Céret de toros 2021

 

Corrida déception.

 

 Six toros de Raso del Portillo

 -Fernando Robleño (vert menthe et plata) : salut – silence

 -N. Gomez del Pilar (blanc et plata) : avis et silence – silence

 -Maxime Solera (blanc et or) : avis et silence – avis et silence.

 Président : B.Sicet. Soleil et vent. 4/5 d’arène.Salut des  banderilleros de Robleño au 1er et de Solera au 6ème.  Ovations aux piqueros  Aguado  (2ème),  Aillet (3ème)  et  De Pedro (6ème)

Des  toros  bien présentés et  très armés mais décevants de comportement, s’employant inégalement au cheval (17 rencontres)  manquant de race avec des charges plus ou moins brusques  et des têtes levées, deux défauts qu’aucun des trois matadors du jour n’a su corriger. A l’arrivée, un tarde très décevante dont les meilleurs moments ont été ceux que nous a offerts la Cobla Millenaria qui a reçu les applaudissements les plus fournis de la journée.

Le premier Raso remate violemment au burladero et répète avec vivacité dans le capote de Robleño . Le toro rentre avec force et pousse sous un premier puyazo tombé, mais se fait prier pour une seconde rencontre qui se solde par un pique levée dans l’épaule. Au dernier tiers, ce toro est celui qui offrira le plus de possibilités à la muleta, malheureusement Robleño  en manque de confiance subit plus qu’il ne domine la charge un peu brusque de son adversaire,  et trépigne et s’agite plus que de raison. Pinchazo et ¾ tombée. Le 4ème prend trois puyazos sans grande classe mais avec une certaine violence. Les peones  lancent  les banderillas plus qu’ils ne les posent dans un climat de méfiance qui va déteindre sur la faena d’un  Robleño sans sitio qui se fera balader par cet adversaire coriace qui ne baissera jamais la tête. Pinchazo, entière tombée et 2 descabellos

 Gomez del Pilar impose son capote avec autorité à la fougue du second Raso de Portillo qui sera bien piqué en trois rencontres,  chargeant de plus en plus loin mais sans s’investir dans le peto. Le second  tercio  s’avère compliqué  car le toro garde la tête haute, ce qui ne facilite pas le boulot des banderilleros.  Face à cet adversaire qui n’humilie pas et se retourne vite dans la passe, Gomez del Pilar va réaliser deux ou trois séries de derechazos   à peu près corrects, fait une courte tentative à gauche sans grand résultat mais  sa faena dans l’ensemble reste peu  convaincante et la mise à mort  sera laborieuse.3 pinchazos et demie. Le 5ème rentre fort dans le peto et pousse lors d’une première rencontre avant de sortir seul de la seconde. D’abord sur la reculade face à cet adversaire qui charge court et se retourne vite, Gomez del Pilar se confie davantage sur les séries suivantes sans grand succès surtout sur le piton gauche où le toro ne passe pas. Cette faena se termine plus ou moins en coups de torchon. ¾ basse et descabello.

 On retiendra  le tercio de varas du troisième Raso  qui va charger à quatre reprises et de plus en plus loin la monture de JL Aillet qui mettra quatre belles piques. Faena un peu décousue, souvent  sur la marge et peu convaincante de Maxime Solera face à un Portillo à la charge brusque mais pas spécialement dangereux. ½ basse et descabello. Le dernier toro a des cornes démesurées qui n’incitent guère à la confiance. 3 rencontres sans pousser.  Maxime s’arrime davantage  mais sera impuissant à allonger la charge de son adversaire  et à lui faire baisser la tête. Pinchazo, ¾ de lame.

 Observations.  Les prix au meilleur tercio de varas  Prix B. Bertagne donné par la Muleta d’Arles : JL Aillet au 3ème.  Prix de l’ADAC : JL Aillet au 3ème  Prix du club taurin de Belgique : JL Aillet (3ème) et De Pedro (6ème

Le torero Rafael Gonzalez, actuellement dans la cuadrilla de Gomez del Pilar, qui avait pris l’alternative à Ceret devant des toros de Fernando Palha,  a reçu un hommage de l’ADAC   à l’issue du Paseo.

 

Reseña : Nadine Regardier, photos Michel Volle

Le pari perdu de Francisco Montero.

 

 Novillos de C.Yonnet, Concha y Sierra, Dolores Aguirre, C.Yonnet, Barcial,  Los Maños 

 -Francisco Montero  (blanc et or) : Salut – avis et silence – silence – avis et silence – avis et silence – avis et salut.

 

Sobresalientes : A.Pozo et R.Reyes  Président : P.Fons. Soleil et bourrasques de vent gênantes. ¾ d’arène.  Vuelta contestée au novillo de Barcial (5ème). Bronca au Palco.  Tous les novillos ont été applaudis à l’arrastre.  Le novillo se Saltillo sorti en première position a été changé par un sobrero de C.Yonnet après la pique pour invalidité  Salut des banderilleros au second novillo.

 C’était un pari risqué, un novillero contre 6 novillos différents et qui plus est d’encastes exigeants  mais c’était la décision  de Francisco Montero  et elle a été adoptée à l’unanimité par l’ADAC. L’un et l’autre se sont lourdement trompés. Cela  n’a pas été la faute du bétail  très bien présenté et qui  a été très intéressant  dans l’ensemble, particulièrement les 1, 2, 5 et 6 qui avaient des oreilles à offrir. Mais le jeune novillero a affiché un manque de ressources morales et techniques  débilitant,  aggravé par la présence d’un vent soufflant par bourrasques, et  a été tout le long de la matinée  très en dessous de ses adversaires.  Souhaitons qu’il se remette rapidement de ce cuisant échec  dû en partie certainement à la pression qu’il s’est mise  pour relever ce défi, et qu’il retrouve sa motivation et son enthousiasme.

 Le sobrero de  C.Yonnet prend trois puyazos  en chargeant à chaque fois de plus loin mais ne pousse franchement que lors de la première rencontre.  Montero  a du mal à trouver le sitio face à cet adversaire juste de forces mais noble  sur lequel il ne pèse pas assez et qui finit par s’aviser et raccourcir sa charge.3/4 de lame.

 Le  Concha y Sierra est un  magnifique castaño chorreado  de belle prestance applaudi à sa sortie qui s’élance à trois reprises et de plus en plus loin sur la cavalerie pour trois piques bien dosées qui valent des applaudissements au picador. Très gêné par le vent qui se met à souffler en rafales, Montero ne parviendra pas à exploiter le potentiel de ce toro noble mais exigeant,  qui offre en particulier de belles possibilités sur le piton gauche. Sa faena manque de rythme et de dominio, il passe presque  plus de temps à arranger sa muleta qu’à toréer mais met par contre une belle estocade engagée. Novillo très applaudi à l’arrastre. Pour beaucoup d’aficionados il méritait davantage la vuelta que le Barcial.

 Le Dolores Aguirre, sans être  intoréable, est le plus exigeant  du lot. Il prend deux piques en s’employant moyennement.  Montero  lui sert une faena assez inconsistante, il fait des passes mais ne s’impose pas et se laisse prendre petit à petit le dessus. ¾ de lame et entière.

 Jolie réception par véroniques templées et demie du C.Yonnet applaudi à sa sortie  qui sera très mal piqué en deux rencontres et qui s’en ressentira au dernier tiers, offrant toutefois des possibilités que Montero encore une fois ne saura exploiter. Sa faena exclusivement droitière sera pegapase et  sans rythme ni construction. 3/4 basse et 2 descabellos.

 Le Barcial est un novillo massif lui aussi applaudi à son entrée en piste. Il prend 4 puyazos  en poussant la cavalerie contre les planches sur sa lancée  mais en sortant  tout seul. Montero  qui l’a brindé à l’ADAC, semble complètement vidé et à court de moyens dès les premiers muletazos, incapable de se positionner devant le Barcial qui à l’évidence ne demande qu’à passer, surtout sur la gauche. Impuissant et rageur, il va très rapidement chercher l’épée mais la réaction du public l’oblige à se remettre au boulot et il réalise enfin une série gauchère de belle intensité mais cela ne durera pas. Mort laborieuse par manque d’engagement devant  un bicho qui n’a pas été vraiment toréé et qu’il a du mal à mettre en suerte. 4 pinchazos et entière tombée. Vuelta contestée du Barcial  qui a montré pus de violence et de mansedumbre au premier tiers que de franche bravoure et qu’on n’a pas pu apprécier dans la durée au troisième.

 Avec l’énergie du désespoir semble-t-il,  Montero tente de reprendre les choses en main face au novillo de Los Maños qu’il va recevoir à Porta Gayola avant d’enchaîner sur une série de chicuelinas serrées. Bronca au picador pour ses deux mauvaises puyas.  La faena de muleta  débute bien sur deux séries droitières  enchaînées avec aplomb, devient plus brouillonne à gauche et s’essouffle rapidement alors que le novillo très noble ne posait aucun problème. Entière et 2 descabellos.

 

Reseña : Nadine Regardier, photos Michel Volle

Une tarde épique !

 

 Six toros de Miguel Reta  de  Casta Navarra

 -Francisco Javier Sanchez Vara (blanc et or) : salut – vuelta

 -Octavio Chacon (turquoise  et or) : silence – silence.

 -Miguel Angel Pacheco (blanc et or) : silence – salut.

 Président : A.Roques.  4/5 d’arène. Soleil  et vent intermittent.  Les matadors ont été applaudis avant le paseo et ont été appelés également  à saluer à l’issue de ce dernier.

 Les banderilleros  de Chacon, A.Cacero et V.Valera ont salué au second toro  et le picador  de Sanchez Vara Navarrete a été ovationné au quatrième.

Les six rouquins  affublés de poignards sur la tête  de l’encierro de Céret étaient sans nul doute les héritiers des légendaires  toros sauvages qui vivaient autrefois dans les Pyrénées et dans les plaines de Navarre. On comprend  maintenant pourquoi  les toreros ne voulaient plus en entendre parler et de fait la dernière corrida complète de Casta Navarra se lidia à Pamplona en 1929. Aujourd’hui Miguel Reta s’efforce de réhabiliter ce sang  pour éviter qu’il ne disparaisse, c’est une tentative louable et très intéressante mais il est certain, et il le reconnait lui-même, qu’il a encore du pain sur la planche pour  rendre ses toros  plus aptes au combat tel qu’il est conçu de nos jours.

Ceci dit, avoir assisté à cette corrida épique, d’une autre époque, restera un souvenir inoubliable pour les aficionados présents sur les gradins dont je suis heureuse de faire partie car nous avons vécu une tarde d’exception, intense, riche en émotions et l’estomac noué par  le danger omniprésent en piste .Heureusement il n’y a eu qu’un peon blessé sans gravité. La plus grande partie du public a été formidable et a soutenu les matadors, les banderilleros et les piqueros durant toute la lidia de ces toros  sauvages, violents, querenciosos, s’avisant plus vite que leur ombre et  s’intéressant davantage   à l’homme qu’à la muleta ou au capote. Mansos perdidos, ils obligèrent pour la plupart  les picadors à sillonner le ruedo en tous  sens pour tenter de les coincer et les 35 « rencontres » avec la cavalerie se limitèrent pratiquement toutes à des refilons volés  au raset sur le passage. Pour les  1er, 3ème et 6ème, on  envoya  un deuxième picador en renfort mais pour un si piètre résultat que le président  dut ordonner à trois reprises les banderilles noires  dont la pose ne se révéla pas hélas plus facile à réaliser ! Evidemment l’âge des toros n’a pas du arranger les choses, mais ce n’est certainement pas la seule explication à leur comportement.

Le premier Reta, abanto et distrait, affiche dès sa sortie son désintérêt pour les chiffons et sa préférence pour  les hommes. Il fuit au galop les trois premières piques qui se limitent à des égratignures, entre alors le second picador  et c’est à nouveau une fuite éperdue entre les deux cavaliers qui partent à sa poursuite lance en main pour tenter de le coincer sans succès, devant se contenter de onze piqûres données au hasard sur le passage. Avec les banderilles noires, c’est le banderillero  qui lâche tout au premier passage pour partir en courant face au danger. Ils parviendront finalement à en poser trois. Au dernier tercio, le Reta s’installe au toril. Sanchez Vara se fait désarmer dès les premières passes en tentant de le sortir de sa querencia, encore deux ou trois tentatives  mais le bicho ignore la muleta et  vient sur lui. Quelques passes de châtiment et la messe est dite. Difficile à mettre en suerte et à tuer car il se défend et lève la tête sans arrêt. Pinchazo, ¾ de lame et deux descabellos. Le quatrième est loin d’être un enfant de chœur mais il parvient à le fixer au capote. Il part seul au cheval qu’il renverse lors de la première pique  avant de se mettre sur le recul pour les 3 suivantes brèves et données hors ligne. Pour la cinquième, on inverse les rôles et c’est le picador qui se placera au centre. Une très bonne lidia de Navarrete ovationné à sa sortie. Au dernier tercio, le Reta charge court et donne de violents coups de tête dans les passes. Sanchez Vara s’arrime et tire 3 séries de derechazos  très valeureuses saluées par un aficionado sur les gradins qui résume ce que tout le monde ressent : « Los cojones que tienes, Francisco Javier ! Gracias ! » La corne gauche est trop dangereuse, il ne s’y aventure pas. La  mise à mort n’est pas aisée avec cet adversaire très armé qui ne baisse pas la tête.  Pinchazo, demie plate et descabello. Pas d’oreille mais une vuelta très fêtée.

Bonne lidia de Chacon  avec le capote face au second qui a très vite compris où se trouve l’homme. Après deux petites rencontres, le toro fuit au toril, les deux autres rencontres  se font avec le piquero au centre.  De superbes et valeureuses paires de banderillas  posées par A. Cacero et V.Valera  qui mettent le public debout sur les gradins pour une ovation majuscule. Malgré ses efforts, au dernier tercio  Chacon  ne parviendra pas à déloger de sa querencia au toril  le Reta qui se défend sur place. Il écourte. 2 pinchazos et ¾ de lame. Le cinquième, le plus gros mais le moins armé, rentre avec violence dans le capote. IL pousse lors d’une très bonne première pique mais affiche sa mansedumbre  lors  d’une seconde rencontre brève. Il sera ensuite impossible de le châtier davantage, même avec le second picador car il s’échappe au triple galop dès qu’un cheval s’approche ! Pour les mêmes raisons, on ne parviendra à lui poser qu’une seule banderille noire. Impossible à piquer, ce toro sera également impossible à toréer. Chacon perd les papiers dès  l’entame de faena et lâche tout en se sauvant poursuivi par le toro  qui ne voit que lui  à deux reprises. Fin des hostilités.La mise en suerte pour la mort va être très compliquée, il  réussit  cependant à se débarrasser  rapidement de ce dangereux adversaire d’un trois quart de lame bas mais très efficace.

 Enfin un petit moment de répit avec le troisième qui, bien qu’affublé de deux poignards sur la tête, se laisse faire et répète dans le capote de Pacheco. Sa différence avec les autres s’affiche aussi au premier tiers. Celui-ci ne fuit pas les chevaux, il les ignore superbement  et passe à côté d’eux comme s’ils n’existaient pas, sans même leur jeter le moindre coup d’œil ! Rebelote, on fait sortir un second cheval qui n’attire pas davantage  son attention et on  lui pose deux banderilles noires. Entre temps, il s’intéresse davantage à un peon qu’il déshabille et envoie à l’infirmerie. Ayant pris goût au jeu,  il s’avise de plus en plus et  dès les premiers muletazos  fonce sur Pacheco  qui lâche tout et saute dans le callejon. A por espada.  Pinchazo, entière et deux descabellos.  Il fixe avec autorité  le dernier aux armures impressionnantes  qui se retourne comme un chat dans le capote. Trois mauvaises piques et mucho capotazo pour ce toro manso  qui tire au toril lui aussi. Pris spectaculairement  mais apparemment sans blessure dès la seconde passe de muleta, Pacheco  sera impuissant à sortir le toro  d’une querencia   qu’il défend violemment. A por espada . Entière et 3 descabellos.

 Le public est resté pour applaudir les trois toreros à leur sortie, et l’on sentait que  ce n’étaient pas des applaudissements de parade.

 

Reseña : Nadine Regardier, photos Michel Volle


Les Saltillo maîtres du ruedo

 

 Six toros de Saltillo

-Fernando Robleño (bleu roi et or) : avis et salut – bronca

-Javier Cortes (aubergine et or) : salut – silence

-Noe Gomez del Pilar (bleu canard et or) : 2 avis et salut – salut

Casi lleno. Soleil et vent. Président : André Roques

Les trois banderilleros de Gomez del Pilar, Ivan Aguilera, Raul Ruiz Bonilla et J Cebadera ont salué respectivement au x 3ème et 6ème toros.

Prix de la meilleure pique : ADAC : desierto CTB : desierto La Muleta (arles) : (3ème) Placido Sandoval.

Très bien présentés, mansos et/ou violents sous la  pique (22 rencontres en comptant les  8 piques du dernier manso perdido), puissants, agressifs, difficiles à leurrer et prompts à s’aviser, semant la panique notamment lors des tercios de banderillas des second, quatrième  et cinquième, les toros de Saltillo sont restés les maîtres du ruedo jusqu’au bout et ont tous été applaudis à l’arrastre. Aucun des trois toreros n’est parvenu à les dominer, Robleño n’a pas pu ou pas su, Cortés n’était pas vraiment là, surtout devant le cinquième, Gomez del Pilar, tout aussi impuissant que ses compagnons de cartel, s’est toutefois arrimé et s’est surtout attiré la sympathie du public  par la responsabilité dont il a fait preuve durant toute la tarde et par ses interventions opportunes y compris quand  il s’est substitué au chef de lidia qui avait plus ou moins abandonné son poste, démoralisé  par les sifflets qui fusaient des gradins.

Robleño fixe énergiquement son premier adversaire avec le capote et soigne la mise en suerte pour deux piques (une rectifiée et pompée, l’autre trasera) que le Saltillo prend en se défendant.  Le toro va couper méchamment les terrains au second tiers ce qui ne mettra pas en confiance le matador qui entame sa faena de muleta avec circonspection laissant l’adversaire lui prendre le dessus dans un premier temps mais s’arrimant un peu plus par la suite pour parvenir à lui tirer une série correcte sur chaque corne. 2 pinchazos et entière.  Le quatrième s’emploie avec violence sous trois mauvaises piques sévères qui valent des huées à leur auteur. Débandade aux banderillas, les peones  poursuivis par le toro les placent n’importe comment quand ils ne les jettent pas par terre avant de plonger dans le callejon. Pas de quoi se moquer comme l’ont fait certains sur les gradins, oubliant la gravité du moment. Pas franchement à l’aise et  laissant la place pour un autobus entre lui et le Saltillo qui marche la tête haute distraido en fin de passe, Robleño se fait siffler. Véxé, celui qui fut un temps le chouchou de Céret  va chercher l’épée, ce qui ne fait qu’aggraver son cas. Tiers de lame et grosse bronca. Un silence aurait été plus de mise.

Lidia désastreuse aux deux premiers tiers avec le second Saltillo qui reçoit trois mauvaises piques en essayant de prendre le cheval par devant à chaque fois ( piquero  hué) et qui sème lui aussi la panique parmi les banderilleros en fonçant sur tout ce qui bouge avec des intentions qui ne laissent guère place au doute. Jeux de flechettes et plongeons dans le callejon. Cortés arrachera quelques passes valeureuses en mode guerrier à ce violent Saltillo sans pouvoir pour autant dominer la situation et terminera rapidement dans son terrain au toril. Pinchazo et ¾ de lame. Il se fait désarmer d’entrer au capote par le cinquième très typé Saltillo qui lui vient dessus.  Le toro pousse, se défend et sort seul  respectivement de trois piques assassines et nouvelle bronca pour le piquero . Le même scénario se répète aux banderillas. Cortés restera très prudent  avec la muleta, faisant le minimum syndical  devant cet adversaire qui ne manquait pas de noblesse et méritait mieux.  2 pinchazos et entière basse.

Le troisième Saltillo charge avec puissance et s’allume sous une première pique basse de Sandoval, revient avec force pour secouer et pousser le groupe équestre sans que le piquero ait pu placer sa puya mais  ne fait que se défendre lors de la dernière rencontre. Applaudissements. Contrairement aux autres, les banderilleros de Gomez del Pilar se sont montrés compétents et très efficaces et on salué aux deux toros de leur maestro qui n’étaient pourtant pas des bombons. Ce dernier attaque sa faena par une série de doblones aussi efficace qu’esthétique. Peu aidé ni  par le vent qui souffle assez fort à ce moment là ni par le genio d’un adversaire qui a très vite compris où était la bonne cible, Noe  s’arrime pourtant et l’oblige le temps de quelques courtes séries droitières mais ce ne sera pas suffisant pour le dominer totalement et il aura du mal pour le fixer à la mort et le tuer. 1/3 de lame, entière et 2 descabellos.  Le dernier freine dans le capote et cherche la sortie dès son arrivée en piste. Manso perdido et  violent,  il va obliger le picador à faire un tour de piste complet afin de pouvoir le piquer, au rasé la plupart du temps, et la huitième fois alors que les clarines venaient de sonner. Pendant ce temps, le président s’évertuait sans résultat à faire des  signes pour qu’on fasse entrer le deuxième cheval. Mais que faisaient les alguaciles ? Au dernier tiers, le Saltillo  réfléchit avant de foncer sur Gomez del Pilar qui lui présente la muleta de la main droite,  la fait voler  quand il la  lui présente de l’autre main. Le matador réfléchit lui aussi mais pas longtemps. A por espada. Entière et deux descabellos.

Le triomphe de Maxime Solera

 

 Cinq novillos de Monteviejo et un sobrero de Urcola (3ème)

-Juan Carlos Carballo (turquoise et or) : silence – salut

-Aquilino Giron (violet et or) : salut – silence

-Maxime Solera (rouge et plata) : Avis et 2 oreilles – avis et vuelta.

¾ d’arène. Sol y nubes. Président : M.Pons.

Salut des banderilleros Fernando Casanova au 3ème et  Omar Guerra au 6ème.

Prix de la meilleure pique remis par le CTB : Pepe Aguado au 3ème.

Sérieux de présentation, les novillos de cette matinée n’ont rien donné de sensationnel à la pique (17 rencontres) Bien que manquant  de force et de moteur ensuite dans l’ensemble, ils  exigeaient cependant une lidia sérieuse. Le plus intéressant à la muleta a été le noble et encasté sobrero de Urcola, remplaçant  le troisième Monteviejo qui s’était cassé une corne en tapant au burladero. Premier et quatrième étaient maniables, second, cinquième et dernier plus compliqués. Le triomphateur incontesté de cette novillada a été Maxime Solera qui a su insufflé beaucoup d’émotion et d’intensité à ses deux faenas devant des adversaires totalement  différents, se hissant nettement au dessus de ses compagnons de cartel.

Le premier Monteviejo lourd et sans jus prend mollement trois puyazos, le dernier après moult capotazos pour le mettre en suerte. Même topo au second tercio. Juan Carlos Carballo ne parviendra pas à se mettre en confiance devant cet adversaire un peu mollasson mais impressionnant de par sa taille qui ne présente pas de danger majeur. Faena marginale et inconsistante, principalement par ayudados et sans ligazon. 2 pinchazos et ¾ contraire. Le quatrième qui s’emploie par à coups lors de trois rencontres, manque aussi de moteur au dernier tiers mais se laisse faire. Débutée prudemment, la faena de Carballo ira petit à petit à mas sans qu’il réussisse toutefois à donner beaucoup d’intensité à sa prestation. Pinchazo et entière basse.

Aquilino Giron qui relevait de blessure n’a pas pu s’imposer face au lot le plus coriace de la matinée. D’abord débordé au capote par le second Monteviejo qui va prendre trois piques sans éclat, il se fait cueillir dès les premières passes de muleta et à partir de là ne pourra plus rien faire face à ce novillo qui ne voit que lui. Entière caida. Il n’aura pas plus de chance avec le cinquième qui après un refilon, se défend plus qu’il ne pousse lors de trois autres rencontres et arrive au dernier tiers parado et très avisé, en particulier sur le piton droit. Aquilino, vaillant, a voulu s’y frotter mais le bicho l’envoie  dans les airs. Arrêt des jeux. 2 pinchazos, entière.

Maxime Solera  se fait renverser lors d’une Porta Gayola par le troisième Monteviejo qui sort comme une bombe et va se fracasser une corne contre le burladero sur sa lancée. Pas impressionné pour autant, le français remet ça à la sortie du sobrero de Urcola. Un peu entortillé mais pas touché cette fois. Le novillo s’emploie très moyennement sous deux bonnes piques de P.Aguado mais va se révéler  au dernier tiers d’une noblesse vibrante  que Solera  saura mettre en valeur lors d’une faena  enthousiaste  débutée plein centre en citant de loin et conduite sur les deux cornes  avec autorité et sur un rythme soutenu. Le novillero va nous offrir une mise à mort spectaculaire. Au moment de vérité, Solera se débarrasse de sa muleta, se jette entre les cornes pour l’estocade et  enchaîne par un saut périlleux sur le dos du novillo avant de retomber sur ses pieds avec une aisance déconcertante. L’épée est trasera , il y aura encore deux descabellos mais le palco n’hésite pas à accorder deux oreilles que personne ne contestera. Il saura s’imposer également devant le dernier Monteviejo, juste de force et avisé, qu’il va toréer avec beaucoup d’entrega et de sincérité, concluant sa faena sur un recibir suivi de deux descabellos. Pas d’oreille cette fois mais une vuelta très applaudie et une sortie a hombros à Céret, ça n’arrive pas tous les jours !

Les Fraile : retour et déception.

 

 Cinq toros de Juan Luis Fraile  et un sobrero de Peñajara (2ème)

-Javier Castaño (bleu marine et or) : silence – silence

-Ivan Vicente (rose, noir et or) : sifflets – silence

-Joselillo (rouge vermillon et or) : avis et salut – silence

4/5 arène. Président : M.Sicet.  Temps ensoleillé et chaud avec petite bise.

Prix de 200 euros remis par le Club Taurin de Bruxelles à la meilleure pique : J.M Vicente au 2ème et  Placido Sandoval au 3ème.

Salut du banderillero José Rus Alvarez au second.

Beaucoup de déception pour ce retour des Fraile. Par la présentation d’abord avec un lot desigual dont deux exemplaires de petit gabarit, premier et sixième, ce dernier étant fortement protesté à sa sortie pour un cruel manque de trapio. Au niveau du comportement, premier et cinquième se sont révélés quasiment invalides, le second  qui présentait un coup de corne très visible a du être changé à sa sortie par un sobrero de Peñajara. A part le sixième qui a duré un peu plus longtemps, ces toros ont manqué de charge au dernier tiers et se sont vite mis en mode défensif dans la muleta. Le meilleur moment de la tarde restera assurément  le tercio de varas spectaculaire du troisième avec Placido Sandoval aux commandes du cheval. 15 rencontres au total.

Castaño n’insiste pas plus qu’il ne faut devant le premier Fraile anodin sous deux piques sans éclat qui a beaucoup de mal à rester debout et proteste dans la muleta. Entière en place concluante. Le quatrième sort comme une bombe du toril et se tanque au centre avant de foncer avec une fougue sauvage dans le capote de Castaño. IL rentrera fort à trois reprises dans le peto sans beaucoup s’employer. Ce Fraile va s’aviser rapidement au dernier tiers. D’abord sur ses gardes, Castaño fera quelques efforts pour lui tirer des passes sur les deux bords sans réussir à s’imposer.  Peu engagé à la mort, il se fera huer pour avoir pris le descabello sans avoir vraiment mis d’estocade après trois échecs avec l’épée.

Le Peñajara qui remplace le second Fraile blessé s’abîme une corne dès sa sortie en tapant au burladero.Ivan Vicente qui a réalisé une jolie réception en le fixant au centre , aura du mal par contre à le mettre en suerte pour la première pique laissant son peon aux manœuvres. Le bicho prend trois bonnes piques avec plus de violence que de bravoure, violence qui va se confirmer dès que Vicente lui présentera la muleta. Ce dernier, affichant son impuissance, s’en débarrassera rapidement après un désarmé et un sauve qui peut en sautant dans le callejon. ¾ basse.

Le cinquième est le plus beau du lot. Il s’endort un peu dans le peto lors de la première rencontre et sort de la seconde avec la pique plantée dans le dos ! Dans le doute et sur le recul dans un premier temps avec la muleta devant ce Fraile qui s’affale à plusieurs reprises sur le sable, Vicente finit par comprendre qu’il ne présente pas de danger majeur et  se lance dans une faena d’infirmier sans grand intérêt  sous les « olé » ironiques de quelques spectateurs. ¾ de lame.

Le troisième Fraile se tanque au centre et réfléchit beaucoup avant de s’engouffrer dans les capotazos vibrants de Joselillo. Il fonce sur le piquero pas encore en place avant d’être placé de plus en plus loin pour trois autres rencontres spectaculaires, réfléchissant longtemps avant de charger  avec  beaucoup de puissance et de violence sur le cheval parfaitement maîtrisé par Sandoval qui sera chaleureusement applaudi  à sa sortie. Joselillo parviendra tout juste à tirer quelques derechazos  méritants mais sans pouvoir lier devant cet adversaire qui va très vite s’arrêter, l’obligeant à écourter sa faena. Pinchazo et entière caida. Le sixième dont la présentation est indigne de Céret est protesté violemment sur les gradins. Visiblement déstabilisé par l’ambiance qui règne dans l’arène, Joselillo a du mal à se concentrer devant cet adversaire pourtant  maniable. Sa faena, électrique et  peu construite finira en queue de poisson. Pinchazo et entière.

 

Reseñas y fotos (N. Regardier-Michel Volle)