Ganaderia Tardieu Frères

 

  Lucien Tardieu est décédé le 13 janvier 2013, à l'âge de 81 ans, laissant à ses deux fils, Louis et Alain, la ganaderia qu’il possédait depuis 1951, des bêtes provenant de Pierre Pouly avec apport Infante de Camara et Duc de Tovar (Santa Coloma), désormais baptisé Tardieu Frères. Depuis 1990, le sang originel a été rafraîchit avec du bétail de José Luis Pereda, provenant de chez Alain Tardieu puis d’Escudero. Les 170 vaches et leurs six étalons occupant les terres du Mas des Bruns, les herbages et les marais de  La Cœur des Bœufs qu’elles partagent avec prés de 200 mâles. La cinquantaine de becerras à tienter étant elles dans les prés de Côte Neuve à quelques encablures. Depuis le début de l’année, Magali, la fille de Loulou se partage entre deux mi-temps : son emploi à la Ville d’Arles et la ganaderia Tardieu Frères.   

Entre temps, en 1990, Alain et son épouse Frédérique ont créé leur propre élevage sur les terres du Mas de Gallignan avec un lot d’encaste Carlos Nuñez provenant de J.L. Pereda….

 

-Rencontre avec Loulou Tardieu….

 

-Si au moins le coté abattoir et boucherie pouvait s’ouvrir, cela nous donnerait un peu d’espoir…. On a des lots de toros qui vont atteindre les 6 ans fatidiques et on ne sait absolument qu’est ce qu’on va en faire ni ce qu’ils vont devenir….

 Dans les cercados autour du mas une trentaine de superbes toros qui devait partir en Espagne se demande quel avenir les attend…. Et avec les premières chaleurs la tension monte…

 -Il faut aussi mesurer l’évolution quantitative du campo français… Dans les années 90 nous étions une douzaine d’éleveurs et on arriver à passer nos 300 toros…. Aujourd’hui nous sommes plus d’une cinquantaine qui mettons sur le marché environ  1000 toros et dans un contexte qui s’est fortement réduit pour nous avec la quasi disparition des corridas portugaises….

 Et la grave crise sanitaire accentue encore plus les problèmes des éleveurs français qui vont devoir composer avec une saison quasiment blanche….Et sans solution en perspective dans l’immédiat.

 - Une trentaine de toros devait partir en Espagne comme l’an passé, pas loin de Madrid à la finca Bellalucia à Fuentidueña de Tajo chez Julián Gómez Carpio qui nous a fait lidier en 2019 deux corridas. Une à Honrubia et une à Santa Cruz de Mudella télévisée. Les autres toros sortant pour les recortadores ou dans la rue. Cette année le Covid a eu raison de cette répétition ibérique… Un toro pour Saint Martin est retenu, un novillo l’était aussi pour Arles…….

 

Depuis très longtemps tous les toreros français sont passés par la Cour des Bœufs, aujourd’hui de Juan Bautista à Solalito en passant par Marc Serrano ou Thomas Joubert…. Et quand les tentaderos vont s’ouvrir, la toreria française retrouvera la route de Mas Thibert. Et depuis longtemps aussi une poignée d’amis participe à la vie de l’élevage, Daniel, Yves, Sofiane mais l’essentiel est fait en famille, par passion et amour du toro… Une passion partagée par tous ceux qui a vécu les moments important de la devise« violet-blanc-noir », de la première en Espagne, une novillada à Girona en 1994, le 1er trophée de la CTEM d’Arles en 2002, les corridas de Barbastro et de Santa Cruz de Mudela, mais surtout le prix de la corrida-concours d’Arles en septembre 2003 qui revint à « Rompe Piernas » N°67 lidié par Luis Miguel Encabo…. « Baptisé ainsi car quelques mois avant cette corrida il m’avait blessé au genou » précise Loulou Tardieu…

 

Plus que du passé, c’est d’avenir qu’ont besoin les deux frères eleveurs… « On espère qu’on pourra encore faire combattre des corridas… Il faut simplement que les empresas et organisateurs nous fassent confiance… Sinon !!! »

 Aujourd’hui tout est à l’arrêt. Coté taurin, plus d’arènes jusqu’à nouvel ordre, plus de fiestas camperas…. « Quasiment aucun toro vendu et donc aucun centime qui rentre dans les caisses et pourtant on doit faire face toujours aux mêmes depenses pour nourrir et soigner les betes, donner encore plus de notre temps car il y a plus de toros qu’à l’habitude sur le pays…Impossible aussi de recevoir des clubs taurins pour leurs journées camperas… Il nous faut attendre et être patient !!! »

 

Veuve d’un boulanger de Berre, la mère de Lucien Tardieu convola en secondes noces avec Etienne Pouly, son adolescent de fils se trouva du coup plongé au milieu des toros et des marais de Mas Thibert…. Près de cent ans plus tard, les Tardieu y sont encore…. Pour longtemps encore on le souhaite et pour les deux élevages celui de Tardieu Frères et celui d’Alain et Frédérique Tardieu dont on parlera très prochainement…


Ganaderia Alma Serena

 

 Philippe Bats : Une année compliquée surtout avec la disparition de mon frère….

 

Cauna est un petit village de Chalosse dans les Landes dans de 450 habitants célèbre aux aficionados pour deux entités…. C’est là qu’est installé Richard Milian avec son école taurine sur une vingtaine d’hectares, une sorte de petit paradis, ou il a construit ses arènes d'entrainement. Et une ganaderia de toros bravos, Alma Serena sise "au Monge" créée en 1998 par deux frères agriculteurs, producteurs de maïs, Philippe et Pierre Bats, tous deux l’âme sereine….

Ils ont, pour débuter, acheté 35 vaches et étalon dans le Berry avec l’aide de Roland Durand et ses liens avec les frères Peralta qui possédaient la ganaderia Viento Verde d’encaste Murube. Elevage qui passait l’été à La Seigneurie, sur la commune de Vicq-Exemplet dans l’Indre.

Les premiers erales sont combattus en 2001 à Aire sur l’Adour. Mais lors de ces trois premières années les Alma Serena sortent compliqués avec un piquant peu propice aux non piquées. En 2004 dix vaches et un semental arrivent de chez Pepe Murube et grâce à ce rafraichissement les becerros gagnent en régularité et en toreabilité. Mais l’épidémie de la langue bleue va rendre impossible la poursuite cet apport génétique. Ils font donc le bilan de cette expérience et décident en 2010 d’éliminer l’encaste Murube. En 2008 Roland Durand met les deux frères en contact avec les propriétaires de la ganaderia Miranda de Pericalvo qui leur cèdent des vaches et des étalons pour un nouveau départ… Grace à leur nouvelles origines en 2010 et 2011, ils remportent le prix du meilleur lot des non piqués de Bayonne et deux fois le prix des chroniqueurs taurins du Sud-ouest et deux fois celui des l’Union des Clubs Taurins Paul Ricard. En 2019 ils remporteront à nouveau ces deux dernières récompenses mais après l’apport en 2013 d’une vingtaine de vaches et d’un reproducteur de chez Luis Algarra… en 2015, 2017 et 2018 d’etalons de chez Garcigrande.

Cette belle aventure est marquée par le décès brutal en septembre dernier de Pierre d’une rupture d’anévrisme à l’âge de 55 ans, un garçon discret, très connu du mundillo et très apprécié, qui s’était lancé également avec son frère dans le transport des toros pour le sud ouest. De son refuge céleste il veille encore sur la ganaderia, ses 200 bêtes qui se partage la centaine d’hectares du Monge… 75 vaches de ventre divisées en trois lots, deux de Miranda et un d’Algarra convoités par les quatre etalons de Garcigrande…

 

Rencontre avec Philippe Bats.

 

Quand, pourquoi et comment, on se lance dans l’aventure de l’élevage du toro de combat ?

-Nous avions 35 et 34 ans, Pierre et moi et comme nous étions natifs de Maylis en Chalosse, ou chaque village possède une arène, nous étions fascinés par cet animal sauvage. A la toute fin du siècle dernier nous avons ajouté l’élevage du toro bravo à notre exploitation agricole. 

 

Un élevage qui naquit avec votre regretté frère, Pierre et un copain d’enfance Serge Tauzin les premières années…. Mais aujourd’hui après la brutale disparition de votre frère, comment est organisée la ganaderia ?

-Il était l’ange gardien de la ganaderia, laissant un grand vide… Avec l’aide de Bernard dit « Tonton », un aficionado d’Hagetmau qui est là tous les jours et nos enfants, les trois de Pierre et les trois miens, on va essayer de poursuivre l’aventure dans son esprit… Et puis il y a les amis, les copains qui répondent toujours présents quand il y a des travaux à la ganaderia, qu’il s’agisse de l’entretien ou des soins aux bêtes… Sans eux….on n’y arriverait pas…

 

-Comment vous projetez dans l’avenir avec votre élevage (En faisant abstraction du problème du Corovirus) ?

 -Au départ avec mon frère nous avions considéré que créer une ganaderia de toros de combat dans les Landes ne pouvait se faire que par passion… Mais cette passion avait un coût et pour pouvoir durer et continuer il fallait qu’on minimise au maximum les pertes, c’est dans cet esprit que je poursuis notre passion commune.

 

-En 2018 1er novillo piqué à Orthez…

 -Nous avions prévu des le départ de prendre notre temps avant de passer à un échelon supérieur. De plus il nous fallait nous adapter à l’introduction des Garcigrande..

 

-Le festival de Mont de Marsan le 1er mars avec un novillo de vuelta, mais d’après les commentaires, une excellente noblesse avec 5 oreilles coupées à trois novillos, mais une certaine mansedumbre. D’où cela vient il ?

 -On a en effet constaté ce problème de bravoure au cheval. L’un après le tercio de piques, l’autre lors du dit tercio. Pourquoi ? Nous essayons d’analyser et de rechercher les causes, les étalons étant différents… C’est le cote passionnant de l’élevage. Ce qui peut nous satisfaire lors des tercios suivants, c’était la mobilité, l’engagement avec de la race durant la faena… beaucoup d’émotion que j’aurais aimé partager avec Pierre.

 

Présentation en piquée à Arles en 2020… et dans le Sud-Est mais le Covid 19 en a décidé autrement…. Quelle réaction à ce coup du sort ?

 -Beaucoup de regret pour nous tous. Nous aurions aimé faire le déplacement pour voir notre novillo "Recuerdo" N°43 que Pierre avait choisi avec Jean-Baptiste Jalabert.

 

Aujourd’hui tout est à l’arrêt. Coté taurin, plus d’arènes jusqu’à nouvel ordre, plus de fiestas camperas….

 -La saison 2020 s’annonce compliquée pour les sorties en public. Par contre on espère qu’au plus tôt on puisse organiser des tentaderos à la maison, retrouver les copains, les amis. Pour etre franc, on s’ennuie sans ces moments de partage et de discussions…

 

Y a-t-il un torero de la maison ?

 -Les tentaderos se font suivant les opportunités. L’an passé on les a fait avec Juan Bautista, Thomas Dufau,Clemente, Dorian Canton, Sébastien Castella et les novilleros de la région. Les élèves de l’Ecole Taurine Adour Aficion de Richard Milian y sont chaque fois invités et cela depuis nos débuts…

 

Que faire des lots, dont ceux prêts à être lidier ?

 -Pour nos erales on va attendre jusqu’à la fin de l’année pour prendre une décision. Pour 2020 nous avons une camada courte de 14 becerros qui devaient aller à Mugron, Mont de Marsan pour la concours, Hagetmau et Rion plus le novillo retenu pour Arles.

 

Y a-t-il des aides qui ont été évoqué concernant l’élevage du toro de combat dans votre région ?

 -Une initiative de soutien aux Toros de France a été mise en place par un groupe d’aficionados pour venir en aide aux éleveurs… A ce jour, ici, tout se met en place pour obtenir une dérogation de fauche sur les parcelles en jachère. Sur le département des Landes nous ne sommes que quatre éleveurs de toros bravos. Serons-nous associés aux douze ganaderos de Course Landaise ?  Mais on espère surtout qu’en 2021 l’activité économique repartira normalement et que les petites arènes et leurs organisateurs, tous pleins d’aficion, retrouveront les forces et les budgets pour reprogrammer des spectacles taurins….

 

On l’espère tous et surtout que vous y soyez convier…


Ganaderia Gallon Frères

 

Michel Gallon : Nous étions déjà en crise, cela peut vite devenir une catastrophe

 

Avec un prénom pareil, Aimé Gallon n’aurait pas pu être différent de ce qu’il fut, un homme affable, modeste, discret, avec un montón de gentillesse…. Lui qui, entrepreneur agricole, en 1956, acheta la manade Lescot et ses 280 ha à Mas Thibert avec deux étalons d’Achille Pouly et un lot de vache à Fernand Gidde. Tous les arlésiens qui commencent à voir leurs cheveux virer couleur argent, se souviennent des ferrades à Tenque…, ainsi que des premières tientas dans le bouvaou en bois d’acacia… Pendant une quarantaine d’année, la réputation de la ganaderia se fera sur ces bases, avec l’apport de divers étalons d’origine Parladé par Atanasio et Domecq. Jusqu’en 1999 ou l'acquisition de vaches et d’étalons de la ganaderia Hermanos Sampedro de Séville, orientera l'élevage vers une pure ascendance Juan Pedro Domecq. C’est tout cet héritage qu’en février 2007 Aimé laissera à ses fils Michel et Jean-Pierre, caractère compris……

Aujourd’hui ce sont environ 400 bêtes qui occupent les 500 ha d’herbage et de marais du mas de Tenque dont près d’une cinquantaine de toros, autant de novillos et une quarantaine d’añojos…  Toutes d’origine : Hermanos Sampedro  avec un rafraîchissement par El Torero et Joselito…

 

Rencontre avec Michel Gallon, véritable livre généalogique de leur ganaderia

 

-Avant d’évoquer les graves problèmes actuels, j’aimerais faire un petit tour sur ton élevage en 2020….

-En premier il nous faut limiter le nombre de mères à 90 tout en conservant le caractère de l'élevage en essayant d'améliorer la période de croissance des bêtes.

 

-Depuis la disparition d’Aimé, ce sont ses deux fils qui gèrent l’élevage. Jean-Pierre est plus ciblé sur les « limousines », Michel sur les toros bravos…. Pourquoi cet équilibre ? Thomas et Paul sont les successeurs tout désignés mais comment ils pensent s’organiser ?

-Chacun a son élevage de bêtes à viande en plus de la ganaderia, mais nous nous retrouvons toute la famille et quelques amis passionnés et fidèles pour les opérations de prophylaxie, de traitement et marquages. Pour les tientas nous sommes, en général du même avis.  Thomas et Paul sont passionnés et impliqués dans l'élevage des braves, des Aubracs et la culture du foin. C'est une réelle satisfaction pour moi et je pense qu'Aimé et Belou doivent être heureux là haut car la manade et le mas, c'étaient leur vie, notre vie. Pour la suite, il faudra voir comment la situation évoluera, l'élevage de toros demande 200% d'aficion mais ils savaient déjà que c'était très compliqué, certainement qu'il faudra qu’on s’adapte aux attentes des aficionados.

 

-Luc Jalabert disait : « Le meilleur élevage qu’on a en France, c’est celui de Gallon »… Combien de corridas de toros lidiées depuis l’arrivée des « Sampedro Hermanos » ? Combien de toros importants, combien d’indulto ?

 - Concernant ce que disait Luc, qui restera un ami de toujours, un des grands professionnels, c'est un grand honneur, il appréciait notre élevage et Jean Baptiste a tué beaucoup de nos toros. J'aurais aimé qu'il vive avec nous cette corrida flamenca des Saintes en 2018 inoubliable  mais sincèrement, je crois que tous les élevages français ont bien progressé, chacun avec son style. Pour moi ce qui est important c'est d'élever le genre de toro que tu aimes.

 Nous avons lidié 18 corridas depuis 2005 avec 3 indultos :"Odalisco" à Iniesta en 2015 par Morenito de Aranda, "Opulento" à Mauguio en 2018 par Javier Conde, "Destocado" aux Saintes Maries de la mer en 2019 par Sébastien Castella, sans oublier les toros :  "Despierto" lidié à Saint Martin de Crau en 2015 par Morenito de Aranda  ; "Destinado" lidié à Navalcan en 2016 par César Jiménez (2 oreilles, pétition d'indulto et vuelta al ruedo) et " Primo" aux Saintes Maries de la mer en 2018 pour Juan Bautista à la corrida flamenca (2 oreilles et la queue, vuelta al ruedo) qui resteront de grandes satisfactions, souvent partagées avec mes confrères français. Il y a aussi des grandes faenas de Medhi, Thomas Joubert, Thomas Dufau, Roman Perez et bien d'autres.

 

-Et même un en Espagne, le 1er toro français à l’être…. Retour sur cette grâce et sur ces lots combattus tras los montes, grâce à César Jiménez, si je me trompe pas…

 -L’origine de cet épisode espagnol est à chercher, en effet, du côté de César Jiménez. "Il y a six ou sept ans, il nous a demandé quatre vaches à tienter. Il avait déjà toréé nos toros en France. La tienta s'est bien passée et il nous a demandé un lot pour Iniesta, en 2015."  Les arènes de la ville de la province de Cuenca, avait au cartel, Morenito de Aranda, César Jiménez et Francisco José Espada. "Ce 29 aout 2015, nos toros avaient laissé 7 oreilles et Odalisco, le second toro de Morenito de Aranda, deviendra le premier toro issu d'un élevage français à être gracié en Espagne".

 Naturellement, les Gallon ont repris la route d'Iniesta en 2016 et ils se laisseront couper 6 oreilles par Morenito de Aranda, Gines Marin et Joaquin Galdos qui lui en coupera deux à un sobrero de Patrick Laugier. En 2017 les pensionnaires du Mas d'Icard ont été  lidiés à Piedralaves (6 oreilles), à Arenas de San Pedro (8 oreilles) et à Tomelloso (8 oreilles et un rabo).

 

-Les Gallon sont torées par de grand nom de la toreria…. Et qui en a triomphé ?

 -Jean-Baptiste, Sébastien mais aussi César Jiménez, Morenito de Aranda, Javier Conde, les rejoneadors Pablo Hermoso de Mendoza, Andy Cartagena Manuel Díaz “El Cordobés”, Alberto López Simón et bien d’autre que j’oubli… tous les toreros français que j’ai cité précédemment…

 

-Personne ne conteste la qualité des toros des Frères Gallon, Leur tendon d’Achille semble être un certain manque de forces…. Qu’en est-il aujourd’hui ?

 - Depuis quelques années nous avons changé l'alimentation des toros, les résultats au point de vue force sont encourageants (je le dis à voix basse car rien n'est jamais acquis ... ) Il faut continuer à bien soigner les bêtes dès le plus jeune âge, déparasiter le plus souvent possible, pas trop charger le pays et dans les tientas être très vigilant.

 

-Aujourd’hui tout est à l’arrêt. Coté taurin, plus d’arènes jusqu’à nouvel ordre, plus de fiestas, de faenas camperas, je pense aux tentaderos en particulier….

 -Maintenant on ne sait pas où on va avec ce maudit virus, cette année on risque de ne pas vendre les toros, c'est très inquiétant,  car tous les jours il faut leur apporter 300 kg de pienso et 2 tonnes de foin pour les nourrir (sans parler du reste des charges !) C'est démoralisant, car nous étions déjà en crise, cela peut vite devenir une catastrophe ... Maintenant, il ne faut pas oublier d'où on vient, il faut tenir bon.

 

-Un petit bol d’air avec les aides qui ont été évoqué par le Conseil Régional PACA concernant l’élevage du toro de combat ?....

 - Pour l'instant, on entend parler d'aide de la région, en attendant un groupe d'aficionados lance une collecte pour l'ensemble des éleveurs français, et puis il y a tous les appels téléphoniques pour prendre des nouvelles et ça fait chaud au cœur, c'est vraiment très gentil, car tout le monde est impacté et surtout il faut avoir une pensée pour toutes ces personnes qui font face à ce virus pour sauver des vies, ils méritent une grande ovacion….

 

Avec le deconfinement, le bout du tunnel semble poindre à l’horizon, surtout du coté des faenas camperas…. Un jour les arènes se rouvriront et la vie reprendra normalement ou presque pour ceux qui ont sacrifié leur vie pour leur passion, le toro de combat…. En espérant qu’ils soient encore là tous sur la ligne de départ..


Soutien aux toros de France

 

 Cette année nous n’irons pas aux corridas. Les spectacles taurins sont annulés jusqu’en septembre dans le meilleur des cas. Pour les éleveurs de toros français et les cavaleries, pas de spectacle et pas de recette alors que leurs charges quotidiennes perdurent : leur situation est dramatique. Depuis le mois de mars 2020 et le confinement décidé par le gouvernement, tous les spectacles taurins ont été annulés. Les scénarios les plus optimistes prévoient leur retour au mois de septembre dans le meilleur des cas, au moment où la saison touche à sa fin. Dans le pire des cas, aucun spectacle ne pourra être programmé en 2020. On peut donc légitimement parler de saison blanche.  Pour le public, cette décision se traduit par une impossibilité de se rendre aux arènes. Pour les professionnels du secteur, la situation est dramatique. Parmi les plus impactés, les éleveurs de taureaux se retrouvent en première ligne et connaissent des difficultés croissantes. Nous devons les aider : leur survie en dépend.

 

Un modèle économique fragile

 

Le modèle économique de la tauromachie repose exclusivement sur les recettes de billetterie des arènes. Pas de spectacle, pas de billetterie. Pas de billetterie, pas de revenu pour les professionnels du secteur. Et pour les éleveurs, les charges et dépenses continuent alors que les ressources se tarissent.  Un taureau coûte à son éleveur environ 1.000 euros par an (nourriture, soins vétérinaires, frais de personnel). Un taureau adulte coûte donc autour de 5.000 euros. Dans le cas où l’éleveur choisit d’envoyer ses animaux à l’abattoir, il ne peut en tirer guère plus de 50 centimes d’euros le kilo pour environ 250 kilos de viande, soit une importante perte financière.  Le taureau représente la base de la tauromachie. Pas de taureau, pas de corrida. Ce constat peut prêter à sourire mais en y regardant de plus près, on s’aperçoit que l’équilibre économique de nombreux éleveurs ne tient qu’à un fil. Et il n’est pas interdit de penser que certains ne passeront pas la saison.

 

Un modèle écologique à préserver

 

« En quoi la disparition de quelques élevages poserait-elle un problème ? » peuvent légitimement se demander les plus pragmatiques ? Outre l’aspect économique, le volet écologique doit être pris en considération.  L’élevage de taureaux est basé sur un modèle unique au monde. Localisé sur certaines régions du sud de la France et dans de grandes zones de l’Espagne et du Portugal, il permet l’élevage d’animaux sauvages dans des conditions exceptionnelles. Dans certains élevages, on compte jusqu’à un hectare par tête de bétail. Avec la forêt d’Amazonie, les zones d’élevage de taureaux du sud de l’Europe constituent l'une des plus importantes réserves naturelles pour la faune et la flore à l’échelle mondiale. Cet écosystème unique ne peut perdurer que grâce aux éleveurs de taureaux.  Que se passerait-il s’ils étaient contraints de vendre leurs terres ? Tout, absolument tout est envisageable : agriculture intensive, développement de programmes immobiliers, plantation de céréales ou implantation de golfs. Mais pour tous ces scénarios, la finalité est identique : une réduction drastique de ces écosystèmes et une disparition pure est simple de la faune et la flore qui peuplent ces terres. En un mot : un désastre écologique.

 La période est difficile et certains d’entre nous sont confrontés à de préoccupantes baisses de revenus. Néanmoins, tous les aficionados font le même constat : les dépenses afférentes aux spectacles taurins ont fortement diminué en 2020 pour devenir quasi-nulles. Aussi, nous proposons à ceux qui le souhaitent de remplir les arènes ! Des arènes virtuelles certes, mais des arènes où le prix du billet d’entrée est fixé à 20 euros, le tarif moyen d’une entrée générale. Ceux qui veulent acheter un billet mieux placé ont la possibilité le faire également : un gradin ou une place au premier rang sans limite de prix pour permettre à chacun de contribuer à son niveau. Les revenus de cette billetterie vont nous permettre de constituer une cagnotte dont le montant sera intégralement reversé aux éleveurs de taureaux pour les aider à traverser cette période difficile et exceptionnelle.

 

Notre objectif est de remplir la plus grande arène du monde. C’est la raison pour laquelle nous faisons appel à vous : nous avons besoin de votre générosité et nous comptons sur votre solidarité. Vous pouvez dès maintenant effectuer un don :

 - Sur notre page Facebook « Soutien aux toros de France »

 - Ou sur la cagnotte PayPal https://www.paypal.com/pools/c/8oCKTYzVGE

 - Ou par chèque à adresser à : Association des éleveurs français de toros de combat

 Parc naturel régional de Camargue - Mas du Pont de Rousty - 13200 Arles (à l’ordre de l’association)

 - Ou par virement bancaire sur le compte de l’association des éleveurs français de toros de combat : FR76 1130 6000 0048 1212 8607 913

 Nous nous engageons à reverser l’intégralité des versements reçus aux éleveurs de taureaux français dès cet été. Toutes les opérations financières seront entièrement transparentes et les comptes disponibles sur demande. Jusqu’au dernier centime, votre engagement nous engage.

 

Qui sommes-nous ?

 

 Cette proposition est portée par un groupe d’aficionados d’âges et d’horizons différents rassemblés par leur passion des toros : Jean-Pierre Chaix, Laurent Aussel, Julie Bérard, Bruno Chabrol, Victor Jalaguier, Gérard Labrouche, Matthieu Longépée, Florent Moreau, Rudy Nazy, Jean-Charles Roux et Sophie Sereu.

Nous ne sommes pas un club taurin. Nous ne sommes sous l’influence d’aucun lobby et d’aucun directeur d’arène. Nous ne sommes contrôlés par aucun parti politique, aucune société taurine. Nous avons décidé de nous fédérer autour d’un projet que nous souhaitons porter par esprit de solidarité, de passion, de fraternité et d’aficion


Ganaderias L’Astarac et Camino de Santiago

 

J.L. Darré : Depuis deux mois, pas un centime n’est rentré

 

Seules les annonces des annulations des fêtes et ferias arrivent… Il faut continuer à soigner les bêtes, les nourrir… Et on ne sait pas quand ni comment cela va évoluer. Nous qui ne vivons que des toros et de la restauration, nous sommes dans deux domaines hermétiquement fermés… Pour l’éleveur gersois qui vient de voir deux corridas et une novillada prévues en Espagne, annulées, l’année 2020 s’annonce plutôt noire….

 

Comme la plupart des jeunes vicois, Jean Louis Darré connaissait les toros par les arènes de Vic Fezensac et le rugby, qu’il pratiquait à Mirande, deux pôles d’attraction qui le menèrent à Michel Lagravère qui rêvait de devenir torero. Et qui un jour lui demanda de devenir son valet d’épée. De 1986 à 1992, notre futur ganadero fit des allers retours entre Bars et les villages de France ou de Castille où toréait son torero.  Il y renforça son aficion, rencontra de nombreuses personnes du mundillo et des éleveurs, il vécu une aventure  qui lui susurra l’envie d’élever des toros de combat.

 C'est au retour d'une manifestation d'agriculteurs à Paris que le paysan gersois, écœuré de l'agriculture traditionnelle, décide de mettre, sur ses terres de Bars, un élevage de toros braves. Pour démarrer son troupeau en décembre 1992, il acquiert une vingtaine de vaches de ventre et un semental à Jean Riboulet, d’origine Guardiola

 L’Astarac, ancien pays gascon au sud du département du Gers, et un peu dans les Hautes-Pyrénées, correspond à un ancien comté apparu en 930, dont le chef-lieu était Mirande, entre Gimone et Osse. Son pays donnera son nom à sa ganaderia.

 Une quarantaine de vaches de ventre et deux étalons se partagent une cinquantaine d’hectares entre le " Cantaou " à Bars et le  " Coularot " à St Christaud. Une ganaderia qui reste toujours fidele au troupeau d’origine, seulement rafraichit avec un semental de Yerbabuena en prés de 30 ans.  La première sortie à lieu Aignan en 1997 pour une non piquée avec à l’affiche deux débutants El Fandi et Sébastien Castella, qui coupera ce jour là la première oreille de sa carrière.

 

10 ans plus tard, à  l'automne 2002, J.L. Darré créait une seconde ganaderia qu’il baptisera Camino de Santiago avec des vaches de Santafé Martón, élevage d’origine Marquis de Domecq-Martelilla. Une soixantaine de becerras neuves et deux sementales du Marquis… Aujourd’hui se sont 400 bêtes, dont 130 mères, qui se partagent les 250 ha " Du Penin " à Monclar sur l'Osse et Pouylebon sur le Chemin de Saint Jacques de Compostelle…. Une encaste d’origine rafraichie par du Lagunajanda de l’Albareal et du Conde de Mayalde ….

 A partir de là, Jean Louis Darré mène de front ses deux élevages qui nécessitent la production des 400 tonnes de foin pour nourrir Guardiola et Domecq, les autres activités agricoles de l’exploitation ayant été abandonnées. La relève est assurée puisqu’à la tête de son exploitation, Jean Louis a été rejoint par son fils Romain qui l’aide à plus de 100%.

 En 2006 les deux fers font leurs débuts en novilladas piquées à Rieumes et Millas. En 2008, une corrida de toros de L’Astarac à Vic relance la carrière d’Alberto Aguilar qui coupe deux oreilles et assoit la réputation de l’élevage gersois.
En 2012, la première corrida du Camino de Santiago sort à Mimizan, des arènes qui feront confiance à ce fer à plusieurs reprises. Et en 2016, grâce à l’aide de Michel Lagravère, c’est le marché espagnol qui s’ouvre Zalamea la Real, Baeza (novillada), Almagro, La Adrada, Barbastro… et avec des toreros comme Paquirri, Padilla, Lopez Simon, Le Cid, Finito de Cordoba…

 

Rencontre avec Jean-Louis Darré

 
Comment vous projetez vous dans l’avenir avec vos élevages ?

 -C’est très compliqué et ça l’été même avant l’arrivée de ce virus…. Les toros sont pointés du doigt et les activités qui lui sont liées subissent les mêmes influences négatives….

 

Vous êtes l’un des ganaderos français qui sort le plus, notamment en corrida, si l’on excepte vos confrères qui ont des arènes en gestion. Comment l’expliquez-vous ?

 -Déjà j’ai deux encastes différentes ce qui m’ouvre des cartels variés… Ceux de L’Astarac sont dans un créneau plus torista et la corrida de 2008 à Vic a assis leur réputation…. Les Camino sont plus toreables même si je leur reconnais un certain manque de forces et là, ce sont principalement les lots lidiés en Espagne, et par des toreros de tout premier plan, qui ont fait leur renommée…. Par contre, l’an passé à Eauze, j’ai pris un gros coup sur la tête….

 

Vous l’expliquez comment ?

 -Un cauchemar… D’accord il faisait 40° sur le sable et plus dans les chiqueros, mais cela n’explique pas tout loin de là…. Les six se sont arrêtés des les premiers muletazos. Je ne veux pas fuir ma responsabilité d’éleveur mais il faut que je trouve le pourquoi de cet échec et corriger le tir au plus vite…. Mais ça fait mal

 

Un élevage à gérer ce n’est pas simple, sur des propriétés séparées. Élever deux encastes distincts, vous pouvez évoquer les différences fondamentales au niveau du comportement au campo et sur la sélection….

 -Les Camino sont plus réguliers, globalement ils sont dans une certaine continuité mais je leur applique une sélection plus sévère, en tienta c’est une vache sur dix en moyenne qui est conservée… C’est plus compliqué avec les Astarac, ils sont très irréguliers à l’instar de leurs origines ou tout bon ou tout mauvais. Mais dans les deux cas j’applique mes critères de sérieux tant au moral qu’en présentation..

 

La relève c’est Romain votre fils ?

 -Il y est en plein dedans…. Moi à 66 ans je me dois de le laisser prendre les affaires en main avec sa propre vision, même si l’on partage les mêmes visions des choses..  Et je ne veux pas oublier les copains qui jouaient avec moi à Mirande sur lesquels on peut compter pour les faenas camperas

 Sans oublier sa compagne, Véronique, qui à l’époque, participa comme juriste à la défense des arènes de Rieumes et leurs démêlées avec les anti-corridas, et qui finit en y faisant le paseillo en tant qu’alguacililla. Elle continue de défiler après Rieumes, Arles et Fenouillet, dans de nombreuses arènes du Sud-Ouest dont Vic Fezensac, souvent accompagnée de sa fille Eugénie.

 

Aujourd’hui tout est à l’arrêt. Coté taurin, plus d’arènes jusqu’à nouvel ordre, plus de fiestas camperas….

 -Déjà on espère que fin mai on pourra reprendre les tentaderos même si c’est en confiné… Mais pour le reste j’ai peu d’espoirs que la situation se débloque dans les semaines, voire les mois à venir… Depuis deux mois, pas un centime n’est rentré au Cantaou. Les novilladas et les corridas nous restent sur les bras, mais nous vivons aussi et pas mal, des fiestas camperas, des réceptions des clubs taurins et autres festivités liées aux toros, de la restauration, l’agro-tourisme…. Et là aussi tout est bloqué, annulé. Jusqu’à quand ?

 

En Astarac, ancien pays gascon au sud du Gers, surmonté par un éventail de pouges serpentant dans les vallées entre Gimone et Osse, le relief assez accidenté contribue à en faire davantage des terres d’élevage de bovins qu’un pays de céréaliculture, c’est là qu’il y a prés de trente ans, JL Darré s’est lancé par deux fois dans l’élevage du toro de combat… L’une avec une consonance qui se vend mieux, les toreros préfèrent le Camino… et une qui plait plus aux aficionados l’Astarac !  Avec le secret espoir que tous se retrouve prochainement autour du toro dans une arène…


Ganaderia San Sébastian : Maintenir les qualités issues du Jandilla…

 

Fontanès, qui signifie  le lieu de la source”, est un village de l’Hérault de 300 habitants aux pieds du Pic Saint Loup, et paradoxe, son aura est plus dûe aujourd’hui à ses vignobles classés AOC qu’à sa fontaine et son péage de la Tour de la Roque, symboles d’une histoire fortement liée à l’eau. C’est là qu’en 2008, Gilles et Matthieu Vangelisti, ont débarqué les premières bêtes de leur toute nouvelle ganaderia, issues de chez Jandilla par Torrehandilla et Daniel Ruiz ensuite…. Sur les terres du mas de Lacan que Michel Rouquette, beau-père du ganadero, mais également passionné de tauromachie, leur mis à disposition pour développer leur élevage… à ces 150 ha, viennent s’ajouter une 50 d’hectares au Mas de Page à Gallician pour les fourrages, dans le quartier Saint Sébastien, qui donna le nom de la ganaderia en l’hispanisant….   Rencontre avec l’éleveur….

 

-Quand, pourquoi et comment, on se lance dans l’aventure de l’élevage du toro de combat ?

 Pour moi, il s’agissait de réaliser un rêve d’enfant qui était d’être un jour manadier. J’ai grandi à Mauguio où la course camarguaise était très présente et je crois que la passion du taureau a débuté dans la cour d’école et dans les arènes du village.

 

-Une passion de jeunesse favorisée par une collaboration professionnelle avec Simon Casas ?

 C’est en effet ma rencontre avec Simon Casas, dans les années 1980, qui m’a permis de découvrir la corrida que je ne connaissais que très peu auparavant. J’étais jeune avocat à l’époque et j’ai commencé à travailler pour lui et du coup, le « virus » du taureau camarguais s’est muté en virus du « toro brave ».

 

-Une passion partagée avec votre fils Mathieu, qui a créé, entre-autre en décembre 2014, le projet Happycionado pour transmettre la culture taurine, l’aficion, et ses valeurs aux plus jeunes.

 Matthieu a créé ce projet tout seul et je dois dire que je suis très fier de lui ! Il a imaginé le concept, dessiné les premières arènes gonflables, suivi la fabrication puis développé le projet à travers les ferias en France, en Espagne et au Portugal !

Son ambition est de créer de l’aficion et pour cela il est nécessaire de s’adresser aux plus jeunes afin que notre culture ne se perde pas. Le succès de ce projet est tel qu’il a, depuis, été copié ou imité par d’autres, ce qui est le gage d’une bonne transmission.  Il prépare d’ailleurs un deuxième livre de jeux destinés aux enfants après celui intitulé  « Découvre la tauromachie en t’amusant » parrainé par Sébastien Castella. Ce deuxième tome devrait sortir dans le courant de l’année.

Pour la ganaderia, je ne me suis lancé dans sa création qu’avec l’assentiment de Matthieu car je savais dès le début que cela supposerait des coûts, des sacrifices et beaucoup de temps. Je savais que finalement c’est surtout lui qui pourrait en retirer, non pas de bénéfices, mais les fruits du travail accompli. Et je dois dire qu’il est encore plus passionné que moi sur l’aspect sélection et devenir de l’élevage.

 

-Avant d’évoquer les graves problèmes actuels, on pourrait faire un état des lieux sur votre élevage en 2020….

 Notre cheptel est relativement réduit puisqu’il ne compte qu’une soixantaine de vaches reproductrices. Nous comptons à ce jour trois sementales : un d’origine « Jandilla », un autre de José Vazquez et un dernier issu de notre élevage provenant d’une très bonne famille d’encaste  Jandilla.  Nous avons deux lots de vaches pour la « cubricion » et en principe nous séparons les

 « Jandilla » et les « Daniel Ruiz ». Petit à petit, les vaches marquées de San Sebastian sont de plus en plus nombreuses mais nous maintenons globalement la séparation des deux origines même si l’encaste Jandilla reste très largement majoritaire.

 

-Des lots prévus pour 2020 Non-piqué, novilladas, corridas… Et lesquels étaient retenus ou en voie de  l’être ?

 Pour 2020, nous avons une vingtaine de mâles âgés de 2 ans que nous souhaitons conservés pour une ou deux novilladas piquées en 2021. Du coup, nous n’avions rien de prévu pour cette année, ce qui, finalement est un moindre mal, compte tenu de la situation sanitaire actuelle.

 

-Vous avez un « taurodrome » pour faire courir vos toros….?

 Lorsqu’un lot est prévu pour une arène, nous faisons courir les toros en effet. Nous avons organisé un parcours qui permet de faire courir et en même temps d’habituer les toros à entrer dans les corrales de manière à limiter les problèmes les jours d’embarquement. La fréquence est d’environ 3 fois par semaine et pendant 3 à 4 mois avant la sortie. Une faena campera que nous faisons à deux : Lionel notre mayoral et moi-même.

 

-Y a-t-il un torero de la maison ?

 Il y a surtout des amis avec qui nous partageons des moments privilégiés lors des  tentaderos . Parmi les « habitués » il y a bien sûr El Rafi, Andy Younes, Thomas Dufau et Sébastien Castella lorsqu’il est de passage dans la région.

 

-Comment vous projetez dans l’avenir avec votre élevage (En faisant abstraction du problème du Corovirus)

 Notre ambition est surtout de trouver et conserver les qualités qui font de l’encaste « Jandilla » l’une des origines les plus appréciées à la fois des professionnels mais aussi des aficionados. C’est, je crois, l’origine qui présente le meilleur équilibre entre bravoure et noblesse.

 

-Première novillada piquée, 2013 à Tarascon, excellente avec vuelta au 5eme, la seconde à Saint Gilles en 2015 de bonne tenue, une 3eme à Nîmes en 2016 qui laissera quatre oreilles pour des débuts en arène de 1ere catégorie, un 1er toro de San Sebastian à Ales en 2018, primé d’une vuelta posthume…. Et en septembre 2019, un flop pour votre seconde novillada à Nîmes. Quelles explications ?

  En voulant trop bien faire pour cette novillada, j’ai commis une erreur en termes d’alimentation, ce qui a provoqué des fragilités ligamentaires et donc des faiblesses. Cela nous a fait d’autant plus râler que les qualités intrinsèques des novillos étaient certainement supérieures à ceux lidiés en 2016… Mais bon, nous apprenons de nos erreurs !

 

 -Aujourd’hui tout est à l’arrêt. Coté taurin, plus d’arènes jusqu’à nouvel ordre, plus de tientas….

 Comme je l’ai dit avant, nous n’avions rien de prévu cette année donc pour nous, cette crise aura moins de conséquence que pour certains de nos amis ganaderos qui avaient des lots déjà réservés. Pour certains, la situation risque d’être très compliquée. Sinon, côté moral, on reste positif même si on ne sait pas trop ce que l’avenir nous réserve ? Dans tous les cas nous avons la chance de vivre notre passion, donc c’est déjà énorme ! Après, nous reprendrons les tentaderos dés que les mesures de confinement seront levées, j’espère fin mai début juin ! Après, si les toreros doivent mettre un masque pour tienter, on leur fournira des masques de fabrication maison !

 

-Autre préjudice important spécialement pour ce qui est tout de même une entreprise, les journées au campo, les fiestas camperas des clubs taurins, les tientas etc… etc...

 Pour ce qui nous concerne, nous n’organisons pas ce type d’activité, donc là encore l’impact de la crise sanitaire sur notre ganaderia reste limité. Mais pour beaucoup d’amis ganaderos, la situation est plus compliquée à cause des mesures de confinement et d’interdiction de rassemblements. C’est une partie importante des ressources qui se trouve paralysée.

 

Y a-t-il des aides qui ont été évoquées concernant l’élevage du toro de combat ?

 La Région Occitanie vient d’annoncer des aides pour les élevages « Camargue » mais qui ne semblent pas pour l’instant être accordées aux taureaux de combat. J’espère qu’il n’y aura pas de discrimination entre les deux types d’élevages car les ganaderias participent, au même titre que les manades, au développement culturel, touristique et environnemental de nos territoires. Quant à la Région PACA, elle vient d'annoncer qu’elle va également aider le secteur de l’élevage, qu'il soit camarguais ou espagnol.

 

Depuis 2008 l’élevage s’est immiscé dans notre histoire taurine et ganadera en attendant une année 2021 plus prospère et plus sereine pour tous, depuis peu un troisième Vangelisti préside aux destinées de la ganaderia de San Sabastian, Valentin auquel on ne peut que souhaiter de partager dans un monde moins fou, les rêves de son père et de son grand-père


Rencontre avec un élevage gersois, celui du Lartet 

 

Jérôme Bonnet : « cette crise va être tellement grave pour la tauromachie qu’il est très difficile d’envisager un avenir pour le milieu taurin et les taureaux en général, bravos, landais ou camarguais »

 

 Des terres du Lartet à Peyrusse-Grande dans le Gers, un novillo attendait de faire un voyage à Arles pour Pâques…. J. Bonnet et sa ganaderia du Lartet comptaient bien refaire le coup de 2019, celui réussit par « Purpanito » qui pour la présentation de l’élevage dans le Sud-est à gagné le prix du meilleur novillo et fut primé d’un tour de piste posthume….. Hélas le Covid19 en a décidé autrement…..

Tout à commencé en 1992 quand Paul Bonnet, à l’époque Vice-président de la fédération française de course landaise, très connu dans le milieu, et grand aficionado a los toros, décide, pour occuper sa toute récente retraite, de se lancer, avec son fils âgé d’une vingtaine d’années et mordu de toros également, de monter sa propre ganaderia. Il avait pour cela, acheté une propriété, Le Lartet, un espace de 80 ha, vallonné avec des points d’eau et de riches herbages, et qui donnera le nom à l’élevage…

En 1996, les Sepulveda et les Cesar Moreno sont éliminés au profil d’origines Cebada Gago, les premiers issus de chez Margé, puis au début des années 2000 des Marques de Domecq issus de chez Fernando Domecq.

Aujourd’hui, le troupeau de sang Cebada Gago, Marquis de Domecq et Juan Pedro Domecq par Sanchez Arjona, se partage les 100 ha sur deux sites sous, depuis quelques temps, la direction du fils, Jérôme Bonnet et de sa fille Mathilde…. Environ 160 têtes, une soixantaine de vaches de ventre, quatre sementales, une dizaine de novillos, 20 becerros, 30 becerras et une quarantaine de plus jeunes…

L’élevage s’est depuis illustré très fortement au fil des temporadas, dans le Sud-ouest avec ses becerros…. La ganaderia gersoise a notamment remporté tous les prix mis en compétition en 2018, catégorie novillada non piquée pour la neuvième année consécutive, prix de feu l'Union des Clubs Taurins Paul Ricard pour le Sud-Ouest, prix des critiques taurins de France, le Trophée Occitanie. Remporter les trois prix est exceptionnel, c'est la récompense un travail de sélection et d'élevage fait depuis plusieurs années. Laissant loin le souvenir d’un premier novillo lidié en public à Aire, par Sébastien Castella le 26 juin 1996.

Rencontre avec l’éleveur….

 

 -Des lots étaient prévus pour 2020 Non-piqué, novilladas,… Et lesquels étaient retenus ou en voie de l’être ?

-Nous avions des lots retenus, notamment en commençant par Arles pour la Feria de Pâques, et jusqu’en septembre mais à l’heure actuelle, tout est en suspend…

-Comment vous vous projetez dans l’avenir avec votre élevage (En faisant abstraction du problème du Corovirus)

 -Malheureusement aujourd’hui, cette crise va être tellement grave pour la tauromachie que nous ne pouvons même plus envisager un avenir et se projeter dans le futur tellement le milieu taurin et les « taureaux » en général, de corrida, landais, camarguais également, vont être impacté.

-Paul, votre père et créateur de la ganaderia, est resté plus de 20 ans dans les « sans chevaux » avec pourtant des résultats haut de gamme sans franchir le pas (Voir les prix de l’UCTPricard). Pourquoi ?

-La création d’un élevage est longue, il faut arriver à fixer le sang et la morphologie que l’on souhaite et aussi arriver à trouver un équilibre financier. C’est pour cela que nous avons préféré pendant toutes ces années travailler et pérenniser l’élevage avant de passer à l’échelon supérieur. Ainsi, ce travail durant de longue année en sans piquée nous a permis de se voir attribuer neuf fois d’affilé  le prix des clubs taurins Paul Ricard de la meilleure novillada sans picador section sud-ouest.

-Vous avez passé ce cap avec des résultats bien plus irréguliers qu’avec les becerros… Très bien votre novillo à Orthez, Arles l’an dernier un novillo de gala et trois mois plus tard, une certaine déception à Riscle… Y a il une explication ?

-Avant toute chose, je ne souhaite en rien minimiser ma responsabilité d’éleveur. On attendait un lot de novillos pour un spectacle, et ce lot n’a pas donné les résultats espérés, ni pour les aficionados, ni pour les organisateurs, ni pour le ganadero. Pour ce qui est des raisons, le novillo d’Arles est sorti au mois d’avril, à la sortie de l’hiver et il n’était pas excessif en gras et a été mobile. Ses frères du lot de Riscle sont sortis au mois d’aout, l’été a été particulièrement chaud, les toros ont très peu bougé et ont fait du « gras ». Le jour de la course, ils sont sortis asphyxiés dès le premier tercio et cela ne s’est pas arrangé jusqu’à la fin de la lidia. Le poids des tickets de l’abattoir a été absolument incroyable puisqu’il y a eu des novillos à 550 kg. J’ai travaillé cet hiver a modifié tout cela pour les novillos futurs et j’espère que cela me donnera raison. Le lot de Riscle était composé de deux lots de vaches différents et de deux sementales différents or les six ont eu le même comportement. De plus, le taux de réussite dans les tentaderos avec les sœurs de ces mêmes novillos a été très bon, ce qui me fait penser que ce n’est pas un problème de qualité.

 -Il y a trois ans vous avez inauguré une placita de tienta. Pourquoi pas jouxtant la propriété ou paissent les toros ?

 -Notre propriété est basée à Peyrusse Grande, dans les collines gersoises, il aurait été possible mais plutôt compliqué de l’établir là-bas. La placita a été construire jouxtant une vieille maison familiale, qui n’été plus habitée et à laquelle nous avons redonné vie. Cette arene de tienta a donc une connotation familiale. Maintenant, c’est dans cette maison que nous nous retrouvons après les ferrades, fiesta campera…etc. De plus, je pense aussi qu’il est mieux de déplacé son bétail de son lieu de naissance pour les tentaderos, chose qui se rapproche le plus de la réalité d’un toro de lidia.

-Vic Fezensac, Marcel Garzelli, Paul Bonnet…. Pensez-vous qu’on puisse les voir réunis dans les arènes Joseph Fourniol autour d’une corrida de toros du fer du Lartet lors d’une prochaine feria de Pentecôte ?

 -L’élevage de toros est une question de temps et de patience, mais nous avons le temps, car ils finiront tous les deux au moins centenaire…

-Aujourd’hui tout est à l’arrêt. Coté taurin, plus d’arènes jusqu’à nouvel ordre, plus de fiestas camperas, de ferrades publiques. Confinement total….

-1er impact, moral et financier : que faire des lots prêts à être lidier ?

-Pour l’instant, la préparation en vue d’une possible reprise en fin de saison, l’occasion peut être aussi d’essayer d’approuver des sementales en tientant des toros, mais dans tous les cas, des frais de fonctionnement qui ne changent pas et aucune rentrée d’argent.

-2eme problèmes : comment poursuivre les faenas camperas, le travail quotidien sans aides extérieures, les tentaderos aussi….

-Je crois qu’aujourd’hui même si le campo est une échappatoire pour le moral des ganaderos, personne n’a à cœur de penser à autre chose que la santé de ses proches et de ses amis. Chaque chose en son temps.

-3eme impact et grave spécialement pour votre entreprise, les journées au campo, les fiestas camperas etc… etc...

-J’imagine l’impact terrible pour confrères qui vivent en partie grâce à ses journées, pour ma part, nous n’avons jamais pratiqué celles-ci pour des raisons d’infrastructures et de temps car j’ai une activité professionnelle autre que l’élevage de toros de combat.

-Y a-t-il des aides qui ont été évoqué concernant l’élevage du toro de combat ?

-Pour le moment, je n’en ai pas entendu parler, mais je sais que l’association des éleveurs de toros de combats français veillera à suivre tout ceci de près pour arriver à sauver l’élevage français.

 

Des terres du Lartet à Peyrusse-Grande dans le Gers, un novillo attendait de faire un voyage à Arles pour Pâques…. Espérons que ce ne sera que partie remise et que nous nous retrouverons tous autour de ce qui fait notre passion, le toro


Olivier Fernay : Une France sans éleveurs c’est un futur sans tauromachie !

 

 Ernest Fernay à grandi au sein de l’élevage de toros que son père, Justin, avait créé en 1940 avec des bêtes de Pouly et Saurel… Sa première passion fut d’être torero. Torero à cheval car il était un cavalier émérite et en 1943 il fit ses débuts comme « caballero en plaza » avant de créer sa propre ganaderia en 1953 avec des vaches d'origines Pinto Barreiros et Perez Tabernero, cheptel évoluant par l'apport de différents sementales. Il fut aussi organisateur de spectacles taurins et dirigea les arènes d’Istres…. Et c’est tout naturellement, à son décès, qu’à l’âge de 16 ans, son fils Olivier, le cadet et seul garçon de ses cinq enfants, prit sa suite à la tête de l’élevage qu’il installa un peu plus tard au Mas des Jasses de la ville à Pont de Crau aux portes d’Arles….

L’origine actuelle de la ganaderia est, on peut dire pure origine J.P Domecq par différentes provenances : Jandilla, Algarra, Victoriano Del Rio, Garcia Jiménez….

L’ensemble du cheptel se partage 220 hectares de prairies autour du mas et de garrigues dans les Alpilles. Quatre vingt mères pour cinq sementales lui apportent environ une trentaine de mâles chaque année…

-Des lots prévus pour 2020 … Et lesquels étaient retenus ou en voie de l’être ?

 

 Pour cette année j’ai une corrida, une novillada piquée et deux lots de becerros, le reste étant toréé en privé. Les négociations en cours sont toutes en stand bye et avec le report des Ferias rien n’est encourageant.  De plus, malheureusement la majeure partie des ferias françaises ou espagnoles sont constituées avec les 10 mêmes élevages, grandes ou petites arènes confondues.Même si certains organisateurs jouent le jeu de programmer des toros de chez nous et qui en 2020 n’ont plu a faire leurs preuves, ce n’est pas suffisant.

 

-Comment tu te projettes dans l’avenir avec ton élevage (En faisant abstraction du problème du Corovirus)

 

Pour nous autre l’avenir proche est très compliqué, élever des toros aujourd’hui est soit un métier ou il faut être fou ou alors il faut être riche voire très riche ou du moins ne pas en attendre un retour financier !Quand j’étais gamin je voyais les réunions de ganaderos, des gens de la terre et des passionnés du campo, et qui vendaient leurs bêtes, aujourd’hui si tu n’as pas d’arènes, ou d’influences pour obtenir des échanges ou par copinage, tu te retrouves a boucher les trous et surtout à vendre des toros largement moins chers que ce qu’ils ont couté. Ce n’est pas normal. Les aides ou subventions versées aux organisateurs devraient être réservées a la promotion des élevages du Pays. 

Aujourd’hui je suis agriculteur éleveur, j’ai une exploitation et une famille a charge, donc même si je sors assez peu mes toros c’est que, je le pense, je ne peux pas les brader. Concernant un avenir plus lointain j’ai du mal à imaginer un futur où on pourrait vivre de nos toros. Je maintiens l’élevage transmis par mes parents alors que j’étais très jeune et mon souhait serait que mes deux filles puissent perpétuer la ganaderia, mais en aucun cas il faut que ce qui est une passion devienne une contrainte. 

 

Globalement tu as des produits d’un très bon niveau mais tu sors très peu.

 

En 2018, ma ganaderia a reçu plusieurs prix, le Prix de la Corrida Concours de Orthez, le 1° Prix de Ville d’Arles et le 1° prix des Club Taurins Ricard pour mes becerros.. 

 

Malgré cela il n’y a aucun retour ou très peu. Sauf certains organisateurs qui jouent la carte Française et qui se reconnaitront. Préparer des lots de toros pour les années suivantes est une ruine, tout augmente, les charges, les aliments, les cotisations, les assurances, les frais vétérinaire. Alors que le prix de vente des toros pour l’arène ou pour l’abattoir est en baisse.… S'il n’y a pas une vraie prise de conscience des politiques ou autre d’imposer aux arènes qui ne jouent pas le jeu de prendre des lots issus du pays, beaucoup d’éleveurs sont appelés à disparaitre. Et une France sans éleveurs c’est un futur sans tauromachie !

Aujourd’hui tout est à l’arrêt. Coté taurin, plus d’arènes jusqu’à nouvel ordre, plus de fiestas camperas…. Impact, moral et financier : que faire des lots prêts à être lidier ?

 

Ce qui permet aujourd’hui a mon élevage de continuer a vivre c’est l’activité touristique,  au travers des visites de l’élevage, des journées de découverte avec repas, la location de salle pour les événements et nos soirées Camargue organisées tous les mardis l’été ouverte a tous. Et j’en profite pour remercie mes proches et mes amis qui contribuent à faire vivre "La Manade Fernay » Mais avec les évènements liés au Coronavirus tout est annulé, tous nos groupes prévus pour Mars, Avril et Mai le sont déjà. Pour l’instant nous n’avons plus de réservation pour les mois à venir. A ce jour rien de précis ne vient pour nous rassurer concernant des aides, j’espère que cela vienne rapidement car ce sont nos exploitations qui sont en danger, même si nous n’avons pas vraiment le choix à part celui de rester chez nous. 

 

Et pour le quotidien, les faenas camperas..

 

Le travail de l’élevage continue pour les soins journaliers mais toutes les taches ou il faut du monde doivent être reportées. La santé de tous passe en priorité. En espérant vraiment que nous nous retrouvions vite aux arènes et dans nos élevages.

 

Ojala !


La Golosina, nouvelle ganaderia de Juan Bautista

 

Le matador et impresario a acquis des vaches de La Quinta et forme ainsi en France un nouveau fer qui résidera sur la propriété familiale de La Chassagne.
Juan Bautista a créé en France un nouvel élevage : La Golosina. Ce nouveau fer est composé initialement de 16 vaches approuvées à l'automne dernier dans l'élevage de La Quinta et couvertes par les meilleurs reproducteurs de la famille Martínez Conradi.
Les animaux sont arrivés ce jeudi à La Chassagne, propriété de la famille Jalabert. De cette manière, Juan Bautista commence une nouvelle étape en solitaire en tant qu'éleveur. L'hiver prochain, un second lot formé d'une vingtaine de vaches viendra s'ajouter à celui-là.
Le nouvel élevage doit son nom au toro Golosino de La Quinta, qui fut gracié par Juan Bautista dans les Arènes d'Istres en 2013. Ce toro Golosino sera le prochain reproducteur du nouveau fer et arrivera en France avec le second lot de vaches. La devise est bleu et jaune, couleurs du drapeau d'Arles.
De ce fait, La Golosina devient le fleuron de l'encaste Santa Coloma en France, ce qui motive autant Juan Bautista que la famille Martínez Conradi qui a accepté de manière exceptionnelle cette vente par rapport à l'importance que revêt la présence de cette origine et de La Quinta sur le territoire français.
Le pari de Juan Bautista, sur l'origine la plus pure et de plus grand prestige de l'encaste Santa Coloma, sera le lien entre le torero et cet encaste face auquel il a obtenu de nombreux triomphes tout au long de sa carrière, notamment la queue coupée à Mont de Marsan à un toro de La Quinta en juillet 2017, 47 ans après le dernier qui y fut octroyé, ou les deux oreilles coupées à un autre exemplaire du même fer à Nîmes lors de sa corrida en solitaire en juin 2016.
Ce nouvel élevage rejoindra prochainement l'Association des Eleveurs Français de Toros de Combat.
En parallèle, et de manière totalement indépendante, Juan Bautista continuera avec son oncle Marc et toute la famille à la tête des élevages Jalabert Frères et Laget d'origine Domecq, dont ils récoltent les très bons résultats ces dernières années, avec notamment la grande novillada combattue à Istres il y a de cela quelques jours.


 Ganaderia Casanueva

 

A partir du 1er avril la Ganadéria Casanueva vous accueille au campo! Venez visiter notre élevage de toros de combat en plein coeur de la chalosse et découvrir la vie de cet animal sauvage dans son milieu naturel, assister à une tienta ( épreuve de sélection des futures mères reproductrices) ou vous restaurer dans un lieu atypique et champêtre! Peñas taurines, clubs taurins, associations, groupes d'amis, comités d'entreprises ou événements familial nous avons plusieurs formules à votre disposition! Pour tout renseignements contact par la messagerie de la page ou par mail ganaderiacasanueva@orange.fr ou par tel au : 0688970848



Les ganaderias françaises


 Ganaderia Hubert Yonnet

 

 -Propriétaire : Héritiers d’Hubert Yonnet Mas de la Belugue 13129 Salins de Giraud 

-Propriété : Mas de la Belugue 13129 Salins de Giraud 

-Tel : 04.42.86.8.44 Fax : 04.42.48.8019 

-Date de création : 1859-Devise Vert – Blanc 

-Origines : Pinto Barreiro par Conchita Cintron 

-1ere Novillada sans picadors : 1890 

-1ere Novillada piquée : 1910 puis 1er mai 1954 à Lunel * 

-1ere Corrida de toros : 1956 puis 1973 à Palavas* (* nouveau sang) 

-Présentation en novillada en Espagne : le 2 aout 1979 à Barcelone avec Richard Milian, Josele et Luis Reina 

-Présentation en Corrida en Espagne : le 21 juin 1987à Barcelone 

-Ancienneté à Madrid  le 4 aout 1991 avec Raul Galindo, Julio Norte et José Ignacio Ramos 

Faits Marquants   Montenegro" le 23 aout 1981 à Saint Sever "Montecristo", "Carabin", "Tampan", "Tartarin" et "Gabian", novillos honorés d'une vuelta. Pescalune indulté à Lunel le 21 juillet 2002 

Membre de L'Association des Eleveurs Français de Taureaux de Combat


 Ganaderia Los Galos 

 

Ancienneté : 1991 

Propriétaire : Marie. Lambert
Finca : Mas des Becasses 13104 Mas Thibert Arles  Tel: 06.06.43.01.88
Membre de la Union des Criadores de Toros de Lidia
 

Origine : Marquis de Domecq et Manolo Gonzalez 

Ancienneté à Madrid : 10 juillet 1955 

Présentation à Madrid : 11 juillet 1999 avec J.A. Canales Rivera, Carlos Pacheco et Stephane Fernandez-Meca


 Ganaderia P.M. Meynadier 

 

Ancienneté : 2000 

Propriétaire : Pierre Marie Meynadier 

Finca : Mas de Bellombre 13280 Rapheles Arles  Tel: 06.09.18.04.06
Membre de la Union des Criadores de Toros de Lidia
 

Origine : Marquis de Domecq et Manolo Gonzalez 

Presentation : 2005 (Fourques) 1er Corrida de toros 2011 (Palavas)


 Concha y Sierra

 

  Ancienneté : 1882 

Propriétaire : Jean Luc Couturier Domaine de Haute Coste 13310 Saint Martin de Crau
Tel:06.08.18.20.86
Membre de la Union des Criadores de Toros de Lidia
 

Origine : Vazquena 


 Cure de Valverde

  

Ancienneté : 1947 

Propriétaire : Jean Luc Couturier Domaine de Haute Coste 13310 Saint Martin de Crau
Tel : 06.08.18.20.86
 

Membre de la Union des Criadores de Toros de Lidia 

Origine : Conde de la Corte

 


 Ave Maria

 

Ancienneté : 1980 

Propriétaire : Philippe Pages. Representant : Robert Margé
Finca El Sardinero 41350 Villanueva del Rio y Minas (Sevilla)
Tel : 06.77.79.07.99
Membre de la Union des Criadores de Toros de Lidia
Origines : Luis Gamero Civico & Juan Pedro Domecq
 

 


 Virgen Maria

 

 Ancienneté : 2004 

Propriétaire : Virgen Maria SA. Jean Marie Raymond. BP : 16 Les Pielettes Chemin de la Cride 13740 Le Rove
Finca : " Pedrechada y Garlochi et " La Nava "41450 Constantina (Sevilla)
Tel : 0033.60.78.61.617
Membre de la Union des Criadores de Toros de Lidia
 

Origines : Jandilla , Luis Algarra , Victoriano del Rio et Daniel Ruiz 


 Santa Ana

 

 Ancienneté : 2009 

Propriétaire : Santa Ana SA. Jean Marie Raymond. BP: 16 Les Pielettes Chemin de la Cride 13740 Le Rove
Finca : " Pedrechada y Garlochi " et " La Nava " 41450 Constantine (Séville)
Tel: 0033.60.78.61.617 Membre de la Union des Criadores de Toros de Lidia
 

Origine : Marquis de Domecq 


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