Un lot décevant de Victorino Martin pour la clôture

 

 Six toros de Victorino Martin

-Octavio Chacon (sable montois et or) : silence – avis et vuelta

-Javier Cortes (bleu roi et or) : silence – silence

-Juan Leal (bleu ciel et or) : salut – silence

Président : Mr Grué. Casi lleno. Temps chaud et moite.

Présentation hétérogène pour ce lot de toros dont deux (1er et 6ème) ont soulevé des protestations véhémentes sur les gradins  pour leur tamaño minuscule, tandis que le second et surtout  3ème étaient applaudis pour leurs armures veletas et en pointe. Ces toros, tous un peu justes de force, n’ont rien offert de notable au premier tiers, le meilleur à la muleta fut le noble 4ème, le second était exigeant t le cinquième avisé, les autres sans grande transmission. Le dernier a été changé pour problème moteur avant la pique. La déception du public a été à la hauteur de l’espoir que cette corrida de clôture permettrait de relever le niveau plus que médiocre de cette Madeleine. La tarde s’est terminée dans un chahut monumental scandé par des « merci Marie » et « remboursez !!» Les meilleurs moments de l’après-midi  nous auront été finalement offerts par la banda des Faïences qui ont mis l’ambiance en  jouant entre chaque toro.

Ca commence mal avec la sortie du premier,  un toro « avacado », pas plus épais qu’une limande, qui  déclenche le courroux sur les gradins. Devant ce Victorino anodin au cheval et  qui fléchit dès les premiers muletazo, Chacon va réaliser une faenita prudente et sans grand relief toute à droite, ne jugeant pas bon de revenir sur le piton gauche après avoir reçu un avertissement. Pinchazo et entière. Il s’affirmera davantage devant le quatrième juste de force, mou sous la pique mais qui met bien la entre chaque passe, tête dans la muleta dont il saura exploiter la noblesse en le toréant avec une certaine douceur sur les deux pitons avant de gâcher sa prestation par un  vilain bajonazo.

Le moment d’émotion de l’après midi nous a été offert par Javier Cortés qui, s’étant embronché au capote devant le veleto second, s’est fait tout seul un quite providentiel au moment où le toro se préparait à le cueillir sur le sable.  Volontaire et engagé devant ce Victorino exigeant, qui réfléchit et serre dans les passes, Cortés va perdre comme souvent  le bénéfice de son travail avec l’épée. 4 pinchazos, quart de lame basse, 2 descabellos. Le cinquième qui a  renversé et pris le banderillero José Prestel contre les planches, arrive au dernier  très avisé avec des retours brusques sur le torero, l’obligeant à reculer  sans pouvoir enchaîner les passes. Deux demi-lames sans engagement.

Soir de feria tristounet avec la novillada

 

 Six novillos d’Ave Maria, nobles et maniables 4ème et 5ème, manquant de race les autres.

-Tibo Garcia (aubergine et or) : avis et  silence

-El Galo (rose dragée et plata) : avis et silence

-El Rafi (crème et or) : oreille 

-Kike (vert et or) : avis et oreille

-Juan Molas (noir et blanc) : salut

-Yon Lamothe (vert olive et or) : silence 

 

Pas grand-chose à se mettre sous la dent en ce samedi soir de feria, que ce soit du côté des novillos ou des novilleros. Tibo Garcia réalise un bon début de faena mais se fait vite déborder par le premier novillo à la charge brusque qu’il aura du mal à tuer. (3 pinchazos et 7 descabellos).  El Galo veut trop en faire et le fait mal, faena agitée et brouillonne devant le manso second qu’il tue lamentablement  (2 pinchazos, bajonazo et 6 descabellos).  El Rafi montre de bonnes dispositions avec le capote et sur les deux premières séries de derechazos de sa faena, la suite est moins maîtrisée, surtout sur le piton gauche, face à un adversaire qui raccourcit sa charge. L’estocade est bonne, justifiant peut-être l’oreille. El Kike a hérité du novillo le plus noble et qui a duré le plus. Les qualités du garçon n’ont pas sauté aux yeux. Désarmé au premier capotazo et accroché ensuite, appliqué mais marginal et sans style avec la muleta, il a su toutefois mener sa faena à bout en exploitant la noblesse du novillo et a réussi à couper une oreille après une entière basse.  Juan Molas a laissé voir quelques détails stylés dans une faena électrique et peu dominatrice devant le noble cinquième qu’il tue sans s’engager (pinchazo et trois quart delantera).  Du dernier novillo tardo et qui charge court, il n’y a pas grand-chose à tirer et d’ailleurs Yon Lamothe n’en tire rien. Nouvelle mise à mort désastreuse (2 pinchazos et 4 descabellos).

4eme de Feria : Déplorable spectacle

 

 Six toros de Nuñez del Cuvillo

-Paco Ureña  (cannelle et or) : silence – silence

-Emilio de Justo (rouge et or) : silence – salut

-Ginés Marin (vert sapin et or) : oreille – salut

Président : Mr Grué. Temps lourd. Casi lleno.

Le second toro protesté pour sa corne droite très endommagée a été changé par un sobrero du même fer avant la pique.

Lot de toros hétérogènes et globalement modestes de présentation, faibles, sans race et vite arrêtés à part le cinquième qui a conservé du moteur jusqu’au bout. Une de ces tardes à vous ôter l’aficion pour le restant de vos jours…

Faena marginale et sans relief d’un Paco Ureña  visiblement  peu motivé par un premier adversaire sans race ni transmission qu’il tue d’une entière basse. Pas davantage inspiré par le quatrième qui ne vaut pas mieux, il réalisera quelques bonnes passes isolées dans un ensemble décousu et peu convaincant  avant de très mal tuer. Pinchazo, metisaca basse et ¾ basse.

Emilio de Justo insistera plus qu’il ne faut et sans résultat devant le second vite arrêté qui se réfugie aux tablas et  qu’il doit empêcher de se coucher pour pouvoir l’estoquer ! Demie basse et deux descabellos. Le cinquième a plus de moteur et de caractère, Emilio de Justo va s’imposer rapidement en pesant dans les passes et en adoucissant la charge violente de son adversaire  lors d’enchaînements  conduits sur les deux pitons avec un rythme soutenu. Malheureusement la bonne impression laissée par cette faena va se déliter au moment de la mort. Après un pinchazo sans lâcher l’épée, De Justo loge un trois quart de lame non concluant. Le toro qui s’est fracturé une patte  n’en finit pas de boitiller rendant le descabello compliqué et l’extremeño devra se contenter de saluer.

Début de faena classique de Ginés Marin devant le troisième Nuñez qui s’arrête rapidement, l’obligeant à terminer dans un registre encimista parsemé de quelques gestes racoleurs qui portent sur le public qui lui  obtiendra une oreille après une lame trasera concluante. Il aligne des passes  à la marge sans grand intérêt devant le dernier toro qui s’affale à tout bout de champ mais le tue d’une entière foudroyante.

Mont de Marsan. 3eme de Feria

 

 Tarde entretenue

 

Six toros de Fuente Ymbro

-Miguel Angel Perera (vert bouteille et or) : avis et oreille – avis et silence

-Alberto Lopez Simon (noir et or) : 2 oreilles – oreille

-Pablo Aguado (bordeaux et or) : salut – silence

Casi lleno. Soleil. Président : Mr Grué. Sortie a hombros de Lopez Simon et vuelta du second toro Pijotero, N°128.

 

Toros bien présentés,  s’employant sous le fer les trois premiers mais principalement lors des  premières rencontres et affichant des comportements différents à la muleta, le meilleur de la tarde étant le second noblissime qui fut honoré d’un vuelta posthume. Avisés le premier et le manso cinquième, manquant de fond et s’arrêtant vite les trois autres .

 

Miguel Angel Perera hérite d’u premier Fuente Ymbro violent et imprévisible qui derrote méchamment dans la passe. Après avoir été désarmé et avoir pris un coup visiblement très douloureux au coude gauche, le maestro revient et se met dans les cornes en faisant preuve de beaucoup d’aguante et de pundonor, pour s’imposer sur trois séries de derechazos « cojonudas » avant de porter une estocade concluante. Faena volontaire mais un peu laborieuse devant le quatrième faible, sans grande race et qui proteste dans la muleta,  dont il ne parviendra pas à corriger la charge désordonnée. Tiers de lame et vilain bajonazo.

 

Le second Fuente Ymbro charge avec force la cavalerie à deux reprises mais s’endort un peu dans le peto sous une seconde pique légère. Ce toro devant lequel Aguado  réalise un magnifique quite par véroniques au ralenti, va s’avérer d’une grande noblesse au dernier tiers. Lopez Simon va signer dans un terrain réduit au centre du ruedo une faena importante, vibrante et inspirée face à cet adversaire qui charge avec beaucoup de classe et de fixité en venant de loin et en buvant la muleta lors de longues séries templées sur les deux cornes. ¾ concluante. Ce sera une toute autre paire de manches avec le manso et violent cinquième qui va s’aviser de plus en plus tout au long de la faena après lui avoir infligé une voltereta et l’avoir piétiné au sol. Lopez Simon ne veut pas s’avouer vaincu et c’est en bras de chemise qu’il revient  pour lui extorquer encore quelques passes valeureuses. Entière habile.

 

Pablo Aguado était très attendu au Plumaçon, malheureusement les deux Fuente Ymbro dont il a hérité ne lui ont guère laissé d’option de triomphe. Devant le troisième soso et distrait, il débute très joliment avec la muleta  en soignant l’attitude et en privilégiant la lenteur du geste mais sa faena s’étiole au fur et à mesure que le toro s’éteint. Aucun engagement à la mort. Le toro tombe après trois pinchazos et une très vilaine metisaca basse au 2ème essai. Le 6 ème qui va fêter ses 6 ans dans quelques jours, annonce dès sa sortie en piste ses mauvaises intentions. Mal et copieusement piqué, il va se réserver très vite en se défendant dans la muleta, ne permettant guère au maestro de s’exprimer si ce n’est sur quelques passes isolées. Entière plus sincère cette  fois et deux descabellos.

Mont de Marsan. 2eme de Feria

 

 Beaucoup d’ennui….

Six toros de Luis Algarra

-Sébastien Castella (noir et or) : avis et oreille – salut

-Cayetano (marron et or) : silence – bronca

-Alvaro Lorenzo (cannelle et or) : silence- oreille.

Président : Mr Grué. Lleno. Soleil.  Salut de Raphaël Viotti au premier.

 

Bien présentés dans l’ensemble, les Luis Algarra faibles, insipides et sans transmission, n’étaient guère propices aux triomphes. On aimerait toutefois que les toreros cessent de se moquer de nous en prenant des poses devant des toros qui n’avancent plus ou en pliant armes et bagages dès qu’ils font mine de bouger un bout de corne. Il a fallu attendre le sixième pour voir un toro digne de ce nom, qui a pris bravement deux vraies piques et qui a chargé avec alegria dans la muleta d’Alvaro Lorenzo.

Castella  a été récompensé d’une oreille pour la jolie démonstration de toreo de salon exécutée devant  le premier Algarra, faiblard malgré deux piques homéopathiques et d’une docilité imbécile, qu’il tue d’un bajonazo.  Il ne trouvera pas matière à inspiration devant le quatrième vite arrêté et moins docile qu’il occit cette fois d’une meilleure estocade après quelques brèves  tentatives peu convaincantes sur les deux bords.

Cayetano prend des poses pas toujours opportunes et   en évitant de se salir le costume devant le second Algarra qui a la charge et le piquant d’une limace. Entière contraire. Inédit devant le cinquième qui charge court et crochette un  peu dans la passe  dont il se débarrasse rapidement  après quelques coups de torchon  sous les sifflets. Deux demi-lames  et entière contraire.

Pas davantage d’émotion avec le troisième de la tarde, un toro faible et sans aucune transmission, devant lequel  Alvaro Lorenzo réalise une faena marginale, sans rythme et languissante, conclue d’un desplante mains nues dans les cornes qui n’a donné le frisson à personne. Aucun engagement à la mort. 2 pinchazos et entière caidita. Le sixième Algarra a permis de relever un peu le niveau désastreux de cette tarde. Après avoir montré une certaine bravoure lors du seul vrai tercio de varas de l’après midi, il arrive au dernier tiers avec une charge franche et allègre que Lorenzo  saura canaliser lors de quelques bonnes séries droitières notamment, bien qu’à certains moments ce soit le toro qui ait imposé son tempo. Entière trasera concluante.

 

Reseñas y fotos (N. Regardier-Michel Volle)


Solalito coupe une oreille et remporte le prix du meilleur novillero

 

Pour la novillada non piquée, les ganaderias du sud ouest étaient à l’honneur cette année encore. Avec toujours un jeune public qui garnissait les arènes à moitié et un beau soleil qui accompagna cette matinée.

C’est la ganaderia des Frères Bats d’Alma Serena qui fut primée par le jury ce qui créa une division d’opinion lors de la remise des prix. Le novillo de Malabat semblait pourtant tenir la corde pour être sur la plus haute marche du podium.

-Christian Parejo (bleu marine et or) : salut
-Borja Escudero (blanc et or gris) : salut
-Manuel Perera (rouge et or) : deux avis et silence
-Solalito (bleu ciel et or) : une oreille

 

Christian Parejo affronta d’abord un eral de La Espera qu’il reçut avec élégance avant de se faire surprendre en même temps que le passage des rafales de base aérienne. Le novillo fut encasté et mit souvent le jeune novillero en difficulté, le prenant à plusieurs reprises. Parejo resta néanmoins en face sans reculer la jambe.

Borja Escudero vit sortir en piste un splendide colorado de la ganaderia de Casanueva qui manqua malheureusement de force malgré un fond de noblesse. Escudero toréa avec douceur mais fut irrégulier avant d’échouer avec les armes.

Manuel Perera débuta bien sa faena face à un imposant mais mal armé novillo d’Alma Serena qui fut noble mais sans classe. Après un début alluré, il ne s’imposa pas et allongea sa faena avant de pincher à plusieurs reprises.

Solalito fut le triomphateur de la matinée face à un bon adversaire de Malabat, bien armé mais manquant de poids et de trapio. Le bicho fut noble mais manqua un peu de piquant dans ses charges. Solal le toréa avec douceur, liant de belles séries en allant a mas. Après un bon final par luquesinas et Manoletinas, il conclut d’une lame efficace en deux temps. (Vuelta a los toros)


Mont de Marsan. 1ere de Feria

 

 Un encierro de la Quinta décevant

 

Six toros de La Quinta.

-Daniel Luque (marron et or) : silence – avis et oreille

-Emilio de Justo (vert et or) : salut – avis et salut

-Thomas Dufau (bleu marine et or) : avis et silence – silence

9/10ème d’arène. Soleil. Président : Mr Grué

 

Si les toros étaient bien présentés, ils ont déçu par leur comportement. S’employant moyennement à la pique (13), ils ont manqué de force et de transmission dans l’ensemble sauf le dernier inexploité par Thomas Dufau.

Devant le premier la Quinta, le plus compliqué du lot, Daniel  Luque n’a pas forcé son talent et la messe a été vite dite. Entière efficace. Le quatrième, un toro noble qui s’éteindra  au final, va lui permettre de s’exprimer davantage. On retiendra  la série de véroniques relâchées et dessinées au ralenti avec lesquelles il a reçu le toro et une faena de muleta très artistique, conduite main basse avec beaucoup de temple et de douceur sur les deux cornes. ¾ de lame et descabello. A son avantage avec le capote devant le noble second qui va s’éteindre rapidement, De Justo fait le job sans s’éterniser avec la muleta et tue vilainement d’un bajonazo après pinchazo.  Il s’efforcera de pallier au manque de moteur et de transmission du cinquième en forçant la note et en allongeant  plus qu’il ne fallait une faena sans grande consistance. Pinchazo et entière concluante.

Thomas Dufau était dans un mauvais jour. On apprendra ultérieurement qu’il souffrait  d’une intoxication alimentaire et qu’il a été conduit pour des examens à l’hôpital de Mont de Marsan après avoir eu un malaise à l’infirmerie des arènes. Il a torée entièrement sur le passage le troisième la Quinta, un toro sans grand intérêt il est vrai, sans pouvoir donner la moindre intensité à sa faena. Demi-trasera basse, tiers de lame et 4 descabellos.  Il a été débordé et sans recours devant le sixième le plus encasté du lot. Pinchazo, demie trasera et descabello.

Salut des banderilleros Manolo de los Reyes (3ème), Raul Caricol (4ème) et Morenito de Arles (5ème)

 

Reseñas y fotos (N. Regardier-Michel Volle)