir affronter six toros dans une seule tarde. A l’issue de cette tarde, les organisateurs dacquois proposèrent au torero de Cacéres ce défi. L’an passé, il aurait sans doute impacté encore plus qu’hier soir. La temporada d’Emilio ne fut pas de tout repos, avec de nombreuses blessures. Victorino Martin n’effectue pas non plus une grande saison entachée en plus d’un scandale dans les arènes voisines.   Emilio eut du mal à rentrer dans son encerrona, resta prudent sur les premiers. Pourtant sans une défaillance avec les armes, son triomphe aurait sans doute était plus important au niveau de la table de marque. Mais ce triomphe fut gagné dans la difficulté. Tout cela devant les caméras de Canal plus toros.

 

Les toros de Victorino Martin furent d’une présentation hétérogène, sans plus, et de comportements variés, compliqués dans l’ensemble, juste de force. Le noble troisième, l’exigeant et piquant le quatrième et le petit chat gris en ultime furent les plus les intéressants du lot. Ils furent malheureusement tous absents lors du premier tiers.

 

-Emilio de Justo (tabac et or) silence après avis, oreille!!, silence après deux avis, ovation, oreille et deux oreilles!

8/10ème d’arène. Sobresalientes Guerrita Chico et Jeremy Banti

 

Il fut invité à saluer à l’issue du paseo par le public qu’il ne cessa de l’encourager toute la tarde. Il reçut le premier par de belles véroniques. Le toro resta sur la défensive, sans se livrer, et Emilio tira quelques muletazos méritoires mais sans peser sur son adversaire et sans trop se croiser. Il pincha à de nombreuses reprises. Face au second, il livra une prestation honorable et avec de l’envie mais irrégulière. Après un début intéressant, le toro resta court de charge et compliqué. Il logea une entière au second essai nécessitant l’usage du descabello et reçut un trophée incompréhensible avec une pétition aussi minime. Face au troisième, il réalisa sa meilleure faena de la tarde face à un adversaire noble allant à mas. Une faena bien construite, principalement à droite. Il lia des séries avec transmission et conclut par de très grandes naturelles de la main droite sans épée. Malheureusement, les récompenses s’envolèrent avec les armes. Face au quatrième, ce n’était pas le moment pour se reposer. Le Victorino fut exigeant pour les chevilles, se retournant vite. Un comportement typique de la maison. Emilio fut volontaire et s’engagea dans le combat, tirant le maximum avec autorité sans peser entièrement sur le toro. L’épée le trahi une nouvelle fois. Le cinquième sortit tambour battant du toril avant de vite freiner au premier tiers. Le toro fut noble mais sans transmission. Emilio lia des séries sans parvenir à s’imposer, et resta quelque peu en dessous des capacités de son adversaire. Il logea enfin une épée entière au premier coup, un peu basse et obtint pour cela un trophée. Avant l’entrée du sixième, le public l’encouragea et l’ovationna. Il donna le tout pour le tout et montra de la détermination dès la réception à la cape. Après un bon tercio de banderilles de l’excellent José Chacon et Miguelito, il s’engagea dans le dur combat que proposa le victorino, très sournois et compliqué dans ses charges. Le torero de Caceres combattit avec son cœur, sans relâche, mais dut concéder du terrain. Il s’engagea pour loger une grosse épée jusqu’à la garde, obtenant deux oreilles généreuses pour un triomphe conquit dans la difficulté. Il tenta d’inviter le ganadero à saluer, reprit par les sifflets, Victorino resta dans les gradins.

Vuelta a los toros pour Toreria


Dax 2019 : Reseñas : Vicente, photos www.photoslouise2z.com

 

Le meilleur pour la fin

 

 -Juan Ortega (pin des Landes et azabache) : double silence

-Alvaro Lorenzo (catadioptre et or) : oreille et sifflets

-Ginés Marin (vieille rouille et blanc) : salut au tiers et deux oreilles

 

Il incombait au lot de Santiago Domecq la lourde tâche de clôturer cette Féria de Dax 2019 jusque là plus qu’en demie teinte. Ce fut le lot le plus léger sur la balance, mais le plus complet, bien présenté et aux armures sérieuses.  Ces Domecq là sortirent en piste avec une grande noblesse, une pointe de piquant et du moteur ; malheureusement en face les piétons restèrent aux abonnées absents et regardèrent passer le train du triomphe jusqu’au 6ème.

 

Juan Ortega repartira de Dax aussi inconnu qu’il y était arrivé en remplacement de Tomas Campos blessé quelques jours auparavant à Cenicientos. Ces deux toros le mirent en difficulté, il recula beaucoup, toréant sur le passage au gré des voyages dans le ruedo de ces Santiago. On retiendra toutefois une superbe série de naturelles lorsque Destacado baissa de régime. Ce bétail là resta trop exigeant pour sa toreria.

 

Tarifeño qui impressionna par son armure et son alegria poussa avec une certaine bravoure lors de la première pique. La seconde fut symbolique. Alvaro Lorenzo entama sa faena par une bonne série de doblones, mais ne parvint jamais à se mettre au niveau de ce toro qui faisait l’avion sur la corne droite, et le dépassa sur la izquierda. Entière caida. Oreille généreuse du public du jour plus mélomane qu’aficionado à los toros. Le quinto étala sa mansedumbre s’employant lors de la première rencontre, fuyant la seconde, et s’échappant aux banderilles. Durant toute sa faena, Alvaro subit le fond de caste et la mobilité de Conspirator qui lui fit visiter tous les recoins du ruedo. Défaillance aux aciers. Quelques sifflets pour le torero qui a laissé passer un bon toro.

 

Ginès Marin, sûrement en froid avec les photographes de la planète taurine, nous gratifia d’un des costumes les plus laids qu’un sastre ait pu faire par erreur. Sacristan, était un chenapan, visitant la plaza avant de se jeter de lui-même dans le peto du picador titulaire puis aussitôt dans celui du picador de réserve. Le ton était donné. Ce fut dans une certaine confusion que se déroula le second tercio. Il arriva donc frais comme un gardon à l’ultime tiers où Ginés Marin se contenta d’accompagner de passes sans histoire son Santiago Domecq au fil de ses divagations dans le ruedo. Pinchazo. Entière. Hablaclaro sortit enfin. Il poussa énergiquement sur la première pique trasera mais se réserva sous la seconde. Juan Ortega, après être sorti des écrans radars, vint faire un quite de bonne facture. Ginès Marin brinda sa faena au public et s’engouffra dans la brèche du succès, en se mettant cette fois ci au mieux au niveau du toro. Ce dernier fut noblissime, avec un fond de caste et ne demanda qu’à charger pour peu qu’on le lui proposa avec fermeté et que l’on canalisa sa charge. Malheureusement, le jeune Marin préféra toréer le public plutôt que s’appliquer à toréer avec temple le Santiago Domecq. Entière. Vuelta al ruedo pour Hablaclaro. Le public était à point pour l’Agur. Sorties a hombros par la porte des cuadrillas de Ginès Marin accompagné du mayoral de Santiago Domecq.

 

Lleno de chez lleno Les nuages noirs nous épargnèrent 

Corrida de rejon de la Féria

 


Six toros de Sanchez y Sanchez bien présentés de bon jeu mais manquant globalement de fond, meilleur le 5eme Ranito N°71 honoré d’une vuelta al ruedo posthume pour :

 

-Andy Cartagena : deux oreilles et oreille
-Léa Vicens : salut et deux oreilles
-Guillermo Hermoso de Mendoza : oreille et silence

 

Andy Cartagena (trois oreilles) est sorti par la Porte Principale et de Léa Vicens (deux oreilles) par cette même porte invitée par son collègue !!!

 

Andy Cartagena plaça d’entrée la barre haute et spectaculaire monté sur Picaso et Luminoso, le tout tresbien rematé avec le rejon de mort. Il remit ça avec le 4eme, de nouveau sur Luminoso puis Apolo, mais là le rejon final mit un bémol a son actuaccion…

 

Lea Vicens salua après la mort de son 1er et une faena irrégulière mais afficha toute ses qualités devant le 5eme notamment avec Bético et Diluvio, aux banderilles courtes, le tout conclut efficacement

 

Guillermo Hermoso de Mendoza coupa l’oreille de son 1er arès un combat d’intensité inegale mais bien conclut. Il se montra plus spectaculaire face à son second, particulièrement avec Donatelli, mais là, l’épée lui fit défaut.

 

Le sobrero de la honte

 

 -Domingo Lopez Chaves (grenadine et or) : double silence

-Pepe Moral (muleta et or) : double silence

-Adrien Salenc (ciel et or) : oreille et chaleureuse ovation de sortie

 

Le lot d’Ana Romero déçut dans son ensemble, désigual dans sa présentation et malheureusement uniforme dans son comportement : faible et sans le piquant du Santa Coloma tant attendu. Le pire venant du 5ème bis qui portait bien son nom « Ternero » : un petit toro que l’on aurait pu croire échappé des corrales d’une novillada non piquée tant ses cornes étaient discrètes et son trapio léger. Un toro qui rappela le dernier des Victorino de Mont de Marsan le mois dernier. Un toro qui fait honte à une arène de 1ère catégorie. Mais comment a-t-il pu être embarqué ? Un toro qui va faire parler de lui pendant les longues soirées d’hiver.

 

Venu en remplacement de Rafaelillo sévèrement blessé à Pampelune, Domingo Lopez Chaves ne put laisser parler sa toreria magistrale tant son premier Ana Romero était faible, et il dut se contenter de l’accompagner en douceur de la muleta ne pouvant réellement le toréer, et encore moins le forcer à quoi que ce soit sous peine de chute du bicho. Pinchazo, entière caida, descabello.  Calarboya, le plus sérieux de l’envoi, poussa lors de la première rencontre sous le fer, avant de se réserver sous la seconde. Mais DLC face à ce toro qui permettait le plus, surtout à gauche, resta un peu dessous sans forcer ni s’investir réellement. L’Ana Romero fut difficile à fixer pour le moment de vérité. Deux demies, une entière.

 

Le second toro, manso, fut bien accueilli par Pepe Moral à la cape, tous les espoirs étaient permis. Mais la mauvaise temporada 2019 de Pepe se poursuivit ici aussi, certes peu aidé par la fadeur de Catequista. Il enchaina des séries ambidextres mais toujours profilé sans aucune transmission. Entière caida. Ruleta s’affala sous le peto lors de la première rencontre avec la cavalerie et en sortit handicapé, il fut donc renvoyé aux corrales dont il venait de sortir. Ce fut donc le pauvre petit « Ternero » et ses 505 kilos d’avant son régime qui le remplaça. Ce « novillo » paraissait encore plus malingre face au grand Pepe Moral. Sous la bronca rugissante des tendidos l’andalou toréa pour lui et profita de la noblesse évidente de cet Ana Romero, mais rien ni personne ne pouvait empêcher la bronca. Pinchazo, entière.

 

Adrien Salenc qui faisait sa présentation en tant que matador de toros dans ces arènes, vêtu de son costume d’alternative fut incontestablement le matador plus en vue de la tarde. Madroño était faible et chuta souvent dans le sable. Adrien sut intelligemment profiter du fond de noblesse de son Ana Romero, débutant sa faena, brindée au public, par des statuaires de gala. Adrien s’adapta aux limites physiques de son toro, et parvint à lui servir des séries ambidextres avec classe et toreria. Engagement total à l’épée : entière. Avec l’ultime ce fut compliqué : le public avait décroché et le faible Carrillero se décomposa très vite. Adrien fut bref. Nouvel engagement sincère à l’épée : entière.

 

4/5 d’arènes Temps chaud

Christian Parejo, de Chiclana, vainqueur des NsP de Dax

 

 Cette finale s’est disputée avec quatre excellents erales de La Quinta, bien dans le type, physique et moral. Niño Julián, du Centre Français de Tauromachie de Nîmes, est reparti bredouille pour avoir péché avec les épées.

Christian Parejo, de l’Ecole Taurine Francisco Montes “Paquiro” de Chiclana de la Frontera, a coupé la seule oreille de la course, à son second et remporte l’édition 2019 cette compétition ainsi que le prix des organisateurs du Sud-Ouest.

-Christian Parejo (bleu nuit et or) : salut et oreille
-Niño Julian (sangre y oro) : salut et salut après deux avis

Le vainqueur a également reçu une cape offerte par les clubs taurins Paul Ricard, Nino Julian recevant une muleta offerte par la même entité.

Deux oreilles pour Sébastien Castella

 

 -Diego Urdiales (schtroumph et or) : silence et oreille

-Sébastien Castella (lavandin de Sault et azabache, gilet or) : deux oreilles et salut

-Toñete (Marine Nationale et or) : silence et silence

 

En ce 16 août cela faisait 20 ans et 1 jour que Diego Urdiales devenait matador de toros dans ces arènes de Dax des mains de l’illustre Paco Ojeda, avec « El Cordobes » pour témoin. Pour commémorer cet anniversaire Elizabeth Bonjean, Maire de Dax et la commission taurine lui remirent en piste à l’issue du paseo une œuvre de l’artiste Lydie Arickx. Pour cet anniversaire, ce fut les toros de Jandilla que durent affronter les trois diestros du jour. Le lot correctement présenté, manqua de force mais possédait un fond de caste qui mis en déroute certain, et ne donnèrent pas envie de s’y mettre à d’autre …

 

Gerifalte, sûrement dérangé en pleine sieste, sortit en piste tout endormi, mais s’employa sous la première pique avant deux autres plus discrètes. Brindis de Diego à son père. Une fois dans l’étoffe d’Urdiales il chargea de façon désordonné et se retourna rapidement, mettant le torero de la Rioja sur le reculoir. Prudemment, il ne s’aventura pas sur la corne gauche, et conclut sa faena d’un gros engagement à l’épée. Entière caida et plate. Urdiales reçut Legendario par de classieuses véroniques à la cape, avant que le manso n’aille par deux fois au cheval et ne déborde la cuadrilla banderilles en main. Après avoir brindé au public, Diego nous gratifia d’une délicieuse entame par doblones pour mener le Jandilla au centre du ruedo. Urdiales profita de la bonne corne droite de son toro et déclencha la musique. A gauche, le passage fut bref et haché, le maestro ne s’y éternisa pas. Le toro se décomposa et la faena ira a menos. Urdiales se vit les pierres pour le placer et pris un avis avant un estoconazo qui à lui seul valait l’oreille accordée

 

Le premier Jandilla de Sébastien Castella après avoir visité le ruedo de fond en combles, sauta dans le callejon. Après un passage rapide auprès de la cavalerie et un second tercio avec des banderilles de la couleur du costume de Castella, Historico arriva au dernier tiers distrait. Sébastien brinda sa faena à l’artiste franco-colombien Diego Ramos. Violent sur les premiers cites, Sébastien régla par des derechazos son Jandilla avec persévérance et élégance. Passage peu convainquant à gauche, Sébastien termina sa faena par des muletazos avec temple et douceur. Entière efficace.  Lotero, fut manso, sortant seul et rapidement lors des rencontres sous le fer. Alors que Sébastien brindait au public, il échappa à la vigilance des peons et le chargea plein gaz au centre du ruedo. Castella réalisa alors une série de doblones montera en main. Le Jandilla avait à la fois le pied sur l’accélérateur et le frein chargeant violement ou pas. Malgré ce danger sournois, Sébastien s’évertua à construire une lidia adapté à un tel comportement, réalisant notamment en milieu de faena une cambiada qui fit sursauter les tendidos. Entière trasera. Déception visible du maestro qui, à la fin de la corrida, quitta l’arène à pieds.

 

Rufian malgré ses 515 petits kilos sortit en piste faible et après deux piques et une vuelta de campana. Il s’étala sur le sable à la sortie de la première passe de Toñete et se releva la mécanique complètement déglinguée marchant en crabe et s’affaissant régulièrement. Le jeune matador ne put qu’abréger. Entière, descabello.  Le jabonero de l’envoi subit deux cariocas de gala, qui valurent au picador de sortir sous les sifflets et les quolibets du public. Toñete brinda au public une faena qui ne décolla jamais par faute de métier et manque d’expérience face à ce Jandilla exigeant  qui resta inédit. Pinchazo, entière caida.

 

9/10 d’arènes Temps estival

En matinée devant une demi-arène et face à des erales intéressants de Miranda de Pericalvo, Cristian Parejo et Nino Julian se qualifièrent pour la finale des novilladas non piquées

-Uceda Vargas de Camas (bleu de Nazaré et or) : vuelta

-Christian Parejo de Chiclana (bleu nuit et or) : oreille

-Pablo Jaramillo de Salamanque (saumon et or) : salut après un avis

-Tristan Espigue d’Arles (bleu nuit et or) : oreille

-Nino Julian de Nîmes (blanc et argent) : deux oreilles

Oreille pour Chacon mais Luque …

 

 -Octavio Chacon (foie gras des Landes soutaché de noir et or) : salut et oreille

-Daniel Luque (bout de zan et or) : vuelta et silence

-Juan Leal (cœur de bœuf et or) : double silence

 

Compte tenu de l’Histoire qu’écrivent les Pedraza de Yeltes d’année en année dans ces arènes, de leur bonne course de Vic à Pentecôte, et des deux bons exemplaires sortis la veille à Bayonne, les toros de Luis Uranga étaient un des cartels phare de cette féria dacquoise. En y programmant devant un gladiateur des temps nouveaux, Octavio Chacon, un torero en pleine bourre et en totale sérénité, auréolé de son succès bayonnais, Daniel Luque, et un espoir à la vaillance débordante, Juan Leal, on avait là une ‘’corrida d’expectation’’.  Malheureusement l’adage se vérifia une fois encore, et c’est avec une certaine dose de déception que nous quittèrent les arènes à la fin de la course. Superbes de présentation, dans le type de la maison : haut et bien armé, sans excès de surpoids (de 540 à 595 kgs), ils manquèrent de bravoure au cheval, et de race et de fond à la faena.

 

Octavio Chacon, toujours remarquable chef de lidia, hérita d’un Pedraza d’ouverture qui poussa lors de la première et longue rencontre sous le fer, mais s’économisa sous la seconde.  Le maestro de Prado del Rey profita du fond de noblesse de Niñoso, mais sa charge était courte, à droite les muletazos s’enchainèrent bien, alors que la corne gauche resta impraticable. Octavio étira à l’excès une faena qui alla a menos. Entière. Pétition minoritaire et tentative de vuelta avortée.  Octavio s’efforça de mettre en valeur Mirante lors des deux piques en le plaçant au centre de la piste pour la seconde. Il entama tambour battant sa faena en le citant de loin, le Pedraza venant s’engouffrer dans l’étoffe en humiliant. Chacon ne rata pas le coche et profita de l’alegria de son toro pour réaliser de bonnes séries sur les deux cornes. Entière.

Daniel Luque fut invité à saluer avant la sortie en piste de son premier toro en honneur de sa bonne prestation bayonnaise lors de son seul contre 6. Son Pedraza fit illusion lors du premier tiers. Dani débuta sa faena par une série de doblones qui fit démarrer la musique, mais le maestro la fit taire aussitôt. Le toro fut court de charge, mais Luque le guida dans sa muleta avec fermeté et profondeur. Un pinchazo, une entière caida, et un puntillero en indélicatesse lui coutèrent les trophées. Deux avis.

Le quinto, sans toucher les étoiles, fut le plus ‘’Pedraza’’ au premier tiers : sur la première rencontre il fila directement sur la cavalerie et renversa la pièce montée. Mira-Bajo vint ensuite à trois reprises, dont les deux dernières du milieu de la piste avec une certaine alegria. Le picador José Manuel Perez Garcia salua après son actuation et regagna ses pénates en musique. Daniel brinda sa faena à David, le responsable des corales. Comme c’était à craindre le Pedraza laissa toutes ses forces dans la bataille du premier tiers et arriva vidé dans l’étoffe de Luque qui l’avait bien mis en valeur. Le maestro de Gerena abrégea une faena qui ne décolla pas. Pinchazo, bajonazo.

 

Juan Leal fut peu chanceux au sorteo, Porteño, le plus faible de l’envoi, ne permit pas grand-chose même si Juan s’évertua à le faire passer avant un final trémendiste. Deux pinchazos, entière. L’ultime déborda Juan capote en main, il prit en suite deux piques sans s’employer sous  le fer. Début de faena par cambiadas au centre du ruedo, après de bonnes séries de naturelles, le Pedraza coupa le moteur et Juan retomba dans ses travers du toreo kamikaze qui lui valut les sifflets du public. Demi lame, entière. Deux avis.

Les banderilleros Raul Caricol, Marco Leal et Manolo de Los Reyes furent invités à saluer. No hay billetes Temps agréable.

Dax 1ere : Matinée de figuras …

 

 -Enrique Ponce (ciel de Provence et or) : silence et oreille

-José Maria Manzanares (sang et or) : silence et oreille

-Cayetano (bleu France et or) : double silence

 

Cette matinée de toros ne restera pas dans les anales, à part peut être pour le retour dans les ruedos de l’hexagone d’Enrique Ponce après sa blessure et de la Cavalerie Bonijol après sa mise en quarantaine. En effet, comme malheureusement trop souvent dans les courses de figuras, le lot de toros étaient plus que juste de présentation, à la corpulence légère et aux armures commodes, décastés et manquant de force. Toros de Victoriano del Rio et de Toro de Cortes (2ème).    Enrique Ponce fut invité par son public de Dax à venir saluer à l’issue du paseo, c’est qu’entre ces deux là l’histoire est déjà longue.

 

Breviata sortit faible, il fut ménagé lors des deux rencontres règlementaires, et la présidence abrégea le second tercio au bout de 3 banderilles. Gêné par le vent, et en raison de l’absence totale d’opposition, Enrique empila les séries sans conviction. Trois pinchazos, entière caida.  Le 4ème fut rapidement remplacé par un sobrero du même fer. Avec Marginado, le roi Enri se rappela aux bons souvenirs de ses fans à qui il brinda sa faena. Il leur montra qu’il n’avait rien perdu de sa souplesse légendaire et débuta sa faena par des séries de doblones genou à terre. Sans toutefois trop forcer, mais avec son toreo précieux, il enchaina en musique les séries ambidextres jusqu’aux poncinas de la casa. Entière caida

 

Après deux mauvais premiers tercios, José Maria Manzanares entreprit Dulce au cours d’une faena longue et insipide. J2M le toréa sur le voyage avec sa grande voile qui lui sert de muleta. Bajonazo.  Face à Casero, le plus léger de l’envoi 510 kgs, José Maria profita de sa charge en le toréant avec fermeté et autorité, ce dernier répondant au moindre toque, et déclencha la musique. Après avoir tenté plusieurs fois le recibir, J2M conclut d’une entière caida hémorragique et efficace.

 

Drosero et ses 545 kilos, fut sûrement le toro le plus intéressant au premier tercio, en s’employant lors des deux ratios de fer, plus longues que de raison. Après le quite d’Enrique Ponce, Cayetano brinda sa faena au public, mais le Victoriano était tardo, et passa plus de temps à gratter le sable, qu’à charger la muleta. Deux pinchazos, entière.  Avec l’ultime, manso, circulez y a rien à voir, Cayetano ne fera aucun effort. Pinchazo, entière.

 

Saluts des banderilleros Jocho et Jaime Padilla au quatrième Casi lleno